PALIER
lésions n'apparaissent qu’à « une période un peu avancée -de la maladie », « qu’elles peuvent être constatables plusieurs Semaines, quelquefois même deux mois après le début de l'affection », « qu’elles peuvent également disparaître avant que le malade ne soit revenu à un état de santé parfaite ».
C’est d'autant plus vrai si l’on veut observer le syndrome au complet : transpiration, rougeur, main succulente, desquamation, douleur, etc. Mais nous croyons pour notre part que bien des phénomènes, en particulier la desquamation, sont secondaires aux transpirations. Le trouble originel est sans doute un trouble vasomoteur. L’acrodynie constitue en effet le type même des troubles vaso-moteurs des extrémités, appelé Syndrome de Raynaud.
« Si la description didactique (de l’acrodynie), en est faite à part, c’est pour bien souligner l’autonomie de cette maladie, mais il est évident que les troubles circulatoires qui la caractérisent au niveau des extrémités s’apparentent de très près aux phénomènes de syndrome de Raynaud, étant tous deux à prédominance de vasoconstriction. » (LANGERON).
Pour cet auteur, d’ailleurs, beaucoup d’observations rapportées par Maurice Raynaud, dans sa thèse de 1862, sont des cas d’acrodynie qui, apparue en 1828 et 1840, était oubliée plus tard. L'observation suivante due au Docteur Diesbecq (de Jeumont) vient à l’appui de ce qui a-été dit plus haut.
M... T... consulte le 12 janvier 1933 pour malaises ‘généraux indéterminés à première vue. À l'examen, acrocyanose des mains et des pieds, soit un syndrome -atténué de Raynaud. Par l’interrogatoire, on apprend
RE are
qu’en avril 1932 le malade est atteint d'une tuméfaction des mains et des pieds et du visage avec coloration rouge des téguments. Le malade éprouve à ce niveau des sensations de cuisson violente. Une sudation très fétide et: abondante s'établit aux pieds. Ce n’est qu’au bout de: trente-cinq jours qu’une desquamation générale se produisit avec sédation des symptômes. Il s'agissait donc d’acrodynie. Il est à remarquer que sans ces commémoratifs, notre malade pourrait être considéré encore actuel-lement, comme atteint du syndrome de Raynaud.
- Cependant, on ne relève aucune trace de lésions du. système circulatoire. La tension est de 14,5 — 6,5.
Le syndrome au complet peut donc être assez long à se manifester ; il n’en est pas moins vrai que souvent, de la transpiration, une main gonflée et moite, jointes à l’asthénie et à l’amaigrissement, pourront faire porter relativement tôt le diagnostic d’acrodynie. Mais nous insistons encore sur la ténuité que prennent parfois ces signes : il faut les rechercher avec une certaine attention.
Nous venons de décrire l’asthénie, l’amaigrissement, les troubles sudoraux — triade principale à notre avis — à laquelle peuvent s’adjoindre facultativement d’autres signes dont l’énumération va suivre. Nous serons obligés, pour éviter des redites et mettre un peu d’ordre dans un sujet confus, de les étudier d’une façon analytique de la manière suivante : troubles nerveux — psychiques. — sensoriels — moteurs et trophiques — circulatoires — digestifs — respiratoires.
Les troubles nerveux, d’abord. Ils sont très fréquents. et certains les mettent au premier plan. D’aucuns y rangent l’asthénie que nous avons mis au premier plan dans les signes cardinaux. C’est une affaire de classification.
Les douleurs sont très fréquentes ; elles contribuent