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LE MARIAGE ET SA FIN SOCIALE ET INDIVIDUELLE

« Ce qui constitue essentiellement le mariage, c’est le don réciproque de la personnalité totale, physique et morale, entre l’homme et la femme. C’est la fusion de l’amitié et de l'amour ayant pour but la formation d’une société permanente entre deux individus de . sexes différents. (1) »

Le mariage est un contrat, mais un contrat d’une nature particulière, un contrat où il n’est question ni de maison, ni de domaines, ni d'usines à vendre ou à

acquérir, un contrat dont la personne humaine elle-

(1) AHRENS : Philosophie du droit, Ie partie, 2e section, ch. I, $ 1.

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même est l’objet. C’est l'union, la fusion de deux vies dans le but de parcourir le chemin épineux de la vie, la main dans la main, en s’aidant mutuellement et aussi dans le but, encore plus grand, de fonder une famille et de transmettre la vie.

Pour Napoléon I”, « ce qui constitue le vrai mariage, n’est pas tant l’union des sens que l'échange des âmes ».

C'était aussi l'opinion d'Alexandre Dumas fils « Le mariage, dit-il, n’est pas l’union de deux intérêts, de deux fantaisies, de deux amours même, c’est l'alliance, c’est la communion éternelle de deux âmes, et c’est pour cela qu'il est et doit être indissoluble.. »

Le droit romain était plus complet dans sa définition lapidaire : Nuptiae sive matrimonium est viri et mulieris conjunctio, union totale : corps et âme.

La fin individuelle de cette union est de créer un foyer permanent, durable, avec les avantages du foyer. Ces avantages résultent de l’essence même du mariage. Ce sont des avantages physiologiques, psychologiques et matériels. Les deux conjoints se doivent amour, entr’aide, amitié et cette dette réciproque de mutuel soutien est encore ce qu’on a trouvé de mieux, malgré les inconvénients très certains de cette institution pour faire sa vie.

C’est là une constatation, un axiome même qui s'adresse à tous. Le médecin lui-même ne saurait la rejeter, quoique le célibat des médecins et des savants ait de nombreux adeptes, la médecine et la science étant, par essence, si captivantes, si prenantes, si exi-

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