‹ Quelques considérations sur l'affection furonculeuseChapitre 11 sur 19 · LÉ TOME · texte numérisé non relu

LÉ TOME

nouvelles à quelque distance des scarifications. Elles sont plates, composées chacune par l’agglomération de vésicopustules plus petites ; elles sécrètent une sérosité jaunâtre, collant aux doigts, et plus ou moins trouble suivant la vésicopustule examinée. Léur périphérie présente en divers points des prolongements rougeâtres très manifestes.— A la région inguinale, on perçoit, du côté correspondant, de gros ganglions, durs et douloureux.

Le 20 mai, c’est-à-dire quinze jours après l'apparition des premières vésico-pustules, la guérison est presque totale ; les vésico-pustuies ont disparu, mais ont laissé des traces chéloïdes. La sciatique est soulagée; le malade marche sans boiter.

Enfin, le 1° juin, la guérison est complète; à la place de chaque vésico-pustule est une tache pigmentaire, brune, élevée et très apparente. La sciatique est complètement guérie.

Le malade est envoyé en convalescence. Il n’a plus reparu à l'hôpital.

Teis sont les phénomènes que présenta cette singulière affection; essayons de les interprêter. Et tout d’abord, on est en droit de considérer comme furonculeuses ces vésico-pustules; la constatation de micrococci dans le pus, la description de ces petites plaies avec lymphangite et engorgement ganglionnaire, l’inoculation suivie de succès, enfin le mode de disparition de la pustule, avec apparition d’une collerette

épidermique, et, en dernier lieu, d’une cicatrice brune indé-

lébile, tout cet ensemble symptomatique se rapporte bien au furoncle. Les germes de la suppuration ordinaire ne procèdent pas généralement ainsi; les abcès qu’ils déterminent ont une allure différente : ils sont plus vastes et moins nettement délimités; de plus, ils ne procèdent pas généralement

DT

LOS par poussées, et leur terminaison n’a pas les caractères cidessus mentionnés.

Ce qui est plus particulièrement intéressant à étudier dans le cas qui nous occupe, c’est le mode singulier par lequel s’est faite la contagion; iln’y avait pas de furonculeux dans le service à ce moment-là, et l’on ne peut accuser le bistouri qui avait servi à faire les scarifications des ventouses d’avoir été le vecteur des germes pathogènes, car les précautions antiseptiques en usage dans le service, avaient été observées comme de coutume. On peut admettre que le vésicatoire, placé à l’infirmerie, l’avait été sur une surface non préalablement désinfectée ; la sérosité s’écoulant, a pu ainsi collecter les germes du voisinage, et les scarifications des ventouses appliquées ultérieurement leur ont facilité l’accès dans les culs-de-sac pilo-sébacés : d’où les vésicopustules; les germes qui sont restés dans le tissu cellulaire sous-cutané et s’y sont développés, ont produit la lymphangite. Quant à l’engorgement ganglionnaire, il est aisé à concevoir, puisque la moindre petite plaie peut suffire à le produire.

L'examen microscopique a montré des micrococques que les auteurs décrivent sous les noms de Torula pyogenica, de Staphylococcus pyogenes aureus, etc. La première, est ce diplococcus que nous avons vu être plus spécial au furoncle; les autres, nous les avons rencontrés un peu partout, dans l’ostéomyélite, la suppuration franche, etc. |

Au point de vue thérapeutique et dans de pareilles conditions, je ne doute pas de l’insuccès des cataplasmes, si on les avait employés. On avait affaire à un individu atteint de névralgie sciatique, c’est-à-dire dont on était en droit de suspecter le fonctionnement de la peau; de plus, les scarifications offraient des portes d’entrée multiples aux germes que les cataplasmes émoilients ne tuent pas.

D Se

Les antiseptiques, surtout ici, devaient être employés, mais je ne m'explique pas pourquoi la glycérine chloralée a mieux agi que la glycérine phéniquée. Cette différence doit tenir au titre de la solution: le chloral est d’ailleurs un aussi bon antiseptique que le phénol.

J'ai eu l’occasion d'observer, pendant mon éruption furonculeuse, quelques Gas personnels de contagion sur lesquels je désire m’arrêter un instant.

Lors des vacances de Pâques, en 1885, j'arrivai dans ma famille porteur de quelques furoneles. Deux de mes frères n’ayant jamais eu de clous, présentèrent à cette époque une série de petites vésico-pustules furonculeuses. L’un deux m'avait incisé un furoncle de la partie postérieure de la cuisse et avait pressé sur la tumeur pour faire sortir le bourbillon ; il présenta des furoncles aux doigts et à la nuque. Chez le second, je n’ai pu saisir, dans les relations de la vie commune le processus véritable de la contagion. D'ailleurs ni l’un ni l’autre n’eurent de véritable poussée, et tout se borna à quelques petits furoncles épars qui guérirent sans traitement.

Chez mes amis, j'ai pu, dans deux cas, saisir l’enchaînement intime des phénomènes de la contagion.

Mon ami L. B.….., alors étudiant à la Faculté des Sciences, m'offre un certain soir l'hospitalité ; il avait eu autrefois des furoncles, mais, depuis plusieurs années, n’en avait pas présenté. J'avais à ce moment-là des furoncles à la nuque; quelques jours après, il en avait aussiau même niveau. Des germes déposés sur l’oreiller avaient sans doute été collectés par les cheveux de la partie postérieure du cou, et, trouvant un sujet prédisposé, s'étaient développés. Il eut ainsi plusieurs petits furoncles et un anthrax assez volumineux qui nécessita l’intervention chirurgicale; une incision cruciale profonde s’opposa à l’extension du mal, diminuant la douleur,

; Tr -d pe o fn cn < SEA 1 Se 42 — et facilitant l'élimination du produit de RÉCEONES Pansement

antiseptique.

Un autre de mes camarades se sert de mon pantalon de cheval et présente aux cuisses et aux fesses une série de Pers: furoncles. : ne

Chez mes collègues et amis Co... et CI... qui HE sieurs reprises, ea des furoneles en même temps que moi, sans en avoir jamais présenté auparavant, je ne puis préciser aussi exactement le mode de contamination; les rapports que crée une vieille et indissoluble amitié ne sont-ils pas suffisants pour faire admettre la possibilité de la contagion d’une facon quelconque ?

É 5 J'ai donc pu me rendre compte qu'une cohabitation for-

“Re tuite, l'usage de vêtements non désinfectés, ou simplement les relations de tous les jours étaient des conditions suffisantes pour faire admettre la contagiosité de l'affection furonculeuse. La littérature médicale fourmille aujourd’hui d’exemples de ce genre ; mais ce n’est que depuis peu de temps que cette contagiosité ne fait plus de doute pour personne. En

1866, le professeur Trélat dit encore dans l’article Anthrax du dictionnaire de Dechambre : «Aucun fait ne témoigne en faveur de la contagion de l’Anthrax; les prétendus cas de contagion qui ont été cités de loin en loin sont simplement des cas d’inoculation septique, suivis de panaris et d'angioleucite».

Aujourd’hui on ne pense plus ainsi. Non seulement les cas de contagion sont admis, non seulement ils ne sont pas rares, mais encore on à fait le départ entre ce qui revient au furoncle et ce qui est du domaine de l'infection putride. On sait encore le rôle secondaire que jouent les vaisseaux sanguins et lymphatiques dans la pathogénie du furoncle et de lPanthrax. On sait enfin les liens étroits qui unissent ces

iQ NE Ha ET RO

deux formes de l'affection avec le panaris anthracoïde et l’orgeolet.

L’anthrax et le furoncle sont si bien contagieux qu’on a été jusqu'à parler d’épidémies de furoncles ; les observations de Laycock, Kingluke, Hunt, Tholozan, Cazin, etc., en sont

un témoignage. Dénucé à même reconnu un caractère endé- mique à l'affection furonculeuse, dans les environs de Bordeaux. DER: :

Aux nombreux exemples de contagion que fournit la clinique, il convient d'ajouter encore les faits positifs d’expérimeutation. Lannelongue, Lœwemberg, M. Gingeot ont inoculé avec succès des furoncles, en se mettant à l’abri des germes étrangers. Mais il faut encore que l'individu soit prédisposé; s’il est réfractaire, l’inoculation dans le tissu cellulaire sous-cutané ne donne lieu qu'à un petit abcès qui guérit vite. Si les germes pathogènes sont déposés à l'ouverture des glandes de la peau, ou mieux dans les culs de sac glan- 3 dulaires eux-mêmes, les expériences sont toujours positives. ae

L'inoculation de matière furonculeuse aux animaux n’a jamais donné lieu qu’à des abcès inflammatoires vulgaires, sans gravité, et n’a jamais reproduit le furoncle primitif. Pour l’ostéomyélite, au contraire, nous avons vu plus haut ‘que l’inoculation du Sfaphylococcus aureus à de jeunes animaux préalablement ou non fracturés, avait réalisé une maladie expérimentale assez semblable à la maladie naturelle ; d’ailleurs celle-ci ne se montrerait jamais spontanément chez les animaux; pour le furoncle, il en serait de même.

= Nous admettrons done la contagiosité du furoncle, grâce

PORN RE ENORME CNET PORN MEN

do A pa de

NERUERE vi

à la pénétration d’un principe vivant, susceptible de se déve- g

lopper d'autant mieux que le terrain lui est plus favorable. &

La découverte du germe pathogène a été, au double point “4

de vue de l’étiologie et de la pathogénie, une satisfaction | donnée à l'esprit; de plus, la thérapeutique est entrée depuis e

PERRET JÉet POLAR

ce jour dans une voie nouvelle : à un He s’est substitué un traitement on UX tains ou incomplets que donnaient les ancien s'opposent les bienfaits de la méthode antisep: | Comparative des divers moyens de traitement p tre le furoncle fait nettement ressortir cette diff

Page 1