‹ Quelques Considérations Sur La Tuberculose A Localisations Multiples Dite 'Tuberculose Mixte'Chapitre 16 sur 33 · LA PLEURÉSIE · texte numérisé non relu

LA PLEURÉSIE

Elle mérite de retenir plus longuement l'attention :

Chez l’enfant (2 cas), la pleurésie est exceptionnelle.

Chez l’adulte, par contre, chez le mixte en particulier, c’est le symptôme le plus fréquent de tous : 51 cas (32 hommes et 19 femmes), en ne retenant que les pleurésies confirmées par une ponction exploratrice.

En effet, la pleurésie, affection autonome, est en même temps le signe précurseur le plus fidèle de l’apparition d’une tuberculose dans les mois qui suivent, qu’il s’agisse d’accidents pulmonaires (10 %) ou d’accidents extra-pulmonaires (13 % des cas).

De: plus, chez nos malades, il nous a été donné de constater l'apparition de lésions ostéo-articulaires chez des tuberculeux pulmonaires ayant présenté, quelques mois auparavant, une

le

réaction liquidienne dans la poche d’un pneumothorax artificiel. Cette pleurésie « artificielle » aurait, comme la pleurésie dite « a frigore », servi de prélude aux lésions ostéo-articulaires.

La question du prélude pleural a donné lieu à de nombreuses communications :

1° Jacquelin (1935), dans une statistique personnelle, établie sur 100 tuberculeux pulmonaire, montre que 38 % de ces malades présentent des antécédents pleuraux (dont 22 % d’épanchement certain contrôlé par la ponction exploratrice).

2° Bezancçcon (1941), en accord avec l’opinion des auteurs Berckois, signale la pleurésie parmi les manifestations thoraciques présentées par les malades atteints de tuberculose ostéo-articulaire, et il est logique, ajoute-t-il, que la pleurésie étant une manifestation précoce de l'infection bacillaire, soit, ou concomitante, ou antérieure de quelques mois ou quelques années à la localisation ostéo-articulaire.

D’autre part, pour Sergent (1943) toute lésion inflammatoire de la plèvre, quelle que soit sa nature, est nécessairement liée à l’existence d’une lésion plus ou moins superficielle, plus ou moins minime, de la couche corticale du poumon. C’est sur la foi d’un tel argument que nous appelons précession pulmonaire les précessions pleuro-pulmonaires ou pleurales.

Et ce n’est qu’une fois faite cette mise au point que nous pouvons dire avoir constaté, chez 215 adultes et 57 enfants :

1° Une précession pulmonaire des lésions :

160 fois chez l'adulte (dont dans 50 % des cas chez l’homme, dans 55 % des cas chez la femme), 12 fois chez l'enfant).

2° Une précession ostéo-articulaire :

59 fois chez l'adulte, et 3 fois chez l'enfant. 3° Un dépistage simultané des lésions :

65 fois chez l’adulte, 42 fois chez l'enfant. La précession pulmonaire des lésions avant été chez adulte de beaucoup la plus fréquente.

- Le dépistage simultané des lésions ayant été de beaucoup le plus fréquent chez l'enfant.

Quant aux précessions ganglionnaires, génito-urinaires,

en.

digestives - il en existe quelques cas — mais elles sont exceptionnelles.

Cette notion de précession nous intéresse à divers titres :

Pronostique : la précession pulmonaire étant considérée comme un facteur de gravité (E. Bernard).

Pathogénique : la classification de la tuberculose établie par Ranke donne à la question un regain d’actualité.

Le fait que la maladie ait débuté par une lésion de préférence à une autre n’est pas indifférent ; seul il permet de déterminer quelle place peut occuper la tuberculose mixte dans cette classification. |

Page 1