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pus. Le malade maigrit de plus en plus et se cachectise tout à fait. La face est terreuse, l'aspect misérable. Il ne mange pas, sa langue est sèche et noire, sa diarrhée continuelle : les jambes sont enflées.
Le 4e avril — Application du siphon de Potain. La sonde employée est un n° 17 en caoutchouc rouge.
On évile avec grand soin l'introduction de l'air dans la cavité pleurale. On fait deux fois par jour des lavages avec de l’eau saturée de sel marin et légèrement phéniquée.
Le 4. — Le pus qui sort avec le liquide du lavage a une odeur infecte. On remplace la sonde par un n° 21 pour faciliter l’évacuation des grumeaux.
Le 17. — Mort à midi par épuisement progressif.
L’autopsie n’a pu être faite.
OBservarion VIII
Thèse de Guinard.
Pleurésie avec épanchement séreux. Thoracentèse, Purulence de lépanchement. Siphon de Potain. Mort par tuberculose.
- Jouan (Albert), employé de commerce, âgé de 22 ans, entre le 8 mars 1882 à l'hôpital Lariboisière, salle Saint-Charles, n° 26, dans le service de M. Proust.
Ce malade a des antécédents héréditaires manifestement tuberculeux. Sa mère est morte phthisique il y a dix ans. Un de ses grères est mort à l’âge de 22 ans, après des hémoptysies répétées. Enfin, il a une sœur qui était il y a un mois dans notre salle Sainte-Marie, avec une bronchite plus que suspecte du sommet gauche.
Quant à lu, il se porte habituellement assez bien. Il y a un
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mois environ, il a été pris d’un frisson assez violent qui a duré une demi-heure. Rentré chez lui, il a eu un point de côté du côté droit et s’est mis à tousser.
Depuis cette époque il n’est pas resté complètement alité. Il a toujours continué à faire son travail dans son bureau. Cependant depuis deux jours, les quintes de toux sont devenues plus violentes, surtout la nuit, et la gène de la respiration va toujours en augmentant.
C’est ce qui décide le malade à entrer à l'hôpital où nous constatons les symptômes suivants:
Etat général satisfaisant, cependant l'appétit disparaît peu à peu et le malade se sent faible et oppressé.
Comme état local, on trouve une voussure considérable du côté droit de la poitrine et la palpitation, la percussion, l’auscultation, dénotent la présence d’un épanchement pleurétique énorme de ce côté.
Après un délai de six jours, la dypsnée ne fait qu'augmenter et la thoracentèse est urgente.
13 mars. — Thoracentèse. Issue de 2 litres et demi de sérosité claire et citrine. Pas d'incident.
Le 15. — Le liquide se reproduit rapidement. La température est très élevée. Elle dépasse 40°. Les jours suivants, on applique une série de vésicatoires sur le côté droit de la poitrine et on donne au malade 1 gramme de sulfate de quinine. Chaque jour le malade a un frisson qui dure de un quart d'heure à une demi-heure.
L’état général est mauvais. Le malade ne mange plus, ne dort plus ; sa face prend une teinte terreuse et sa température reste très élevée le soir.
Cependant aucun signe physique local ne peut faire penser à la purulence de l’épanchement que tous les signes généraux indiquent formellement (Pas d’œdème de la paroi thoracique! etc.).
Le 18. — On trouve des quantités considérables d’albumine:
Pre dans les urines. Elles n’en contenaient pas trace lors de l’entrée du malade à l'hôpital.
9 mai. — Thoracentèse qui donne issue à ! litre 1/2 de pus dépourvu d’odeur.
Le 14. — Application du siphon de Potain avec toutes les cautions possibles ; on mel dans la cavité pleurale une solde en caoutchouc rouge n° 16. Une demi-heure après l'application du siphon, le malade est pris d’un grand frisson.
On est arrivé progressivement à mettre des sondes de plus en plus grosses.
29 avril. — On met une sonde n° 27, qui entre dans la cavité pleurale d’une longueur de 17 centimètres.
Les injections avec l’acide phénique au 60° ayant amené une coloration brune des urines, assez marquée, on a substitué l’acide thymique à l’acide phénique. Malgré toutes les précautions prises, le pus exhalait dès le 25 mars une odeur fétide.
7 mai. — Le pus semble plus épais, et la cavité pleurale se vide mal. On fait alors des lavages répétés avec de l’eau saturée de sel marin. A dater de ce moment, le pus qui est toujours aussi fétide sort facilement par la sonde. La cavité se rétrécit peu à peu et chasse le tube.
12 juin. — La sonde est au n° 17, elle n’entre plus que de 10 centimètres, etil sort à peine une cuillerée à bouche de pus chaque jour:
Malgré cette marche favorable de l'affection locale, l’état général ne cesse pas d’être détestable.
Le malade est tourmenté par une diarrhée iacessante que rien ne peut enrayer. De plus, il tousse beaucoup surtout la nuit et l'examen du poumon gauche montre une induration de tout le lobe supérieur avec de petits foyers de ramollissement.
Le 25. — Le malade succombe à des accidents de dyspnée
intenses, dans une cachexie profonde.
y ou
Aulopsie. — On ouvré le thorax: du côté droit en suivant le trajet occupé par le tube. Ce trajet aboutit à une pelite cavité de la capacité d’un œuf de poule environ, située entre le diaphragme et le lobe inférieur du poumon droit. Des adhérences solides forment les parois de ce trajet mais le poumon est complètement englobé dans des fausses membranes épaisses et comme fibreuses. Il n’est pas perméable à l'air et va au fond de l’eau du sommet à la base.
On peut donc considérer l'affection locale comme guérie. Mais le poumon gauche est farci de tubercules. Le sommet présente de petites cavernes, landis qu’on trouve dans le lobe inférieur des traînées nombreuses de granulations presque transparentes. Les intestins contiennent des ulcérations nombreuses, circulaires et profondes.
Rien dans les méninges.
Cœur large et mou. Dilatation manifeste des cavités droites.
OBservaTION IX
H..., 29 ans, salle Saint-Christophe, service du professeur Sée (Hôtel-Dieu).
Pleurésie purulente datant de deux mois au moins, siégeant à droite. OËdème considérable de la paroi. Empyème : incision au cinquième espace intercostal, un peu en arrière (empyème de nécessité) trois litres au moins de pus fétide. Lavage phéniqué.
Malgré les lavages, la sécrétion purulente ne se ralentit pas > en outre, chaque lavage est suivi d’une ascension notable de la température. On suspend les lavages. La sécrétion purulente diminue; mort au troisième mois de cachexie. A l’autopsie,
tubercules des deux poumons, plus marqués à droite. Foie gros. Reins amyloïdes.