mai : Massage d'un quart d'heure le matin
Jeudi 2 juin : Pression à peine sensible au niveau des fractures. Les mouvements, même exagérés, s'exécutent sans gêne et sans douleur. Aussi je permets au malade de se lever, et il marche avec des béquilles en appuyant tout le pied.
3 juin : Le pied est toujours dévié et ce qu'on gagne au massage, est perdu dans l'intervalle. Séance de 10 minutes. Tapotement, pincement et pétrissage des muscles.
7: juin : Dod... marche sans béquilles, avec une canne, mais en boîtant. Il reste levé 1 heure matin et soir.
7 juin : Il se lève après la visite et ne se remet au lit que le soir, Un peu d'œdème malléolaire à la fin de la journée; je recommence à faire 2 séances de massage par jour, 10 minutes le matin, 7 à 8 minutes le soir.
12 juin : Le malade sort de l’hôpital boîtant toujours, mais capable de marcher toute la journée et de commencer à travailler. Le pied est resté dévié en dehors, et le poids du corps ne portant pas directement sur la poulie astragalienne, il résulte du tiraillement des ligaments un peu de gêne et de fatigue, Aussi, bien qu’il n’y ait aucun soupçon d'arthrite, que le malade n’éprouve aucune douleur, il boîte encore pendant 15 ou 20 jours.
Nous l'avons revu plusieurs fois et encore dans le mois d'août; sa déviation persiste, ses malléoles sont très augmentées de volume, maisilexerce,
tout comme un autre, la pénible profession de manœuvre.
OBSERVATION XII (personnelle).
Fracture sous-trochantérienne. Massage et extension continue.
Sart., Bernard, 58 ans, garçon d’écurie, entre le 20 août dans le service de M. le professeur Lanelongue, pour un violent traumatisme de la hanche gauche.
Sorti, depuis 15 Jours, du même service où il avait été traité pour une fracture de la clavicule droite, il avait complètement repris ses occupations; c’est alors que, se trouvant au sommet d'une échelle de 4 à 5 mètres, il glisse et tombe de côté sur le pavé de l'écurie.
Apporté immédiatement à l'hôpital, il présente une forte rotation en dehors du membre inférieur gauche, un raccourcissement de 7 centimètres, un épanchement séreux au niveau du genou, enfin un gonflement et un épanchement sanguin tels, à la partie supérieure de la cuisse, qu'il est presque impossible de porter un diagnostic précis.
M. le professeur agrégé Piéchaud, suppléant M. Lanelongue, M. le professeur agrégé Boursier, qui ont vu le malade, croient à une fracture soustrochantérienne.
Exploration très douloureuse,
20 août : Double plan incliné sous les jarrets.
21 août, soir : Massage de 16 minutes très douloureux, effleurage au niveau de la fracture, frictions d'intensité moyenne, depuis les plateaux du tibia jusqu’à l'os iliaque.
22 août : 2° séance de massage d’un quart d’heure, mieux supporté. On fait ensuite de l'extension continue au moyen d’un appareil très simple :
bandelettes de diachylon remontant jusqu’au genou et fixées par un bandage
‘roulé; à leur extrémité inférieure est attaché un poids de 4 kil. qui forme traction en se réfléchissant sur une poulie. On insinue ensuite des coussins -sous la jambe et en dehors pour la maintenir droite et sous la partie supérieure de la cuisse afin de soulever les fragments et les maintenir en coaptation parfaite.
22 août : Troisième massage pendant 14 minutes. Je continue à masser le genou ; pour cela faire, je retrousse légèrement le bandage roulé.
23, soir : Quatrième séance de massage de vingt minutes, L’épanchement du genou a diminué, la teinte ecchymotique lie de vin est passée au jaune foncé, jaune verdâtre et jaune clair.
24 août : Séance de 18 minutes. Je relève les poids momentanément et fais exécuter facilement des mouvements au genou.
25 août : Plus d'épanchement au niveau du genou.
26 août : Gonflement de la cuisse à peine sensible, On se rend très bien compte du siège et de la variété de la fracture, c’est bien une fracture soustrochantérienne avec tassement du grand trochanter.
Massage quotidien. Mobilisation du genou tous les deux jours.
28 août : L'extension est faite avec 6 kil.
Les jours suivants, jusqu’au 5 septembre, je ne constate d'autres modifications que la disparition rapide du gonflement, de l’ecchymose et de la douleur.
A cette date, j'essaye, avec de grandes précautions, de mouvoir la hanche; j'y arrive, sans trop faire souffrir le malade, en me faisant seconder par un aide qui opère les divers mouvements, tandis que j'embrasse moi-même avec mes deux mains et tiens très serrés l’un contre l’autre les deux fragments.
Massage tous les jours, 10 à 15 minutes chaque fois ; tous les deux jours, flexion et extension de la jambe, flexion et extension de la cuisse.
28 septembre : On enlève l'appareil à extension continue; il n’y a pas de raccourcissement du membre; le malade plie très bien le genou, mais ne peut soulever le pied. Le membre est laissé libre. On fait des frictions répétées de l'extrémité des orteils à la racine du membre. Tapotement et
pétrissage des muscles.
Le service de M. Lanelongue étant évacué, le malade est transporté
dans celui de M. Dudon, qui me permet, avec une extrême bienveillance, de suivre le traitement. .
2 octobre : Sart., Bernard, soulève le pied à une hauteur de 30 centimètres. Il peut marcher avec des béquilles, fléchit très bien le genou et
l'articulation tibio-tarsienne et ressent simplement un peu de douleur vers le trochanter.
8 octobre : Il marche avec une canne.
15 octobre : On veut renvoyer le malade qui court tout le jour dans les galeries et le jardin de l’hôpital. Mais la misère et le manque de travail obligent à le garder encore.
Pas de douleur, de raideur ni d'œdème à la fin de la journée; depuis
l'interruption de l'extension continue il s’est produit un raccourcissement de 2 centimètres, |
OBSERVATION XII (personnelle).
Fracture de la malléole interne et de l’extrémité inférieure du péroné par p p
divulsion.
M. le professeur agrégé Boursier, qui n'a jamais cessé d'être plein d’attention pour son ancien interne, a bien voulu, dans ces derniers jours, me confier un malade de son service atteint de fracture de la jambe droite.
Lat. Henri, 24 ans, manœuvre, arrivé de Bayonne depuis deux jours, reçoit le 20 octobre 1887, un lourd sac de grès sur le côté externe de la jambe droite.
Incapable de marcher ou d'appuyer le pied, il est immédiatement porté à l'hôpital.
21 octobre : Je constate une fracture de la malléole interne à 12 ou 14 millimètres de sa pointe, et du péroné à 7 centimètres de son extrémité inférieure. Le pied est très gonflé et n’a pas moins de 25 centimètres 1/2 de circonférence, tandis que le pied sain n’a que 21 centimètres.
Douleur vive, à la pression, à la face interne et en avant de la malléole interne, tout autour de la malléole externe et au point où le péroné est fracturé. Mouvements du pied impossibles. Le malade n’a pas dormi de la nuit. La fracture ne s'accompagnant pas de déplacement, je procède immédiatement au massage et fais une première séance de 18 minutes. Les points indiqués plus haut sont excessivement douloureux, et, à chaque instant, dès le plus léger frôlement, le malade fait une grimace significative : je n’en masse pas moins les points fracturés, selon mon habitude,
21 octobre, soir : Deuxième séance de 16 minutes. Depuis le matin une petite ecchymose est apparue au-dessous de la malléole interne. Pas d’appareil. Pied un peu élevé.
22 octobre : Le malade a dormi deux ou trois heures pendant la nuit : il a ressenti aussi quelques soubresauts dans sa jambe malade.
Troisième séance de massage de 17 minutes, encore très douloureuse. Légers mouvements de flexion et d'extension.
22 octobre, soir : Quatrième séance d’un quart d'heure.
23 octobre : Gonflement du métatarse diminué. Ecchymose deux fois plus étendue que le premier jour. Le malade soulève seul la jambe, et sans la moindre douleur. Une seule séance de 20 minutes.
24 octobre : Augmentation de volume de la malléole interne, surtout à
la partie antérieure : elle forme, en ce point, un bourrelet osseux très volu-
mineux.
25 octobre : Le malade fléchit et étend le pied, et, dans l’exécution de ces mouvements, a la sensation nette d’un craquement au niveau de la fracture du péroné.
26-27 octobre : L’ecchymose noirâtre à totalement disparu. Mais les téguments du mollet, jusqu’au creux poplité, ont une teinte jaune verdâtre, comme les épanchements sanguins de date ancienne.
28 octobre : Le gonflement n'existe qu'au-dessous des malléoles.
29 octobre : Il exécute lui-même tous les mouvements sans gêne et sans douleur. Les mouvements d'adduction et d’abduction sont moins complets.
30 octobre : Le gonflement ne persiste qu’au-dessous de la malléole externe. F
31 octobre : Le pied est dans une attitude convenable.
Les malléoles sont simplement hypertrophiées, le malade ne souffre nullement ; mais je remarque que l’extrémité supérieure du fragment inférieur du péroné s'éloigne un peu de l'axe du membre ; aussi je crains que le contact des fragments ne soit pas assez immédiat, et, après le massage, j'applique une gouttière en carton, garnie de ouate et embrassant la partie postérieure de la jambe, depuis les malléoles jusqu’à une hauteur de 15 centimètres environ. C’est une compression très douce, qui déprime suffisamment la saillie du fragment inférieur et laisse libres tous les mouvements de l’articulation tibio-tarsienne.
J'enlève ce bandage pendant chaque séance de massage, pour le remettre ensuite ; pendant le massage, un doigt appuyé sur l'extrémité inférieure du péroné, l’empêche de prendre une position défectueuse,
2 novembre : Le malade, qui était parfois éveillé la nuit par une douleur
— Al —
vive due à une mauvaise situation de son pied, n'éprouve plus rien de semblable.
Gonflement de la jambe et du pied tout à fait disparu. Saillie de la malléole interne, très volumineuse,
3 novembre : Il met le pied à terre, l’appuie, mais se contente de faire un pas, à cause de la douleur qu'il ressent dans le point où le péroné est fracturé.
Au moment où j'écris ces lignes, 5 novembre, le malade ayant son pied dans une situation et un état des plus convenables, ni tuméfié, ni dévié, ne ressent sous les frictions que des douleur sinsignifiantes; il fait, sans aide et sans béquilles, 2 ou 3 pas; maïs, les dites béquilles manquant, il est obligé d'attendre jusqu'au 8 novembre pour marcher. Du 5 au 8 il se lève 2 ou 3 heures par jour.
Comme observations de massage, je citerai encore les suivantes, recueillies dans les bulletins de statistique de l'hôpital Saint-André :