CHAPITRE PREMIER
Modifications que fait subir te chauflage central à l'atmosphère de nos appartements.
À. — Description des principaux modes de chauffage.
Bien que le sujet n’intéresse pas directement la pathologe, il n’en reste pas moins important puisque les différents systèmes ne présentent pas tous les mêmes inconvénients ou les mêmes avantages au point de vue de l'hygiène; on nous excusera donc de donner d’abord un résumé de la disposition générale des appareils usités dans le chauffage central.
Alors que dans le chauffage dit local, mode de chauffage qui est encore le plus couramment usité en France, l'appareil de combustion est placé directement dans la pièce à
chauffer, 1l n’en est plus de même dans le chauffage dit’
central. Ici le foyer de combustion se trouve loin des appartements et il leur fournit la chaleur nécessaire par des conduites construites sur divers modèles.
. Cette chaleur peut être introduite dans les appartements de plusieurs façons. Tantôt l’air envoyé dans les pièces passe sous une cloche chauffée par un calorifère, tantôt la chaleur est véhiculée par de l’eau ou de la vapeur d’eau circulant dans des conduites appropriées et transmettant leur calorifique à des surfaces de chauffe rayonnantes disposées dans les pièces.
Par suite nous pouvons distinguer trois modes de chauffage central:
Le chauffage par l’air chaud;
ND
Le chauffage par l’eau chaude:
Le chauffage par la vapeur d’eau.
1° Le chauffage central par l'air chaud. — Dans le chauffage par l’air chaud, l’air peut être chauffé au contact du foyer de combustion lui-même ou bien au contact d’une ‘surface de chauffe indépendante de ce foyer de combustion.
Le premier modèle est le plus usité par ce qu'il est le plus économique. Il est constitué par un calorifère le plus souvent métallique situé dans le sous-sol. Ce calorifère se compose d’un foyer avec tuyaux par lesquels les gaz de combustion cheminent avant de gagner le tuyau de fumée. Autour de ces tuyaux de chauffe se trouve une enveloppe de maçonnerie laissant un espace libre où l’air amené du dehors vient se chauffer. L'air est ensuite emporté dans des conduites qui le distribuent dans les différentes pièces.
Ce mode de chauffage est insalubre car l'air possédant une faible capacité calorifique, il faut le surchauffer pour qu'il fournisse aux locaux le nombre de calories nécessaires. Au contact des surfaces de chauffe, les poussières de l'air sont brûlées et lui transmettent une odeur désagréable, des propriétés irritantes pour les voies respiratoires.
Si Fair chaud est introduit dans les appartements près :-du plancher, il monte trop rapidement vers le plafond et diffuse mal dans les couches inférieures. qui restent chargées d'air vicié et froid; au contraire si l’air chaud est introduit par le haut de la pièce, les orifices d'évacuation se trouvent habituellement placés dans le bas et il se fait une ventilation renversée qui n'a pour seul résultat que d'’accumuler vers la partie inférieure de l'appartement l'air vicié au milieu duquel les habitants du local se trouvent constamment plongés.
En outre, pour ne pas provoquer des courants d’air violents dans les appartements, l'air chaud doit circuler assez lentement dans des tuyaux très larges, d’où perte de -aloriques d’une part et perte d'emplacement de l’autre.
Enfin, les calorifères à air chaud, qu’il soient métalliques, construits en maçonnerie où en céramique, nécessitent tou-
ET NE tes
jours deux conduites: l’une pour amener l’air chaud vers l:s appartements, l'autre pour l'évacuation des gaz de combustion. Ces conduites doivent être indépendantes l’une de l’autre, sinon, par l'usage, elles finissent par s’altérer et il se constitue des fissures qui établissent des communications entre les deux conduites permettant le passage des gaz de combustion dans l’air des appartements.
L'emploi de l'air qui a passé sur des surfaces de chauffe à circulation d'eau ou de vapeur d’eau n'offre pas tous les inconvénients du système précédent. Les surfaces de chauffe se placent dans le sous-sol; l’air extérieur est amené à leur contact et de là dans les pièces à chauffer.
Cet air n’est plus souillé par des poussières brûlées, ni par des gaz de combustion, néanmoins, débouchant dans les salles près du sol, il a tendance à s'échapper très rapidement par les orifices d'évacuation situés au plafond, de telle sorte qu'il y a utilisation incomplète de la chaleur qui n “est pas
suffisamment diffusée à travers les pièces.
2° Chauffage central par circulation d’eau dal — Ce mode de chauffage peut se faire à haute ou à basse pression suivant que la conduite destinée à amener l’eau dans les radiateurs communique ou ne communique pas avec l’atmosphère.
L'eau est contenue dans une chaudière. Lorsqu'on chauffe l’eau pénètre dans un tube qui part de l’une des parois de la chaudière, s'élève par cette conduite ascendante jusqu’à un vase d'expansion situé à la partie la plus élevée du local à chauffer et communiquant librement avec l'air extérieur. De ce vase d’expansion part une conduite de retour qui passe dans les divers appartements où sont disposés les radiateurs et ramène finalement à la chaudiëre l’eau qui a perdu la plus grande partie de son calorifique.
e mouvement de circulation de l’eau à l'intérieur des conduites ascendante et de retour est produit par la différence de densité entre la colonne montante qui est chaude et la colonne descendante qui se refroidit peu à peu.
Ce mouvement sé fait très lentement si l’eau circule sans pression parce que la différence de température entre la colonne ascendante et la colonne descendante est très faible. Aussi est-on obligé d'utiliser des grandes quantités de liquide et des conduites d'un diamètre considérable pour
obtenir un rendement de chaleur suffisant. De plus, la mise
en marche et l'arrêt des appareils sont extrêmement lents. Tous ces inconvénients font que l’on a le plus souvent recours aux appareils à eau à haute pression. Îci le réservoir d'expansion ne communique plus avec l atmosphère; l'eau en se chauffant comprime l’air contenu dans ce réservoir et elle le comprime d’autant plus que sa température continue à s'élever. de L'énorme pression de l’eau qui peut aller jusqu'à à vingt atmosphères exige une solidité exceptionnelle -des tubes et
expose à des explosions redoutables.
Aussi pour parer aux iconvénients des deux procédés
précédents, on a tenté d'utiliser le chauffage à eau avec une pression moyenne de 6 à 3 athmosphères ; l'installation est trop onéreuse et tout danger d’explosion n'est point écarté.
3° Chauffage à la vapeur d’eau. -— Le chauffage à la
vapeur d’eau est vraiment le seul mode de chauffage central
qui mérite actuellement d’être conservé. En effet, à poids ‘égal, la vapeur d’eau lorsqu'elle se condense dégage 20 fois plus de calories que l’air à 100° et 5 fois plus de calories que l’eau à 100°. C’est donc là le meilleur agent de transmission du calorique et c’est en même temps le plus économique car il suffit de 1 kilogramme de houille pour produire 7 à 8 kilogrammes de vapeur.
D'autre part, avec une pression faible, la vapeur circulant plus vite que l’eau, il suffit d’avoir recours à des conduites de petit calibre.
Le principe du chauffage par la vapeur d'eau est assez simple. L'eau est chauffée dans une chaudière située dans le sous-sol, la vapeur qui se dégage passe dans un tube ascendant qui aboutit à des radiateurs disposés dans les