‹ Quelques Considérations sur le Calcul Vésical chez les Enfants et sur son Traitement par la Lithotrite et la Taille: Étude ComparativeChapitre 12 sur 25 · CHAPITRE Il ° De la lithotritie chez les enfants · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il ° De la lithotritie chez les enfants

La lithotritie est une opération qui consiste à broyer un calcul dans la vessie pour en permettre l'évacuation spontanée ou artificielle par le canal de l’urèthre.

D’après Olympios, la lithotritie daterait du IX"° siècle, mais elle ne fut appliquée qu’aux adultes jusqu’au commencement du XIX®. En 1824, les Commissaires de l’Institut déclarèrent que cette opération serait difficitement applicable à l’enfance. Civiale, cependant, en 1826, n’hésita pas à faire bénéficier les enfants de la nouvelle méthode. Voici ce qu'il dit lui-même à ce sujet: « J’ai lithotritié des sujets de «moins en moins âgés, et dès lors il demeura bien constant »que les enfants ne devaient pas être privés du bienfait della »nouvelle méthode, ainsi qu’on l’avait pensé.» Plus loin, il ajoute: « J’aipresque toujours réussi, ce qu’il faut attribuer à » ce que je n’appliqne cette méthode qu'aux cas de petite » pierre et aux précautions que j'ai fait connaître afin d’em- » pêcher l'accumulation des débris pierreux dans l’urèthre.» (Civiale. Traité historique et pratique de la lithotritie).

À la même époque, de nombreuses discussions s’élevèrent entre les partisans et les adversaires de la lithotritie chez les enfants; elles prirent même un caractère si mordant, que la question, loin d’y gagner, ne fit qu’y perdre. Les adversaires de la nouvelle méthode pensaient que la taille réussissant très bien, il n’y avait pas lieu d'innover. Mais, répondit Civiale, les succès de la cystotomie sur les enfants, succès

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OR sur lesquels on ne cesse des’appuyer, sont-ils aussi décisifs? Il donna alors des statistiques de taille qui, sans doute, sont avantageuses, mais ne sont pas irréprochables, celle-ci par exemple: sur 540 cas, 396 guérisons complètes, 19 fistules, 14 incontinences d’urine, 2 récidives et 109 morts.

Plus tard, Ségalas se montre également partisan de la lithotritie dans les communications qu’il fait à l’Académie de

‘médecine.

Opération de lithotritie sur un enfant de 40 mois. Gué- : rison (Bulletin de l’Académie de médecine, 1836-37). Autre opération de lithotritie sur un enfant de 46 mois. Guérison (Bulletin del’ Académie de médecine, 1837-38). En présence des résultats qu'il obtenait, Ségalas pensa qu'il-n’y avait point d’âges où la lithotritie ne püût être pratiquée. Il la fit avec plein succès sur un enfant de 23 mois atteint d'un calcul très volumineux (Ségalas fils. Thèse de Paris. Des difficultés et des accidents de la lithotritie 1862.)

En 1838, Leroy d’Etiolles présente à l’Académie de médecine un enfant qui n'avait pas encore 4 ans et qui avait dans sa vessie deux pierres d'acide urique grosses comme des avelines : elles furent broyées et expulsées en quatre applications de 2 minutes (Bulletin de l’Académie de médecine, t. TI, année 1838).

Dans sa thèse inaugurale, Guersant dit que le broiement de la pierre est impraticable chez les enfants au-dessous de 5 ans, mais ilrevint plus tard sur son opinion, et la lithotritie devint à l'hôpital des enfants une opération usuelle. Il La défendit énergiquement devant l’Académie de médecine en 1841, et s’efforça de prouver que, malgré les services rendus par la taille, il ne fallait pas pour cela mettre complètement de côté la lithotritie. Ces deux opérations, dit-il, ne doivent nullement s’exclure, l’une et l’autre sont appelées à rendre d’éminents services. Il lut deux observations qui vinrent à

ER es l’appui de ses paroles (Bulletin de l’Acad. de méd., 1841-42, tom. VII).

Malgré les efforts de Guersant, les chirurgiens de l’époque abandonnèrent la lithotritie et préconisèrent la taille. De 1842 à 1862, ils furent rares ceux qui broyèrent les calculs chez les enfants. Ce fut seulement en 1862 que Jobert de Lamballe, dans une communication à l’Académie des Sciences, s’exprima ainsi: « Après les recherches de Civiale qui a ou- »vert la voie, après les résultats si concluants obtenus par » d’autres praticiens, le doute n’est plus permis à cet égard et » justice est faite de l’opinion qui regardait cette opération » (lithotripsie chez les enfants) comme impraticable. En ce » qui me concerne et ma clinique en fait foi, il y a déjà plu- » sieurs années que je me suis prononcé en faveur de cette » méthode.» Jobert de Lamballe. Réflexions cliniques sur la lithotripsie chez les enfants. /n Comp.-Rend. de lAcad. des Sciences 1862. Peu après, en 1864, Dolbeau écrivait: «Il » faut d’autre part faire profiter les grands garçons d’une » méthode qui n’a ni les inconvénients, ni les dangers de la » taille.On a eutort, suivant nous,deréserverlalithotritie pour » les adultes, en se fondant sur les résultats mal interprêtés, » des statistiques de la cystotomie pratiquée pendant les quinze » premières années de la vie. Dans notre manière de voir, » tous les efforts doivent tendre aujourd’hui à déposséder de » plus en plus la taille qui désormais ne doit plus être qu’une » méthode d’exception.» (Dolbeau. Traité de la pierre dans la vessie.)

À partir de ce moment, la plupart des chirurgiens admettent la lithotritie chez les enfants. 11s ne discutent désormais entre eux que pour délimiter les cas dans lesquels on doit la pratiquer.

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