‹ Quelques Considérations À Propos de Douze Observations d'Acrodynie dans la Région du NordChapitre 13 sur 33 · LAIT QU · texte numérisé non relu

LAIT QU

si abondantes qu’il faut les changer de linge plusieurs fois par jour, voire les draps.

La plupart du temps, ces transpirations varient suivant les moments de la journée, l’état de repos ou d’activité de l'enfant. Rocaz note qu’elles sont plus abondantes lorsque l'enfant est éveillé et il insiste sur ce fait assez étrange ; chacun sait en effet que le jeune enfant a rarement chaud lorsqu'il s'amuse et qu’au contraire 1l est fréquent de le voir en transpiration durant son sommeil.

La topographie de ces sueurs est elle-même assez spéciale ; l’enfant a d'habitude plus chaud sur le visage que sur le corps et les membres. Dans l’acrodynie, au contraire, les sueurs prédominent sur les mains et les pieds. L’odeur est nulle la plupart du temps, mais il y a des transpirations d'odeur aigrelette, parfois fétide. Cette moiteur continuelle s'accompagne habituellement de lésions diverses, interprétables comme des manifestations d’irritation ou de macération par la sueur. La peau des mains et des pieds est rose vif, vermillon, lie de vin, coloration surtout marquée à la plante et à la paume. Cette peau est molle, gonflée, tendue ; elle ressemble à celle qu’on observe dans certains syndromes comme celui de Reïje, maïs avec cette différence que le membre n’est pas « figé», que tous les mouvements, tant actifs que passifs, sont conservés, qu’iln’y a aucune impotence. Ce n’est pas à proprement parler un œdème ou alors c’est un œdème dur, une infiltration massive de tous les éléments histologiques, car on ne provoque aucunement le signe du godet. La pression ne fait que diminuer la coloration des téguments ; elle n’est pas douloureuse. I1 faut noter cependant que s’il n'ya pas, à vrai dire, d’impotence, il existe une sorte de gêne analogue à celle des enfants atteints d’engelure. C’est

à cause de cet aspect que les médecins australiens ont donné à la maladie le nom d’érythræœdème.

Il faut ajouter à cela la desquamation, très variable dans ses aspects. Assez souvent elle est faible et il faut être averti pour la trouver. D’autres fois, au contraire, la peau s’élimine sous forme de larges lamelles plus ou moins étendues. Rocaz parle d’une fillette chez qui toute la peau de la paume de la main se levait sous l’aspect d’une « large phlyctène », comme on en trouve dans certaines brûlures de la paume. Quelquefois, c’est une série de petites vésicules qui, en crevant, donnent naissance à de petits anneaux d’épiderme. Ces desquamations peuvent être classées d’ailleurs à l'infini et l’on a décrit des types scarlatiniformes, morbilliformes, des lésions à type de pemphigus, etc. Peu importe, puisqu'il arrive souvent que chez le même malade, ces différents aspects se retrouvent Suivant la date de l’examen et au cours, parfois, du même examen. Ceci a été interprété par MM. Janet et Wichsler de la façon suivante : « Cette desquamation se fait certainement par poussées successives, la peau nouvellement formée, encadrée d'assez gros lambeaux, desquamant à son tour en donnant des squames plus fines ».

Ces lésions de desquamation, de transpiration, la sensation subjective de chaleur et de douleur chez l’enfant jointe à celle de froid et d'humidité que remarquent le médecin et l'entourage, constituent ce que Étienne May appelle syndrome acropathologique de la maladie qui se localise le plus souvent, nous l’avons vu, aux mains et aux pieds, la peau malade se continuant sans ligne de démarcation bien nette avec la peau saine. La plupart des auteurs — et c’est aussi notre avis — estiment. qu'il faut ranger ce syndrome acropathologique parmi: les caractéristiques de la maladie. Rocaz estime que ces

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