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Je rappellerai simplement que la dissection la plus minutieuse du membre fracturé ne me révéla aucune trace de phlébite, de thrombose, ou de concrétion sanguine ; que tous les organes, excepté le cœur atteint d'insuffisance aortique, étaient absolument sains ; qu'on constatait de l’athérome généralisé, accentué surtout dans l'artère aorte et les coronaires ; que, dans le cœur, il y avait, à vrai dire, des caillots, de même dans l'artère pulmonaire droite était un long caillot effilé qui obstruait le calibre de ce vaisseau ; mais c'étaient des caillots non fibrineux, mous, offrant tous les caractères des caillots post mortem ; le poumon correspondant ne présentait ni infarctus ni congestion.
Comment expliquer la mort ? D'une façon toute naturelle, ou plutôt, par un fait qui est encore lui-même inexpliqué et exerce la sagacité des pathologistes. Le vertige final était de même nature que le vertige qui avait entraîné la fracture et était dû à la même cause, à l'insuffisance aortique, très nette, indiscutable. Or, on sait que cette affection se termine souvent par mort subite : dans la plupart des cas, à l’occasion d’un effort, dans d’autres, qui sont . loin d’être rares, sans avertissement, sans secousse, comme un coup de foudre. Notre malade était donc dans les meilleures conditions pour succomber : insuffisance aortique très avancée, effort pour se relever après avoir uriné.
J'ajouterai, comme correctif, que je rejette l’idée d’embolie : 1° dans le cas qui nous concerne, parce que nous trouvons d’autres raisons amplement suffisantes pour expliquer la mort; 2° dans le massage, d’une façon générale, parce que le fait n’a jamais été signalé ; mais, 1l n'est pas impossible qu'on puisse plus tard en trouver des exemples; tout ce qu’on pourra reprocher au massage, ce sera d’avoir provoqué non la phlébite ou la thrombose, mais le départ des caillots; aux chirurgiens de se tenir en garde contre cette éventualité ! Dès le premier indice de phlébite, ils devront s’astreindre à la méthode usitée en pareil cas, repos absolu, et abstention ou usage modéré des antiphlogistiques.