Ÿ CARACTÈRE
Mais la bonté seule ne retient pas Jlongtemps, car la confiance et la persuasion exige la fermeté, la force, l'énergie -jointes 4 a délicatesse et à la douceur. Il faut donc ce qu'on appelle le caractère, Le mattre doit avertir, encourager, prévenir, faire comprendre le devoir, mettre devant les yeux l'idéal à atteindre, persuader et convaincre l'enfant qu’il doit être quelqu'un, le premier dans la position qu’il occupera plus tard, qu’il ne peut être banal et médiocre. Il faut donc au maître de la résolution et de l'énergie, muis de l'énergie éclairée, qui sait ce qu elle veut, qui ne laisse rien au hasard, qui soit persévérante et ait de l'unité de vues et de principes, et qu’elle s'adapte .
à la mesure de l'enfant, à la portée de son intelligence, à la faiblesse de son âge et, je dirai même, à son étourderie qui l'emporte d'ordinaire sur la malice. Alors l’éducateur sera une puissance devant l'élève, non pour s'en prévaloir, ni pour agir en maître absolu, évitant tout excès de rigueur, toute rudesse de forme, si voisine de la grossièreté, qui étoufferait la délicatesse d’âme chez l’enfant, l’habituerait à se conduire par crainte, fausserait son éducation en rendant son obéissance servile ; le maître le ferait alors hypocrite, dissimulé, l’éloignerait de la franchise et de la droiture, qualités si chrétiennes .
et si françaises. Il faut même pour l’éduca-
teur éviter je ne sais quoi de froid, de sec, de hautain, de dominateur, de maussade qu’on appelle “l'air pédagogique”, c’est-à-dire dis 5 4.
Vis-à-vis de l’enfant l’éducateur doit se conduire en ami qui veut le bien de l’enfant ‘même et non pour Iri-même.
Lorsque l’élève a devant lui un être capable dé résolution, de vérance, qui se possède, calme et sim qui a de l'unité däns l’effort, qui ne se laisse pas abattre, qui prévoit et qui agit sans heurt et avec douceur, qui poursuit sa tâche quand même, alors il 1 e que l’éducateur est une personnalité forte et puissante, et, comme on né se donne qu aur forts ”, alors l'élève se livre, il est persuadé ; il comprend qu'il à un soutien et se sent en sûreté. :
COMMENT ACQUÉRIR DE L'AUTORITÉ SUR UN GROUPE TOUT EN INSPIRANT DE LA CONFIANCE.
Nous avons dit que rien ne supplée à la connaissance des élèves. Ses renseignements, l’éducateur les puisera, si ible, auprès des anciens professeurs des élèves qu'il doit instruire et surtout former. Il évitera cependant d’hériter de certaines préventions de ses devanciers, se gardant de toute opinion préconçue. Ilobservera les dispositions générales de son groupe et le caractère de chacune de ses unités, ses qualités, ses défauts, son n intellectuel, moral et religieux.
ais il y a toujours dans les groupes des meneurs et des chefs, qui ont acquis de l’influence sur le reste de la classe ou du groupe. D'où viennent cette autorité et cet ascendant? d’une intlligence plus vive, d'un caractère plus débrouillard, d’une répartie plus fine, d’un esprit plus délicat, d’une volonté plus ferme, que sais-je ? Dans tous les cas, on les subit, on les accepte ; ils impriment le mouvement aux autres ; ils sont les représentants du groupe, ils sont le cerveau, le centre, les autres rayonnent. Il faut donc prendre de l'influence sur ces meneurs qui sont généralement les plus vifs et les plus intelligents ; il faut savoir les discerner le plus tôt possible et les empoigner.
oilà pourquoi l’éducateur doit Ba + quer à les discerner d’abord et à tirer de les ensuite le plus d'avantages possibles, afin que ces Ames rayonnent autour d’elles et qu'elles
entraînent les natures moyennes par l’emprise qu’elles ont sur ceux qui les entourent. Mais l’éducateur doit-il négliger les natu-
es ressources
des énergies
se gardera
urager. Il faut inspirer à ces
élèves l'amour du travail et la nécessité de la persévérance, créer chez eux la conviction qu'ils peuvent être eux aussi les premiers dans la société. On a vu bien des fois des hommes réussir, grâce à leur travail et à leur énergie, bien mieux que certains élèves brillants urs années d’études, mais qui comp-
taient plus sur leur intelligence facile que sur leur travail assidu et qui n’ont pas répondu
aux belles
Il faut que ces natures plus éveillées, em aflnées en quelque sorte, trouvent dans l’éducateur un esprit capable de les éclai diriger, de les sen = réponde à leur attente, un cœur susceptible de sympathie délicate, une volonté ferme et persévérante vers le but à atteindre, un caractère non de façade, mais d'une réelle valeur, qui puis les guider; sinon l’autorité ne peut ins la confiance, elle est compromise auprès des élèves sur qui se modèle là majorité du
groupe.
Pour cela l’éducateur doit avoir beaucoup de calme, encore plus de patience et de persévérance, ne pas être certains jours radieux comme un rayon de soleil et le lendemain.
sombre comme un ciel de plomb chargé d'orage. Les élèves en général: sont clairvoyants ; ils savent fort bien modeler leur conduite sur l'humeur du professeur.
Non, l’autorité ne se crée pas la force et quelques expédients, mais s'inspire; il en est de même de la confiance. Cependant ce n’est tout de créer l’autorité et la confiance, il faut les continuer; c’est là leur
valeur comme la durée de leur œuvre.