‹ Quelques Considérations À Propos de Douze Observations d'Acrodynie dans la Région du NordChapitre 23 sur 33 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

En notre ignorance de la véritable nature de l’acrodynie infantile, il n’est pas étonnant que nous nous trouvions devant une multitude de traitements proposés, dont il est bien difficile d’apprécier l'efficacité, cette affection guérissant la plupart du temps elle-même.

Selon les conceptions pathogéniques de chacun, on a par exemple préconisé l'emploi de vitamines Van Westrienem employait le jus de tomates ; Gladstone, tout récemment, le jus de fruit. Ce traitement est abandonné en France.

L’opothérapie s’adresserait soit aux extraits thymiques, à l’extrait thyroïdien qui n’a pas donné de bons résultats dans le cas de Lamoril, mais surtout à l’extrait surrenal et à l’adrénaline. À priori, celle-ci doit combattre efficacement l’asthénie si importante qu’on observe toujours. On pourra l’employer à condition d’en surveiller soigneusement l’administration, la tension artérielle étant déjà élevée dans la plupart des cas.

Les auteurs qui croient à l’origine infectieuse ont conseillé soit l’uroformine qui a l'avantage dé prévenir l’infection urinaire, assez fréquente, nous l’avons vu ; soit le salicylate de soude, administré par voie veineuse comme dans l’encéphalite. La quinine a été vantée, ainsi que la trypaflavine ou gonacrine qui a l'inconvénient d’exiger une injection strictement intraveineuse et qui peut être dangereuse,

Dean

Les Américains estiment que le foyer principal d’infection dans l’acrodynie est le nasopharynx et croient avoir remarqué que la maladie ne s’observait pas chez lesenfants débarrassés antérieurement de leurs végétations. De là à prononcer l’adenoïdectomie, il n’y avait qu'un pas, vite franchi. Peut-être cependant n'est-il pas sans danger d'opérer au cours de l’acrodynie et, sauf urgence, toute intervention doit être déconseillée

En réalité, aucune de ces médications ne paraît efficace Elles ont seulement le mérite de vouloir s’attaquer à l’étiologie. La seule thérapeutique générale qui semble améliorer réellement l’état des petits malades, paraît être l’emploi des rayons ultra-violets avec lesquels Swift a obtenu des résultats intéressants dans 17 cas. D’autres auteurs ont eu le même succès et ces rayons ont au moins l'avantage d’être inoffensifs.

Braithwaite, cependant, et d’une façon inattendue, recommande d'éviter les rayons solaires —- les rayons infra-rouges donnant des améliorations promptes. Cette recommandation a besoin d’être vérifiée. Debré préconise aussi contre le dérèglement vago-sympatihque, sur lequel semble agir les U. V., les injections de tartrate d’ergotanine.

A cette médication générale, il convient d'ajouter des remèdes symptomatiques ; et surtout il faut s'occuper de la prophylaxie des complications. On tiendra l’enfant au calme, dans un endroit tranquille, et le cas échéant, on pourra prescrire de l’opium à doses très légères, du gardenal qu’on peut administrer longtemps et sans inconvénients.

Le naso-pharynx sera désinfecté par l'argent colloïdal, l'argyrol. On fera des lavages de bouche à fin de prévenir les stomatites, et des soins de propreté oculaire éviteront la conjonctivite.

2 Ag

Le prurit sera calmé par des poudres au menthol, au camphre ou par la pâte de Nobecourt (glycérine, oxyde de zinc, carbonate de chaux et eau à parties égales). La sensation de chaleur parfois si désagréable peut être combattue par des ablutions froides, à condition de protéger les mains par des gants en caoutchouc. On peut éviter en partie la macération et les troubles sudoraux qui la provoquent par l’atropine ou la belladone.

L'alimentation, enfin, sera rigoureusement surveillée. Dans certains cas, il ne faut pas hésiter à se servir de la sonde stomacale, si l’inanition prolongée paraît devenir dangereuse.

Les cures à Salies-du-Salat ou Salies-de-Béarn pourraient être un adjuvant utile au déclin de la maladie.

On peut dire en résumé, avec Tchachter « que les traitements actuels ne sont que des moyens auxiliaires, jusqu'au moment où nous aurons un traitement plus spécifique et plus efficace ». Seuls, les rayons U. V. sem- ‘blent pouvoir être recommandés dans tous les cas. Ce sont eux qui nous ont donné, ainsi qu'à plusieurs, les résultats les meilleurs.

Page 1