‹ Quelques considérations sur l'affection furonculeuseChapitre 9 sur 19 · TRES · texte numérisé non relu

TRES

métastatiques dans les poumons, la rate, le rein, etc., contenant du pus où une bouillie rougeâtre; souvent il y a épanchement purulent de la plèvre.

Ces cas graves sont heureusement exceptionnels: j’ai eu un-anthrax de la lèvre supérieure; il à été incisé et a guéri sans accidents.

Cet anthrax malin que nous venons d’étudier n’est pas, au point de vue pathogénique, différent du furoncle: c’est l’état général du sujet qui fera bien souvent la gravité de la lésion, et la présence de sucre dans l'urine est un fâcheux présage.

Dans une même poussée furonculeuse, l’anthrax et le furoncle apparaissent et se succèdent sans ordre, semble-til. Toutefois, j'ai remarqué à plusieurs reprises que, dans une même série, les deux ou trois premiers furoncles étaient les plus gros; les autres diminuaient successivement de gravité. On aurait dit que les germes pathogènes, transportés d’un endroit à l’autre par le mécanisme que nous connaissons, perdaient peu à peu de leur virulence, s’épuisaient à la longue dans le même organisme. Mais il n’y a là que des apparences, et le microorganisme du furoncle, tant qu'il n’est pas détruit, reste dangereux et pour le malade et pour les autres.

Le furoncle est-il une affection contagieuse ?

Nous avons vu les faits d’auto-inoculation. Les faits de contagion d’un individu atteint à un autre convenablement prédisposé s'expliquent, sans peine, par l’intermédiaire du

she micro-organisme vivant, réalisant une affection semblable à celle dont il provient.

M. Lœwemberg n’a pas hésité à admettre la contagiosité du furoncle et à cité, à l’appui de son opinion, plusieurs cas de furoncles de l’oreille entre conjoints.

. M. Trastour à communiqué à l’Académie des sciences (27 septembre 1880) une observation très intéressante, que je résumerai :

Il s’agit d’une religieuse atteinte de rhumatisme articulaire chronique, impotente et infirme. Elle eut un anthrax au siège.

Cinq sœurs se succédaient et, souvent, se réunissaient pour la panser, vu la difficulté de la remuer; deux d’entre elles lavaient la plaie et les linges servant à faire de nouveaux cataplasmes; l’une d’elles eut bientôt des furoncles aux doigts et à la main, l’autre un seul à un doigt, mais qui fut très douloureux et dura trois semaines. Deux autres sœurs eurent aussi des furoncles : l’une aux deux avant-bras, l’autre au visage, toujours très douloureux et accompagnés de fièvre. M. Trastour appelé à ce moment-là condamna les cataplasines, et surtout le lavage des linges souillés. La cinquième sœur, la seule qui n’avait pas été contaminée, raconta qu'ayant précédemment soigné un blessé qui avait un anthrax très grave, elle avait eu des furoncles à tous les doigts ; à la suite de cette expérience personnelle, elle avait pris cette fois la précaution de mettre les linges à tremper longtemps dans un bassin rempli d’eau, et d’employer un morceau de bois pour les secouer dans l’eau et les nettoyer.

À côté de cette observation typique et qui se passe de commentaires, je placerai celle de M. Gingeot, qui incise crucialement un antbrax de la nuque et panse tous les jours. son malade, sans se préoccuper du pus qui lui coule entre les doigts. Il s'aperçoit un jour qu’un panaris se développe sur le bord externe de l’ongle du pouce droit; quelques jours

PSG

auparavant, il avait eu à ce niveau des envies, et c’est par ces petits décollements épidermiques que les germes avaient pénétré. Tout paraissait fini avec cette lésion, quand une série de furoncles et d’anthrax prit naissance, envahissant successivement les membres, la face et le tronc. M. Gingeot. dit n'avoir jamais eu de furoncles, avant cette éruption, et n’être pas glycosurique. Il est donc porté à voir là un exemple manifeste de contagion.

John Startin donne aussi sa propre observation en faveur de la contagiosité du furoncle, qui peut se faire, ajoute-t-il, d’une façon médiate où immédiate.

= Quelquefois, ce sont les instruments de chirurgie, les pièces de pansement qui servent d’intermédiaire; l’observation résumée qui suit peut servir d'exemple:

Le docteur Hergott (de Nancy) relate nn cas de contagion qu’il à observé à la Maternité de cette ville : une des accouchées eut un anthrax à la région fessière, et le bassin qui servait à faire des injections vaginales contamina plusieurs femmes: des précautions antiseptiques suffirent à faire cesser cet état de choses.

Dans les cas de ce genre, l’enchaînement des phénomènes est facile à saisir. Mais il n’en est pas toujours ainsi, et l’on voit survenir maintes éruptions de furoncles, sans qu’on puisse connaître le mécanisme de la contamination.

L'état général du malade devra souvent être placé au premier plan. C’est ainsi que chez les convalescents de fièvres graves, chez les individus affaiblis, chez ceux particulièrement dont le système nerveux est atteint et, par suite, dont la peau souffre et est mal nourrie, il n’est pas rare de voir la moindre intervention thérapeutique être suivie d’une éruption furonculeuse plus ou moins discrète, d’une durée très variable. Je n’en veux pour preuve que l'observation suivante :

Et EU

Page 1