‹ Quelques considérations au sujet de plusieurs cas de syphilides malignes précocesChapitre 6 sur 20 · DÉFINITION ET CLASSIFICATION · texte numérisé non relu

DÉFINITION ET CLASSIFICATION

Les syphilides malignes précoces sont les manifestations cutanées de cette forme anormale de La syphilis que nous appelons la syp/alis grave.

D'après leur morphologie, elles appartiennent au tertiarisme. 2

Normalement, les syplulides tertiaires appartiennent à la série des accidents fardifs et constitutionnels. Mais on peut dire cependant qu'elles n’ont aucune date fire dans l’évolution de la syphilis. Elles peuvent survenir des années, très longtemps après le chancre. Aussi ne peuvent-elles servir à caractériser d’une façon précise l’âge de la maladie.

: La meilleure preuve qu’on en puisse donner c’est que des éruptions identiques, qui anticipent sur l’époque. d'apparition habituelle de ces dermopathies, fontexplosion immédiatement après l'accident primitif, pouvant faire croire à leur aspect qu'il s'agit d’une vieille syphilis.

De plus ces éruptions, outre leur précocité, ont un cachet spécial de malignité, c'est pourquoi on les désigne sous le nom de syplulides malignes précoces.

Elles ont des tendances phagédéniques et cherchent à se généraliser.

Cette malignité se manifeste à une époque ordinaire-

De ment très rapprochée du chancre, six semaines ou deux mois après son apparition, devançant parfois la roséole ou la remplaçant.

Dans certainscas cependant elle peut se manifester beaucoup plus tard, six mois, un an après l'accident primitif.

Ajoutons qu'elles sont destructives.

En outre la fièvre, l'amaigrissement, les faiblesses, la pâleur, l’anémie, la cachexie, accompagnent presque tohjours leur apparition.

Nous pouvons ramener à deux types fondamentaux les éruptions d’origine spécifique qui nous occupent dans ce travail :

a) LES SYPHILIDES TUBERCULEUSES ;

b) LES SYPHILIDES TUBERCULO-ULCÉREUSES ;

Qu'on pourrait dénommer aussi le éype papulo-croùteux et le Lype ulcéro-croûteux.

Car, à vrai dire, il n’y a pas de différences radicales formelles à établir entre la papule et le tubercule. Le tubercule n’est guère qu’une papule exagérée, amplifiée. Il ne se distingue de la papule que par les US caractères suivants : |

«IL est plus volumineux que la papule. Il est plus consistant, plus ferme sous le doigt. Il est plus globuleux de forme, plus piriforme que la papule, laquelle est plutôt étalée, lenticulaire. Enfin, il est plus pénétrant dans le derme que la papule, plus profond. » (Fournier.)

Les deux types qui nous occupent : syphilides tuberculeuses et syphilides tuberculo-ulcéreuses, sont extrémement voisins l’un de l’autre et très souvent associés | et combinés en clinique. Ce sont des types frères.

En effet, ils procèdent l’un et l’autre initialement de lésions identiques qui divergent seulement plus tard

comme évolution terminale.

Telles sont ces lésions dont nous voulons maintenant étudier les caractères cliniques.

a) SYPHILIDES TUBERCULEUSES

La syphilide tuberculeuse peut se présenter sous trois types, mais qui ne sont que des variétés topographiques de la même lésion :

Syphilide tuberculeuse éparse ;

Syplulide tuberculeuse groupée (forme usuelle) ;

Syplilide tuberculeuse en nappe.

Elle est constituée par un infiltrat néoplasique du derme qui évolue à l’état d’infiltrat solide, pour aboutir finalement à la résorption atrophique.

Examinés de près, ces infiltrats nodulaires, auxquels « on à conservé la vieille dénomination de tubercule », (Fournier) consistent en ceci :

De petites tumeurs enchâssées dans la peau. Ces tumeurs sont solides, consistantes, orbiculaires, légèrement convexes de surface. Leur coloration est rouge, d’un rouge brun qui rappelle le ton de la coupe du

jambon fumé. Leur surface, lisse au début, devient dans

la suite squameuse, croûteuse.

Ainsi constituée, la syphilide tuberculeuse reste en l'état sans modifications d'aspect, pour un temps toujours long.

Puis elle régresse, elle diminue de volume, se flétrit, s'affaisse, se résorbe et disparaît en laissant à sa place

une macule pigmentée qui persiste plus ou moins longtemps. Finalement, à cette macule se substitue une tache blanchâtre un peu déprimée, d'aspect cicatriciel et plus ou moins apparente. - |

b) SYPHILIDES TUBERCULO-ULCÉREUSES

C'est la forme la plus fréquente des déterminations cutanées d'ordre tertiaire précoce.

La syphilide tuberculeuse, destinée à devenir ulcérative, n’est rien autre initialement que la syphilide tuberculeuse sèche précédemment décrite.

Mais ultérieurement, l’analogie cesse entre les deux types, et la lésion « tourne à la gomme », suivant l’expression consacrée. C'est-à-dire qu'au lieu de rester sèche, ferme et solide, elle se désorganise, se ramollit pour aboutir finalement à l’ulcération.

Cette modification créant un sphacèle, c’est-à-dire un corps étranger, éveille une réaction commune de l'organisme constituée par un processus d'élimination suppurative.

De là résultent en dernière analyse deux éléments pathologiques nouveaux, à savoir : ES

1° Une incrustation en surface de la lésion, incrustation formée par la concrescence des produits liquides de l'élimination.

2° Une destruction, une ulcération.

De sorte que nous pouvons considérer dans la syphilide tuberculo-ulcéreuse trois éléments : une base d’infiltration néaplasique ferme et dure; une croûte revètant en surface tout ou une partie de la lésion; en

dessous de cette croûte, une ulcération.

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