OBSERVATION II
Un jeune combattant de la révolution de Juillet, reçut dans la région sous-claviculière, une balle qui lui ouvrit l’artère sous-clavière. Des hémorrhagies lentes et répétées finirent par compro-
mettre son existence; il était presque mourant, lorsque Roux eut recours à la transfusion. On injecta en un seul temps , 14 onces de sang. Le malade mourut à l’instant même. L’autopsie démontra le cœur dans un état presque apoplectique. Il était rempli de sang coagulé, aussi bien que les gros vaisseaux aboutissants et efférents. Tout le monde présent à l’opération et à l’ouverture du cadavre, resta convaincu, que le sang injecté avait été en trop grande quantité (Rognettà Bull. Thérap. T. X).
ORSERYATION III.
Un enfant de onze ans se présenta en 1840 à Sam. Lane, pour être opéré du strabisme. Le chirurgien anglais pratiqua la section du muscle droit. Un quart d’heure après, une hémorrhagie se déclara et persista pendant 6 jours et 5 nuits. Ce fut alors que Lane apprit des parents de l’enfant que cette circonstance s’était déjà présentée à la suite de piqûres légères, de l’avulsion d’une dent, ou d’une application de sangsues. Dans ce dernier cas, l’hémorrhagie avait été si considérable que le chirurgien avait du fermer les piqûres au moyen de la suture entortillée. Cette fois le pauvre enfant était dans un état presque continuel de syncope; deux accès convulsifs effrayants, accompagnés de vomissements, sang fluide et moins coagulable, mort imminente. L’opération fut faite par le procédé ordinaire. On injecta à plusieurs reprises, 1 à 2 onces de sang fourni par une jeune femme, en tout 5 onces et demie. Le pouls reparut immédiatement après l’injection, et au bout de deux heures à peu près, le malade put se lever et boire, sans qu’on l’aidât, un verre d’eau et de vin. L’hémorrhagie de l’œil ne reparut plus, la plaie du bras guérit en dix jours, et au bout de trois semaines l’enfant partait pour la campagne d’où il ne tarda pas à revenir en bonne santé et guéri de son strabisme (Revue méd. 1840).