C. — Modifications de l’état hygrométrique de l’air
Ces hautes températures modifient en outre sensiblement : l'état hygrométrique de l’air contenu dans les appartements.
La chaleur étant fournie par irradiations des appareils dans lesquels circulent l’eau ou la vapeur d’eau, on comprend qu'il ne se fasse aucun appel d’air par les joints des portes et des fenêtres, comme les choses se passent avec les autres modes de chauffage. L'air de ces appartements surchauffés n'ayant plus aucune communication avec l'air extérieur se dessèche rapidement; :l ne peut entretenir le degré d'humidité qui lui convient pour remplir les meilleures conditions nécessaires à la vie de l’homme. Quoiqu'il soit de plus en plus apte à contenir de grandes quantités de vapeur d’eau à mesure qu'il s’échauffe, son déficit de saturation devient de plus en plus grand lorsque la température s'élève par le fait qu'il ne sait où emprunter la-vapeur d’eau qui lui serait utile.
Un grand nombre d’auteurs ont trouvé que le degré hygrométrique le plus favorable à la vie de l’homme oscille entre 30 et 35 p. cent. Si on considère qu'en France l’humidité moyenne de l'atmosphère extérieure est de 70 p. 100,
on voit cependant que l'organisme s'adapte assez bien à à un degré d humidité aussi élevé.
Il n’en est plus de même lorsque |’ ap ee s'appauvrit en vapeur d’eau, que l'humidité de l’air s’abaisse audessous de la limite inférieure de 30 p. 100. Les moyens de défense, mis en œuvre par l'organisme deviennent alors trop violents. D'après Welpert, à température égale, on évapore par la peau dans un air très sec, une quantité d’eau sensiblement double de celle qu’on évapore dans un air très humide. Or dans les appartements pourvus de chauffage central, il n’est pas rare de voir le degré d'humidité de l'air s’abaisser considérablement, jusqu’à tomber au-dessous de 20 p. 100, d’après les auteurs américains que cette question a préoccupé beaucoup plus qu'il ne.parait en France.
D. — Influence de l’abaissement de l’état hygrométrique de l'air sur le nombre des poussières
Cette trop grande sécheresse de l’air a non seulement une influence directe sur la vie normale de l'individu, mais elle a aussi une influence sur le nombre des poussières tenues en suspension dans l’atmosphère. |
On ne peut se douter des kilogrammes de poussières que contient un appartement urbain, surtout aux étages inférieurs. Les tapis, les tentures, les rainures de parquets, les bibelots de toute sorte sont autant de véritables nids où viennent s’accumuler indéfiniment des poussières que les domestiques ne font d’ailleurs que remuer. Or il n’est plus à démontrer que l'air sec a tendance à en contenir un plus grand nombre que l'air humide.
Les affections très variées auxquelles donnent lieu toutes les poussières ont été mises en évidence par les travaux remarquables de nombreux hygiénistes. Qu’ elles pénétrent dans l'organisme humain par les voies respiratoires ou par les voies digestives, elles ne sont pas sans en altérer les fonctions, soit qu'elles se comportent comme des substances inertes et exercent une action purement mécanique sur nos
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organes, ‘soit qu'elles se fassent les vecteurs de microorganismes à travers les tissus, ou bien qu'elles exercent une action générale plus ou moins toxique par le fait que leur caractère chimique les rend aptes à se solubiliser dan: ns humeurs, à passer dans le sang et dans l’économte.
La plus grande partie de ces poussières sont “l’origine inorganique. Ce sont des particules de charbon provenant des foyers de combustion, de silice, de sels terreux proverant de la surface du sol et apportés dans les appartements par les chaussures. Outre ces particules i inorganiques, il y a toujours, voltigeant dans l'air, une plus ou moins grande quan tité de filaments d'origine végétale ou animale. Mais ce qui est autrement important pour L hygiène que ces déchets de la vie qui n'ont qu'une action mécanique locale sur nos organes, ce sont les nombreux germes pathogènes en suspension dans l’air et qui appartiennent tous aux groupes les plus inférieurs du monde organique. Dans une chambre à coucher de la ruë Monge, Miquel a trouvé plus de 5.000 microbes par centimètre cube d'air et plus de 14.000 dans les salles de Pitié.
D'autre part, Kiener et Aldibert ont montré qu'ils sont plus nombreux dans l’air des appartements pendant la présence des habitants par le fait que les poussières sont déplacées. Analysant l'air d'une chambre d’une caseme aux différentes heures de la journée, ils sont arrivés aux résultats suivants:
À 4 heures du matin. — 41.000 microbes par centimètre cube d'air.
À 6 heures (lever des hommes), 220.000 microbes par centimètre cube d'air. |
À | heure (les hommes dehors), 32.000 microbes par
centimètre cube d’air.
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