‹ Quelques considérations à propos du chauffage central en matière d'hygiène domestiqueChapitre 8 sur 46 · MURAT · texte numérisé non relu

MURAT

pièces à chauffer. Dans ces radiateurs la vapeur se condense, y abandonne ses calories. De ces radiateurs partent des tubes de retour qui se collectent en un tube unique ramenant vers la chaudière l’eau résultant de la condensation de la vapeur. Les tubes de retour communiquent avec l’atmosphère en un point de leur parcours, soit pour permettre à l'air des conduites de s'échapper à l’arrivée de la vapeur, . soit pour laisser l'air du dehors revenir quand le chauffage est suspendu.

C'est bien là le mode de chauffage le mieux compris jusqu'alors pour le chauffage d’une maison particulière, Tout danger d’explosion se trouve écarté car la pression ne dépasse pas un tiers d'atmosphère; son fonctionnement n’exige pas de personnel spécial ni de surveillance Le seule |’installation reste onéreuse.

Au contraire, lorsqu'il s’agit de Te un groupe de bâtiments séparés les uns des autres, tels que les divers pavillons d’un hôpital, il est nécessaire de donner à la vapeur d’eau une pression suffisante si l’on veut employer un appareil de chauffage unique. Cette pression peut atteindre cinq atmosphères si l’on désire faire parcourir à la vapeur des dis- . tances de 500 à 600 mètres.

Chaque bâtiment tributaire de cette distribution doit être muni d’un appareil appelé « détendeur ou régulateur » qui règle la pression de la vapeur d'eau. Ce régulateur est appareil délicat et fort coûteux.

De plus, ce mode de chauffage nécessite une longue canalisation circulant en sous-sol et malgré l'emploi de calorifuges, il ya une déperdition de calorifique de 20 0/0. Les explosions sont toujours à redouter; la manipulation du générateur est délicate et nécessite un personnel expérimenté.

Après ce court aperçu sur le mécanisme des différents modes de chauffage central, nous voyons donc que le chauffage par la vapeur d’eau à basse pression reste le moyen le plus pratique et le plus économique.

Mais devons-nous le considérer comme étant vraiment le

mode de chauffage idéal, satisfaisant en même temps toutes les règles de l'hygiène domestique ?

Cettes, de grands progrès ont été réalisés depuis quelques

années dans les divers moyens de chauffage mis en œuvre pour assurer le confortable en même temps que l’hygiène de nos maisons modernes. L’hygiène domestique a subi des transformations profondes. ‘Elle a suivi les progrès de la science dont elle est tributaire et nous savons à quel point elle a bénéficié des récentes découvertes faites dans le domaine de la chimie, de la physique, de la mécanique. Nous connaissons les innombrables applications industrielles de ces sciences au génie sanitaire, lorsqu'elle fait appel aux notions qu’elle leur doit pour la construction, l'aménagement et plus particulièrement pour l'éclairage, le chauffage et la ventilation de i’habitation salubre.

Est-ce à dire que nous soyons parvenus à munir nos appartements d’un mode de chauffage idéal, qu ‘il ne nous reste plus rien à faire dans cette voie? Îl serait insensé de penser que l’on puisse ainsi atteindre la perfection en quelque branche de l’art que ce soit !

Les progrès rapides des sciences et de leurs applications

domestiques n’ont pas toujours été l’occasion immédiate de nouvelles victoires sanitaires. L’hygiène en a parfois pati, mais elle n’en a jamais que momentanément souffert, sachant vite au mal opposer le remède.

Il nous semble donc que le chauffage central bien compris n'est malheureusement pas sans présenter encore de réels inconvénients et c’est sur ces derniers que nous voudrions attirer l'attention des gens compétents qui pourraient y apporter quelque amélioration.

Nous croyons même que dans les maisons particulières, les habitants pourraient s’entourer de certaines petites précautions qui ne seraient pas sans avoir un retentissement marqué sur leur état de santé.

B. — Modification de la température C'est ainsi qu'il nous a été donné à maintes reprises d'en-

nil res

registrer des variations très sensibles de la température dans les appartements pourvus du chauffage central. Alors que la température moyenne doit osciller chez nous entre 13° et 18°, mais ne jamais dépasser 20°, n1 tomber au-dessous de 10°, il n'est pas rare de constater des températures de 25°, 26° et même 27° dans les pièces.

Ces températures anormales paraissent assez bien supportées par les occupants parce que la chaleur est également répartie dans les salles, cependant elles ne sont pas sans avoir une influence néfaste sur l’organisme et entraînent à la longue toute une série de troubles portant plus particulièrement sur l'appareil respiratoire et le système nerveux, troubles sur lesquels nous nous proposons d’aillleurs d'insister plus longuement dans un des chapîtres suivants,

Page 1