LE APE
OBsERVATION I. — Mlle C..., 20 ans, sans profession, entre le 9 Novembre dans le service de M. le Professeur LEMIERRE, à l'Hôpital Claude-Bernard, avec le diagnostic de Scarlatine. Début le 4 Novembre 1944 par un malaise général, une asthénie marquée, des douleurs lombaires. ;
Le 5 Novembre, apparaissent un mal de gorge avec dysphagie, des adénopathies sous-angulomaxillaires douloureuses.
Le 7 Novembre, fandis que la dysphagie s’atténue, la température monte à 4o°, les signes généraux s’accentuent : céphalalgie, malaise, anorexie.
Le 8 Novembre, l’état général s'améliore, température à 37°, la céphalalgie persiste.
Dans la nuit du 8 au 9 Novembre, apparaît une éruption sur les genoux, les jambes, la face anté- . rieure du tronc, et la malade est envoyée à l'hôpital.
Le ro Novembre, température 38°6—39°, état général conservé, on note quelques macules rouges sur la face, la langue est rouge, dépapillée, le pharynx est rouge, avec quelques points blancs cryptiques sur l’amygdale gauche, adénopathies sousangulo-maxillaires assez volumineuses, surtout à gauche, de plus, petits ganglions cervicaux latéraux et sous-occipitaux, un ganglion axillaire gauche, quelques petits ganglions inguinaux.
L'exanthème est morbilliforme, à petites macules assez serrées sur le thorax, l’abdomen, les flancs, clairsemées sur les membres supérieurs et la face, en placards érythémateux sur les cuisses et le genoux.
La Rate est largement percutable et facilement palpable à l'inspiration.
Le
Les Urines, peu abondantes (240 cc.), sont fon-
cées, contiennent de l’urobiline.
La numération globulaire montre : Leucocy-
tose, 16.200.
Le Pourcentage :
Polvrnucléaires neutrophiles . .,...,
Po nucléaires éosinophiles . ......
RNIDPADENIES TE LCR ME LE L Moyens Mononucléaires .....,....
Monoevies oriente sit SUCRE Paso ee ie ere leNr e 5:
L'évolution est assez rapidement favorable, la température, stationnaire quelques jours à 37°5 des-
cend à 37° le r7 Novembre.
Mais les urines restent peu abondantes : rña ce.
à 1.000 cc.
Le r3 Novembre, une nouvelle numération
montre :
Hématies : 3.300.000.
Globules Blancs : 11.000.
Polynucléaires neutrophiles .,..,...
Polynucléaires éosinophiles ........
LYMDhOCY IS MINE LCR De Movens Mononucléäires ...........
Monpeytes ren die PER ee :
Plasmocrtes 2 a LS ne
Le 15 Novembre, est pratiquée une réaction de Pauz, Bunnezz et Davinsonn, qui se révèle positive. Le 16 Novembre, la rate n’est plus palpable.
Le 17 Novembre, la numération montre :
Hématies : 3.540.000.
Globules Blancs : 4.800.
Polynucléaires neutrophiles . ......
Polynucléaires éosinophiles . ......
Lymphocytes . . ...... ARRET Moyens Mononucléaires . .....,....
Monocytes MN 60e
ne: entre le 18 uns 1945 “ d service des de:
Professeur LEMERRE, à l'Hôpital Claude-Bernard pour une fièvre éruptive. Le début remonte à u quinzaine de jours. A son retour de la convalescence d’une furonculose, passée à la campagne, elle se plaignit un soir d’asthénie, d’anorexie ; sa tem-
pérature s'élevait à 38°. ;
Le lendemain, après une bonne nuit, la temp rature était la cute normale, et ce fugace état infectieux .fut attribué à une ulcération que la malade présente encore à la et droite, reste de “s e furonculose. MAN
Le 12 Janvier au malin, se Per une tuméfaction de la région mastoïdienne droite, étendue à la face postéro- “Fatérale du cou. Aucune douleur n'accompagne cette tuméfaction, mais Ja température ; s'élève à 48°2 le matin, 38°8 le soir. | ME à
Le lendemain, le côté gauche est tuméfié à son 1 tour, l'amygdale gauche paraît également atteinte.
D'ailleurs la malade se plaint alors de sa gorge el d'une légère gêne à la déglutition.
On note un catarrhe très accentué, la “tempéra- F5 turé est à plus de 38°. : ne
Le 14 Janvier, une angine ‘évythémato-pultacée intense fait suspecter une diphtérie et pratiquer un prélèvement qui reste négatif.
Le 15 Janvier, la gorge est très douloureuse, la dysphagie très accentuée empêche toute alimentation solide ; l'adénopathie cervicale et sous-angulomaxillaire est très volumineuse. We
on LS ‘6 Janvier, on constate une éruption au Cou, | derrière les oreilles et au front.
| Le 17 Janvier, cette éruption est généralisée, 1 #4 gorge toujours douloureuse, le catarrhe nasal très accentué. »
. L'altération “É l'état général avec tendance syno copale fait conseiller le transfert à l'hôpital. 5 À son entrée, on constate :
ARR Température à 38°7 le matin, Pouls à 130. = Tension artérielle, r1-8.
La dvsphagie a diminué.
On note une légère photophobie,
‘22 . L'examen de la gorge montre une angine rouge
__ - intense, avec qüelques points blancs sur les amygdales qui sot augmentées de volume, la luette est normale, la langue est saburrale.
Pas de sione de Kôplick.
L'adénopathie cervicale est importante, plus nette du côté droit où les ganglions sont assez isolés. À gauche existent une masse du volume d’un œuf de pigeon, légèrement douloureuse à la pression, comblant la région sons-angulo-maxillaire jusqu’à
__ Ja mastoïde, et un petit œanglion rétro-auriculaire. = De plus ,il existe une adénopathie occipitale, axil- laire et inguinale.
L'éruption généralisée à tout le corps est morbilliforme, composée de maculo-papules séparées les unes des autres, plus pâle sur le corps que sur les membres, et surtout qu’au visage où elle s'étend à toute la face, derrière les oreilles, sur le front, le nez, les joues, le pourtour de la bouche, le menton. Elle est lévèrement prurigineuse.
Par ailleurs :
L'examen pulmonaire révèle quelques râles de bronchite.
25 Ta
Le cœur est rapide, pouls à 136, tension à 11-6. La rate est percutable et palpable, le foie est normal.
Le reste de l’examen ne présente rien de particulier.
En résumé, il] s’agit d’une jeune fille de 21 ans au 16° jour de sa maladie.
Elle présente, depuis 10 jours, un état fébrile,
— ‘une grosse angine avec adénopathies et splénomépgalie,
— une altération discrète de l’état général,
— une éruption morbilliforme. :
. Dans ses antécédents, on note : une rougeole et une scarlatine dans le jeune âge, une pneumonie. à 12 ans, une typhoïde à 13 ans ; mais surtout, au début de sa maladie actuelle, un traitement par la Septazine a été institué et poursuivi pendant 10 jours, au cours desquels 41 grammes de médicament au total ont été ingérés.
Signalons tout de suite que l’évolution va se poursuivre favorablement en quelques jours.
Le 22 janvier, la température est à 37°, l’angine a disparu, les adénopathies sont en nette régression, l’éruption a presque disparu. Seule une splénomégalie discrète, encore palpable, persiste.
Outre le prélèvement qui, comme nous l’avons dit, n’a pas montré de bacilles de Lœæffler, il a été pratiqué une numération globulaire le 19 janvier qui a montré :
Globules Blancs : 15.600.
Polynucléaires neutrophiles ...... k9,5 Polynucléaires éosinophiles ...... 10 0e EN MDAOEV CES NES UN NN EEE 4,5 Grands lymphocytes . ......... SOU ao OUDES
MONDONLES IEEE CRAN ANR TO
# — 1 De
La réaction de Paul- Bunnell et Davidsohn est positive,
OBsERvATION III. — M. D..., 17 ans 1/2, entre dans le service de M. le Professeur LEMIERRE à l'H6pital Claude-Bernard, le > Février 1945, avec le diagnostic d’angine diphtérique. |
Le début de la maladie remonte au Ÿo Janvier, marqué par une dysphagie à. début brutal et une sensation de froid ; pourtant le malade ne prend pas sa température, continue son travail.
Le 30 Janvier au soir, il s’alite.
Le 31 Janvier, un médecin appelé constate une angine d'apparence banale, avec température à 38°5.
Le 1° Février, devant la persistance des symptômes, le malade est envoyé à l'Hôpital comme suspect de Diphtérie, mais aucune injection de sérum n'est pratiquée.
À son entrée, on note : une certaine asthénie, une légère altération de la voix qui pourtant n'est pas nasonnée, la respiration est légèrement gênée, le malade respire la bouche ouverte, la température est à 39°, le pouls à 108, la tension artérielle à 12-8. Les urines contiennent de l’urobiline ; l'examen de la gorge montre un œdème de la luette, et, sur les amygdales, un enduit pultacé blanchâtre, mince, peu cohérent. L’haleine est légèrement fétide ; les ganglions sous-maxillaires sont volumineux, surtout à gauche, sans péri-adénite ; par ailleurs, on note quelques ganglions perceptibles au niveau de la chaîne carotidienne droite ainsi que dans le creux axillaire droit, dans la région inguinale droite. La rate est percutable, non palpable ; le reste de l'examen ne montre rien de particulier.
SR En résumé, il s’agit d'un malade, porteur depuis 6 jours d’une angine érythémato-pultacée, ac-
compagnée d’une adénopathie étendue à plusieurs territoires.
Dans les antécédents on retrouve : une varicelle, une rougeole, une coqueluche et une bronchopneumonie dans l'enfance, Le malade aurait été, à 3 ans, vacciné contre la diphtérie.
On pense à une Mononucléose Infectieuse, diagnostic que confirme la numération globulaire :
Hématies : 4.470.000.
Globules Blancs : 11.700. :
Polynucléaires neutrophiles ....... 39 % Polynucléaires éosinophiles . ...... nt Grands Lymphocytes .....,. a le VA Petits Lymphécytes ......,.... HONTE DE MONO IE URI ANR ERRE 9 %
et la Réaction de Pauz, Bunnezz et Davinsonn positive le 8 Février.
Le 10 Février, alors que la température, depuis 48 heures, est redescendue à 35°, apparaît une éruption sur les membres, éruption constituée de maculo-papules séparées par des intervalles de peau saine, légèrement prurignieuse, rappelant par son aspect l’éruption d’une rougeole.
Aux coudes et aux genoux, l'éruption est conluenté en larges placards rouges.
Cette éruption disparaît spontanément le 12 Févriér.
OBsERVATION IV. — M. P..,, 31 ans, gardien de la paix entre dans le service de M, le Professeur Cxa- BROL, à l'Hôpital Saint-Antoine, le 11 Février 1943, pour Fièvre éruptive.
Le début remonte au 25 Janvier, rapide en quelques heures, marqué par un malaise général, des sueurs abondantes, une élévation thermique à 39° le soir, un vomissement, une légère céphalée.
Une gripe banale est diagnostiquée, l'examen ne révélant à ce moment aucun signe particulier, les jours suivants la baisse progressive de la température semble confirmer ce diagnostic.
Mais le 2 Février apparaît une angine, accompagnée d'une reprise de la température qui atteint 39°8 ; cette angine est pseudo-membraneuse, sans toutefois présenter un aspect diphtéroïde, elle est bilatérale, plus marquée du côté gauche, elle est douloureuse et s'accompagne d’une légère otalgie.
Le 3 Février, apparaît une adénopathie rapidement généralisée.
Le 5 Février, un subictère conjonctival s’accentuant peu à peu.
Le 8 Février, apparaît brutalement un érythème morbilliforme, la température est alors redevenue normale : 36°5 à 87°5, elle restera telle pendant toute l’évolution de la maladie. Par contre, l’adénopathie, qui avait régressé, subit une nouvelle poussée, l'état général est atteint, l’asthénie notable.
L'examen le 12 Février montre unñe éruption intense, généralisée respectant toutefois la face, plus mraquée aux points de frottement, il s’agit d'un érythème morbilliforme, s’effaçant à la pression, sauf au niveau du thorax où il présente un caractère purpurique. Îl est formé de macules arrondies, rosées, légèrement papuleuses, veloutées au palper, ces macules tendent à confluer aux points de frottement, mais sans former de placards étendus.
Cette éruption s’est accompagnée à son début d'un prurit intense, presque disparu actuellement.
L'angine est également presque disparue, persiste qu’une angine érythémateuse, non à
reuse. ne “ | Eadénopathie, par ous est toujours nette
rieure, sous na pou épitrochléenne, inguina des 2 côtés, des ganglions petits, durs, indolent roulant sous le die sans périadénite.
Par ailleurs, l'examen ne révèle aucun signe particulier, la Rate, le Foie sont de dimensions normales, les Urines, foncées lors de l'apparition du subictère, sont maintenant de coloration normale, leur volume est de 1.500 cc. par 24 heures. |
Nous !iavons pratiqué ne ce malade le 24 FE “a
vrier une ponction sternale qui a donné les résul- 5 tats suivants :
Polynucléäires neutrophiles ...... 18 Polynucléaires éosinophiles ......
Métamyélo-Neutrocytes Myélocytes neutrophiles .
PTOMINRIOC TER ER enr ne es Myéloblastes trs re en Grands Lymphocytes/........,....
Petits Lymphocytes :.......,1., Monocylesst LT ere "cs Hématiés-nucléées LL SR ee NOrMoblastess eee EEE Cellules plasmocytaires .
pas d’atypie cellulaire.
La Formule Leucocylaire pratiquée le vrier montre :
Polynucléaires., leur 2020000 Grands Mononücléaires ...........
Moyens Mononucléaires ..........
ENT ROCVIES SET RS RESTO RER Monopytes NS RS SUN RS