‹ Quelques cas de fractures traitées par le massageChapitre 8 sur 13 · juillet : 2 séances de massage d’un quart d'heure · texte numérisé non relu

juillet : 2 séances de massage d’un quart d'heure

3 juillet : Appareil de Nélaton ; massage tous les deux jours. Après chaque séance j'applique de nouveau l'appareil.

5 juillet: Au dynamomètre 25 kil. La fracture se maintient très bien réduite.

7 juillet. Force dynamométrique 26 kil. Massage de 20 minutes.

9 juillet : Au dynamomètre 29 kil. Aucune douleur même avec les pressions les plus énergiques.

12 juillet : Force 32 kil. Massage de 10 minutes. Tous les mouvements sont libres, la consolidation est parfaite et ne s'accompagne d'aucun déplacement. Le malade fait des efforts assez considérables, soulève de lourds fardeaux, et, 10 jours après, je le revoyais sur les quais en train de charger

des barriques pleines sur un camion.

OBSERVATION IX (personnelle).

Fracture bimalléolaire. Massage.

Charles B..., 30 ans, charretier, entré à l'hôpital, salle 17, lit 3, le 12 novembre 1886 pour une fracture des deux malléoles de la jambe droite. Sorti-le 26 novembre.

La malléole interne est brisée à 1 centimètre 1/2. Pied en abduction. Gonflement notable à partir du tiers intérieur de la jambe. Large ecchymose. Impossibilité absolue d'appuyer le pied à terre et d'imprimer des mouvements à son articulation tibio-tarsienne.

B... reste 3 jours chez lui et vient alors à l’hôpital. Après avoir réduit la fracture, je fais une première séance de massage de 18 minutes avec les plus grands ménagements ; toutefois l’effleurage est excessivement douloureux. Le malade se livre à des contorsions effroyables, et, à un moment donné, n’y tenant plus, il m'oblige à cesser ; je reprends au bout de quelques minutes et abandonne enfin le malade peu satisfait, décidé au contraire à quitter l'hôpital s7 ce/z devait durer.

13 novembre soir : Deuxième séance de 15 minutes toujours très douloureuse.

14 novembre : Deux séances de 15 et 17 minutes. Gonflement diminué. Effleurage moins pénible que la veille. Fermant l'oreille aux plaintes du patient, je continue, massant aussi bien la fracture que les téguments environnants, jusqu'à ce que la sensibilité soit un peu émoussée.

15 novembre : Cinquième et sixième séances. Le gonflement ne persiste qu’au-dessous et en arrière des malléoles. Mouvements actifs des orteils et du pied, ceux-ci très limités.

16 novembre : L'ecchymose, jaune verdâtre, remonte jusqu’au tiers supérieur de la jambe. Les pressions ne sont doulourenses qu’au niveau des points fracturés et des ligaments latéraux. Massage d’un quart d'heure, matin et soir. Mobilisation des jointures.

16 novembre : Gonflement périmalléolaire bien moins accusé. Outre le massage longitudinal, j'exerce des frictions circulaires en suivant l’interligne. Je puis, sans trop de difficulté, mettre le pied à angle droit et presque en extension complète ; les mouvements d’abduction et d’adduction sont moins étendus.

17 novembre soir : Stupéfaction en apercevant vide le lit du malade. Je

SL

vois bientôt B... arriver des cabinets en s'appuyant sur une canne avec la main droite, aux pieds des lits de la main gauche. Au cinquième jour il avait pu faire environ 100 mètres. La marche n’avait amené aucun déplacement et la douleur au massage n'était pas plus vive.

18 novembre : Je ne fais le massage qu’une fois par jour, pendant 15 à 18 minutes.

18-19-20 novembre : Il se lève 3 ou 4 heures par jour mais évite de marcher.

21 novembre : Plus de douleur au massage ; aussi, changeant les rôles, il se rit maintenant de mes efforts et de ma peine.

22 novembre : Il se promène toute la journée dans les galeries.

23 novembre : Il monte et descend les escaliers.

26 novembre: Après une dernière séance de 10 minutes, il quitte l’hôpital, marchant très bien et très vite. Comme trace de la fracture, il reste une augmentation considérable du volume des malléoles. Il avait promis de revenir chaque jour se faire masser, mais n'ayant plus besoin de nous, il

s’est bien gardé de tenir sa promesse.

OBSERVATION X (personnelle).

Fracture bimalléolaire. Massage et immobilisation.

Lacour Marie, 59 ans, entrée le 25 janvier 1887, dans le service de M. le professeur Lanelongue, sortie le 20 février.

Chute dans un escalier. Fracture de la pointe de la malléole interne avec rebord coupant du fragment supérieur. Fracture de l'extrémité inférieure du péroné, à 6 centimètres de l'articulation. Ecchymose bronzée s'étendant jusqu'à la tubérosité antérieure du tibia. Fort gonflement. La marche et les mouvements du pied sont impossibles.

Petite phlyctène, siégeant au-dessus de la fracture interne et produite par le rebord du sabot, au moment de la chute. Le pied tend à se renverser en dehors ; pour l'en empêcher, on l’appuie avec des coussins, mais aucun bandage n’est appliqué.

26 janvier : 2 séances de massage de 15 à 16 minutes. Effleurage très léger, très pénible, néanmoins, sur tous les points tuméfiés, même sur le des deux fractures.

27 janvier : 2 séances, déjà mieux supportées.

28 janvier : L'ecchymose a pris une teinte jaunâtre, le gonflement est bien moindre. 2 séances d’un quart d'heure chacune.

29-30 janvier : La douleur au massage n'existe plus guère qu’au niveau des malléoles et de l’attache des ligaments.

31 janvier : Les mouvements actifs et passifs se font dans une assez large étendue et sans grande gêne. Le pied, remis en place dans chaque séance, se dévie toujours en dehors. Aussi la peau est-elle rouge et amincie au niveau du rebord coupant du tibia ; la phyctène située au-dessus s’agrandit.

2 février : J’applique latéralement deux attelles en carton bien matelassées de ouate, mets le pied dans la rectitude absolue et laisse le tout en place pendant neuf jours.

11 février : J'enlève l'appareil. La consolidation est complète : la malade marche avec une canne. Son pied est un peu enflé à la fin de la journée ; mais elle ne ressent aucune douleur et ses articulations fonctionnent normalement. Bains sulfureux tous les deux jours.

20 février : Marie Lac. peut marcher sans canne et sort de l’hôpital, tout à fait apte à tous les travaux du ménage.

La circonférence du cou-de-pied gauche est supérieure de 15 millimètres à celle du droit.

OBSERVATION XI (personnelle).

Fracture bimalléolaire. Massage. Déviation du pied.

Le 20 mai dernier, Dod. Pierre, âgé de 48 ans, garçon d’écurie, tombait en glissant sur un caillou, et son pied gauche se trouvait pris sous lui, fortement renversé en dehors.

Ne pouvant ni marcher ni appuyer le pied, il vient le lendemain réclamer des soins à l'hôpital et entre dans le service de M. le professeur Lanelongue, salle 17, lit 8.

Examen très douloureux, on ne peut toucher le malade ni soulever sa jambe sans éveiller de vives souffrances ; malgré le gonflement énorme et l’ecchymose (le cou-de-pied a 3 centimètres de plus que le gauche), on constate une double fracture : 1° de la malléole interne à sa base, 2° du péroné à 5 centimètres de son extrémité inférieure.

rre séance de massage de 18 minutes ; le malade la supporte avec peine, et je me garde bien de mouvoir les articulations. |

21 mai, soir : 2° séance d’un quart d'heure.

22 mai : Les deux séances de massage, d'un quart d'heure chacune, sont mieux tolérées.

23 mai : Je peux incliner la jambe en dehors ou en dedans, la soulever par l'extrémité des orteils, sans provoquer de grandes douleurs, ce qu’il ne pouvait supporter à aucun prix le premier jour. Séance de Zo minutes.

23 mai, soir : Séance de 18 minutes.

24 mai : La pression au niveau de l’interligne articulaire n’est plus douloureuse, Massage et mouvements communiqués. Diffusion du sang jusqu’au tiers supérieur du mollet,

25 mai : Le pied se dévie et reprend sa position en abduction. Je le ramène par le massage et des mouvements forcés dans la rectitude la plus complète.

Mais le malade se couche toujours sur le côté droit, les jambes demiployées, de telle sorte que la jambe malade porte toujours par sa face interne; aussi se produit-il, inconsciemment c’est vrai, un mouvement de bascule qui reproduit la déformation. Je le fais observer au malade qui reste parfaitement en place le jour, mais, naturellement, .ne se rend pas compte de la position défectueuse qu’il prend la nuit.

26 mai: Presque plus de gonflement un peu en arrière des 2 malléoles, Mouvements actifs du pied très faciles et très étendus.

28 mai: Le massage n'est douloureux qu’à la surface des malléoles. Ecchymose totalement effacée.

30 mai : Dod... met le pied à terre et marche sur la pointe.

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