‹ Quelques considérations sur la transfusion du sangChapitre 8 sur 14 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

Il s’agit d’une femme de 26 ans qui, à la suite d’hémoptysies traitées au moyen de déplétions sanguines extrêmement copieuses, fut prise de métrorrhagie puis d’une chloroanémie qui s’accompagna d’un état de débilité si prononcée, que la malheureuse ne pouvait changer de lit, sans prendre une syncope. La faiblesse était encore augmentée par d’autres hémorrhagies spontanées ayant lieu par la vulve, les orteils, la bouche, les yeux et les mamelons. Les aliments provoquèrent presque constamment le vomissement.

Les secours habituels de la médecine étant demeurés impuissants et le danger augmentant toujours, on pratiqua la transfusion le 30 septembre, avec du sang qu’une jeune femme bien portante, consentit à fournir. On introduisit deux onces et demie (95 gr.) de ce sang : l’opération dura 6 minutes.

Le pouls à 27 au quart, avant la transfusion, monta à 30 quand on la commença, puis decendit à 25 après le pansement. A mesure que le sang entrait dans la veine, les assistants reconnurent le ralentissement du pouls. La patiente éprouva une sensation qu’elle rendit en disant: Je sens un liquide chaud, couler dans mon corps et particulièrement vers le cœur; j’éprouve aussi une chaleur inaccoutumée.

Le 1er Octobre, elle se sentait plus de force; la peau, ainsi que l’origine des muqueuses, étaient notablement plus colorées. Elle supporta le bouillon.

Le 5, elle prend des aliments solides sans les rendre; elle se sent forte, elle s’assied d’elle même sur son lit, elle qui avant l’opération ne pouvait se donner aucun mouvement. Plus d’hémorrhagies. Pouls à 20 et 22 au quart.

Le 7, la malade réclamant une seconde transfusion, celle-ci fut pratiquée de la même manière; on fit encore passer dans les veines 90 à 100 grammes de sang.

L’effet de cette opération fut des plus satisfaisants. Bientôt la malade put se lever, aider l’infirmière, refaire les lits. Ses règles revinrent une fois, très-naturellement. Elle parlait même de reprendre ses occupations de domestique, lorsque le 15 novembre elle fut prise d’une metrorrhagie très-abondante, suivie d’une suppuration sous-péritonéale avec fièvre hectique, et elle mourut de consomption le 19 février (Gaz. méd. de Paris, 1850).

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