FLORENCE
L'horizon de Florence fournit au spectateur l'humilité penchante d'un Giotto, les formes sérieuses d'un Ghirlandajo, le précis, la finesse et la symétrie d'un Lorenzo di Gredi.
Sur la droite de la terrasse Michele-Angelo il y avait, hier au soir, un verger d'oliviers argentés, si tristes, si délicats, avec ces petits gestes sans tapage que font leurs branchages ténus ! Et c'était tout Botticelli avec la grâce de sa Simonetta. Pré d'oliviers, refuge de hr beauté, d'une beauté un peu boudeuse, un peu précieuse aussi, légèrement contournée et que ne surcharg-e aucune parure. Cette Toscane d'ailleurs, pour livrer l'essentiel de soi-même, n'a pas besoin
des circonstances favorables de l'heure. En plein midi, un dimanche, tandis que le son éclatant des cloches dans l'air embrasé se confond avec la vibration du soleil, les montagnes de l'horizon de Florence, nettes, déterminées et précises comme du métal, gardent la souplesse du plus bel âge de sa sève, de telle façon que le Bargello, où tous les adolescents de la Renaissance florentine nous émeuvent par la puissance de leur bronze et le frémissement de leur jeunesse, nous apparaîtra comme la collection, le haras des forces fécondes que nous avions vues éparses sous le plein soleil de Toscane.