‹ Quelques considérations sur l'affection furonculeuseChapitre 10 sur 19 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

(due à l’obligeance de M. le Médecin Principal Kiener)

Sciatique. — Un vésicaloire est le point de départ d’une affection furonculeuse qui s’inocule sur des scarifications de ventouses.— [L'examen microscopique fait découvrir des micrococci. — Des deux inoculations failes au sujet une seule a reproduit un furoncle. — Traitement antiseplique. — Guérison rapide.

Âgg...…, soldat au 122° de ligne, 23 ans, 13 mois de service. Entre à l’hôpital le 2 mai 1884.

Deux ans auparavant, il avait eu une première sciatique, qui avait duré deux mois. ;

L’atteinte actuelle durait depuis vingt jours quand le malade entra à l’infirmerie, où un premier vésicatoire fut appliqué par erreur, en dedans et au-dessus du sciatique. Deux

jours après, un second vésicatoire fut appliqué un peu en

arrière du grand trochanter ; à l'entrée du inalade à l'hôpital, ce dernier vésicatoire était entretenu depuis dix jours.

À cette époque, on constata que le premier vésicatoire ne suppurait plus, mais présentait à sa périphérie une couronne

inflammatoire. Le second, au contraire, était suppurant, à

fond gris; de son bord partaient des trainées de lymphangite -en forme de languettes assez étendues.

Le lendemain (3 mai), la névralgie sciatique étant très douloureuse, on applique six ventouses scarifiées sur le trajet du nerf: trois sur la fesse, trois sur la cuisse.

Dès le surlendemain, on remarque que lestrois ventouses occupant la fesse ont toutes leurs scarifications transformées

en sillons de suppuration, recouverts d’une petite croûte ; à la périphérie, on note dela lyÿmphangite. Des trois ventouses quisiègent sur la cuisse, l’inférieure ne présente qu’une vésicopustule assez petite sur une scarification : la moyenne porte trois pustules déjà plus grosses ; la supérieure, dont les scarifications étaient très superficielles, présente sept ou huit petites vésico-pustules. Les traînées de Iymphangite sont d’un rouge vif; on constate une excessive hyperesthésie de la peau. Un pansement est fait à la glycérine phéniquée, qui d’ailleurs n’améliore pas sensiblement l’état des parties.

Le lendemain, 6 mai, du pus pris sous les croûtes est étendu en préparation sèche sur une lame de verre; il est examiné le 8 mai, après coloration par la fuschine et décoloration par l’alcool. La préparation est remplie de micrococci, tantôt isolés, tantôt réunis deux à deux (diplococci), tantôt en chaînettes ou par groupes de sept à huit, mais ceux-ci sont plus rares.

Le 8 mai, le pansement est fait avec la glycérine chloralée. Dès le lendemain, la plupart des vésico-pustules sont flétries, et on se procure difficilement du pus pour deux inoculations, que l’on pratique à la région lombaire dn même côté. L’hyperesthésie cutanée a disparu ; la lymphangite est pâle et n’occupe plus une aussi vaste surface que les jours précédents.

Le 11 mai, les vésico-pustules présentent une recrudescence : elles étaient déjà en voie d'amélioration. Des deux inoculations, une seule a donné lieu à une pustule entourée d’une aréole rouge; elle est grosse comme une pièce de vingt centimes. |

Le 13 mai, les vésico-pustules présentent un aspect différent. Quelques-unes sont guéries et marquées par une collerette d’épiderme en desquamation ; d’autres sont encore dans Je même état qu'auparavant. Enfin, il s’en est produit de

Page 1