‹ Quelques aspects de la foi moderne dans les poèmes de Robert BrowningChapitre 5 sur 52 · Barot. Littérature anglaise contemporaine · texte numérisé non relu

Barot. Littérature anglaise contemporaine

toute cette foule grouillante et de ces faits d'un jour, la préoccupation du mystère éternel de la vie, la vision claire de la lumière inextinguible de la conscience, au milieu des ténèbres de la sagesse humaine et de ses petites lois. {U Anneau et le Livre, the Ring and the Book) K

Combien d'exemples analogues ne pourrait-on pas citer ? Chacune de ces âmes ainsi étudiées apporte son témoignage sur les vérités spirituelles, nous dit les résultats de son expérience du monde, ajoute au credo final quelque article de foi ou donne aux anciens une force nouvelle.

Si, laissant là les personnages étrangers, le poète parle pour luimême, si, de dramatique il devient lyrique, presque toujours son inspiration remporte vers les visions de l'éternité. Il est peu de routes qui ne mènent point dans cette direction ; sous chacune de ses joies, chacun de ses amours ou de ses enthousiasmes se dévoile sa conception profonde du sens de la vie. Cette conception ne semble guère avoir varié avec le temps. Telle nous la trouvons au début de son œuvre, dans les rêves diffus ou les élans désespérés de Paracelse vers l'idéal (1835), telle elle se définit, nette et énergique, dans les derniers vers de son œuvre, VEpilogue à Asolando (1889). Il n'y a pas eu chez lui de changement de foi. Les variations apparentes sont presque toujours dues à sa façon de s'identifier avec ses personnages. Il les fait s'analyser, justifier leurs actes, expliquer leurs pensées avec une telle sympathie, il les transforme si bien en des Brownings, que l'on pourrait s y méprendre et croire siennes des doctrines qui ïie le sont point. Quelquefois il prend la peine de nous tirer d'erreur. Ainsi, après avoir exposé et justifié la théorie de la prédestination et Tinutilité des œuvres pour être sauvé (Johannes Agricola in méditation) y il place ce poème à côté de celui de VAmou" reux de Porphgria qui tue sa maîtresse par excès d'amour, et il donne à Tun et à l'autre le sous-titre de Cabanons de fous (Mad Cellsy titre dans la 1" édition). Ailleurs il ajoute quelques mots à lui pour corriger l'effet de la confession de son héros (Bishop Blougram), ou il démasque le personnage par quelque cri du cœur à la fin (dernière page de Sludge, the Médium], Mais souvent il faut deviner son opinion d'après les sympathies ou les antipathies qu'on lui connaît par ailleurs (par exemple dans Hohenstiel-Scluuangau^ the Saviout of

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