ACCIDENTS QUI RECLAMENT LÀ TRANSFUSION
Les cas dans lesquels la transfusion du sang a pu être utile et quelquefois même devenir nécessaire sont assez peu variés: ce sont presque toujours des hémorrhagies utérines foudroyantes qui ont donné lieu de pratiquer cette opération. On y a eu recours dans les hémorrhagies traumatiques, mais c’est surtout dans les cas d’hémorrhaphylie, d’hémorrhagie accidentelle due à une anémie provoquée elle-même par des pertes antécédentes, et d’anémie considérable existant chez un individu qui doit être soumis bientôt à une grande opération, c’est dans ces circonstances, dis-je, que la transfusion est appelée à rendre de grands services.
1° Hémorrhagies utérines. — Les pertes de sang les plus considérables, les plus graves, celles qui mettent le plus en danger l’existence de la mère et de l’enfant à la fois, sont incontestablement celles qui sont dues au décollement du placenta. Ce sont précisé-
ment celles pour lesquelles jusqu’à nos jours on a le plus souvent eu recours à la transfusion.
Nous croyons pouvoir nous dispenser de donner la description des symptômes auxquels on reconnaîtra l’opportunité de la transfusion, les observations que nous transcrivons plus loin en disent autant que nous pourrions le faire.
2° Hémorrhagies traumatiques qui, ne pouvant être arrêtées par aucun des moyens hémostatiques connus, mettent en péril les jours du malade : tels sont celles qui résultent de plaies par armes à feu (obs. II.) de solutions de continuité d’une grande étendue etc.
3° Hémorrhaphylie. (obs. III.) — Il peut arriver, comme dans ce cas, que, tout en rappelant à la vie des sujets épuisés par des hémorrhagies abondantes et répétées, la transfusion puisse opérer la guérison de la diathèse hémophylique. Ici sans doute il faut admettre un changement de composition du sang malade sous l’influence du sang transfusé.
4° Hémorrhagie accidentelle. — Lorsque cette hémorrhagie est due à une anémie profonde résultant elle même de nombreuses pertes de sang antécédentes, le sujet se trouve placé dans les mêmes conditions que dans le cas précédent, la transfusion pourra modifier la composition du sang.
5° Anémie considérable existant chez un individu qui doit être soumis bientôt à une grande opération.
Nous trouvons à ce sujet dans la gazette des Hôpitaux (30 avril 1863) la relation suivante:
M. le docteur Higginson a rapporté, au milieu d’une discussion sur le traitement des plaies artérielles, le fait suivant: