‹ Quelques considérations sur la séreuse péritonéaleChapitre 11 sur 17 · ÉPANCHEMENTS DE MATIÈRES ALIMENTAIRES OU STERCORALES · texte numérisé non relu

ÉPANCHEMENTS DE MATIÈRES ALIMENTAIRES OU STERCORALES

Des observations de rupture de l’estomac ont été don” nées par Morgagni, Lieutaud, Portal, Sandifort, Dupuytren (cités in Aichionn. encyclop. de Pechambre, vol. I, p. 143); mais c’est l'intestin grêle qui est le plus souvent déchiré. Ces ruptures donnent lieu, dans la grande majorité des cas, à la chute, dans le péritoine, du contenu ordinaire du tube digestif, aliments, selles, gaz, soit simultanément, soit séparément.

L'épanchement de gaz ne paraît avoir aucune action nuisible sur le péritoine. C’est là, du moins, l'opinion de M. J. Guérin (Paroles prononcées à l’Académie de Médecine, le 6 juin 1857). Du reste, cette innocuité des substances gazeuses sur la séreuse péritonéale, est encore démontrée par un certain nombre de faits dont nous parlerons dans le chapitre suivant. Nous montrerons alors que les injections d’azote,de protoxyde d'azote et même d'air n’ont déterminé aucune inflammation de cette membrane.

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Au contraire, la présence des matières alimentaires ou stercorales dans le péritoine a le triste privilège de déterminer, d’une façon à peu près fatale, une péritonite suraiguë et rapidement mortelle.

Villemin (7hèse de Doctorat, Paris 1877), en rapporte treize observations dans lesquelles il n’y a jamais eu guérison. Neuf fois les malades ont succombé en quelques heures, ou au plus après un jour, deux fois seulement après 36 heures, et deux autres fois après 3 ou 4 jours.

À ces faits, nous pouvons ajouter un certain nombre d'observations recueillies dans diverses publications, et qui feront mieux ressortir encore le danger que nous signalons.

Gazette médicale de Paris. 1876. p. 281. — Observation de M. Folet.

Péritonite mortelle par perforation tuberculeuse de l’appendice iléo-cæcal, perforation par laquelle suintaient les matières fécales.

Union médicale. 1876. 3° série. p. 555. — Observation de M. Lépine. Péritonite suraiguë par perforation intestinale dans le cours d’une fièvre typhoïde. Mort au bout de 3 jours. Lyon-Médical. 1876. p. 426. — Oëbservation de M. Cossy.

Péritonite chronique et épanchement purulent dans la cavité abdominale, reconnaissant pour cause la perforation du cœæœcum par une arête de poisson.

Union médicale. 1878. p. 306. — Observation de M. Voisin.

Péritonite purulente mortelle par perforation de l'intestin, causée par une fourchette.

Cote Union médicale. 1881.p.311. — Oëbservation de MM. Prneau et Plaisent.

Péritonite suraiguë consécutive à une perforation stomacale, survenant deux heures après le repas, avec épanchement alimentaire. |

Société médicale des Hôpitaux de Paris, tome 1, p. 105. — Observation de M. Roger.

Entérolithc ayant donné lieu à une perforation de l’appendice iléo-cœcal avec péritonite mortelle.

Dans la discussion qui suivit l'exposé de ce fait, M. Guérard dit avoir remarqué, dans les recherches qu'il fit, sur les perforations de l’appendice iléo-cœcal, que les corps étrangers qui amènent le plus souvent ces sortes de perforations sont des pepins de melons. Leur forme allongée et pointue les rend sans doute, plus qu'aucun autre, capables de pénétrer dans l’appendice et d'en déterminer l’ulcération.

Toutefois, malgré l’éloquence de ces faits qui, tous, ont été suivis de mort, il est bon de noter que, lorsque la quantité de matières fécales répandues dans le péritoine est peu considérable, elles peuvent disparaître par absorption et ne plus être retrouvées à l’autopsie. C’est l'opinion de Bégin (tome 1, p. 290), qui s'appuie sur de nombreuses expériences de Dupuytren.

Avant de terminer ce quia trait aux épanchements dans le péritoine, nous allons dire quelques mots d’un accident, qu'on a rarement l’occasion d'observer dans notre pays, mais qui se rencontre un peu plus souvent dans d’autres contrées, notamment en Ecosse. Nous voulons parler de la rupture des kystes hydatiques du foie, et de l’'épanchement de leur contenu dans la cavité

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péritonéale. C’est là un accident assez mal connu et sur lequel les auteurs sont à peu près muets. Toutefois, Finsen (in Archives de médecine, 6° série, t. XIII, p. 42) a prétendu que cet épanchement pouvait se produire sans amener même de péritonite. Et à l'appui de cette . assertion, il rapporte six observations dans lesquelles cet accident se produisit, et sur ces six cas, deux seulement furent suivis de mort.

Nous voyons donc que la susceptibilité inflammatoire du péritoine est bien moins accusée qu’on ne le croyait autrefois.

De leur côté, les chirurgiens nous ont montré que le péritoine est une séreuse beaucoup plus accommodante que ne le croyaient nos pères. Un nombre considérable d’ovariotomies heureuses ont mis à néant l’idée traditionnelle, et c’est une vérité généralement admise aujourd’hui, qu’en prenant la précaution de faire minutieusement la toilette de la séreuse, on peut pratiquer sur elle, sans être téméraire, des opérations dont les chirurgiens les plus hardis de la génération précédente n'auraient osé concevoir l'idée.

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