CRITIQUE
La faible positivité de la réaction sérologique qui a été pratiquée chez le malade dont nous relatons l'histoire dans notre 4° observation, peut s’expliquer
— par la date relativement précoce à laquelle la réaction a été faite (21 jours après le début) ;
— par le peu d'intensité de la maladie qui était alors apyrétique, après quelques jours seulement de fièvre peu élevée. Il semble, en effet, que l'intensité et la durée de la réaction de PAUL, BuNNELL et DA- VIDSOHN soient souvent en rapport avec l'intensité des signes cliniques.
Les circonstances ne nous ont, malheureusement, pas permis de répéter cet examen.
Notons également que chez ce malade le taux des globules blancs n’a pas dépassé 6.000, maïs il est fréquent ‘dans la Mononucléose Infectieuse d’observér une leucocytose très modérée, et d'autre part il convient de noter chez ce mälade le pourcentage relatif élevé des Mononucléaires.
Le diagnostic de Mononucléose Infectieuse nous paraît à peu près certain.
L’allure clinique de la maladie,
Son début grippal suivi d'une angine apparue seulement le 10° jour après le début de la période fébrile.
Les adénopathies rapidement généralisées et
persistant plusieurs semaines après la disparition de l’angine et des signes infectieux.
L'asthénie importante, alors que la température n'est restée élevée que quelques jours, et qu’aucun syndrome toxique ne pouvait l'expliquer.
Le taux peu abaissé des Hématies (3.180.000).
La formule leucocytaire avec sa granulopénie. sa mononuecléose élevée, sont assez évocateurs.
L'absence de splénomégalie ne peut être retenue, étant donné d'une part la fréquence des formes anormales de la Mononucléose Infectieuse, d'autre part le peu d'intensité du syndrome clinique présenté par ce malade.
Pourrait-il s'agir d’une autre maladie infectieuse ou hématologique ? : |
La bénignité de l'évolution, sans qu'aucune thérapeutique ait été instituée, nous parait permettre d'éliminer une affection du groupe des leucémies. |
Le seul diagnostic pouvant se discuter serait celui de la rubéole, mais, dans cette affection, l’adénopathie est plus précoce, précédant même parfois l'élévation de la température ; il n’y a pas d’angine vraie ; l’éruption débute par la face, alors que, chez notre malade, la face a toujours été respectée ; dans la rubéole également, l’éruption ne présente jamais un caractère purpurique’
Le diagnostic de Mononucléose Infectieuse, maloré le résultat douteux de la réaction/d'agolutination, paraît donc le plus vraisemblable, et nous sommes bien en présence d’une forme relativement typique par ses signes principaux, angrmale par l'apparition d’un subictère le 10° jour, d'une éruption morbilliforme, purpurique par endfoits, le 13° jour.