DIFFICULTÉS ET ACCIDENTS DE LA TAILLE HYPOGASTRIQUE
On rencontre certaines difficultés dans la taille hypogastrique qui tiennent à une disposition spéciale du péritoine et à la rétraction extrême de la vessie.
Le péritome, en effet, peut rester «baissé au-devant de la paroi vésicale antérieure, malgré la distension de la vessie (Pitha) ou ne s'élever que très peu au-dessus de la symphyse chez les sujets porteurs de hernies doubles (Féré). De nombreuses adhérences consécutives à une péritonite peuvent également retenir le péritoine en avant de la vessie. Ces conditions défavorables prédisposant à la lésion du péritoine, doivent être toujours présentes à l'esprit du chirurgien qui peut par sa prudence éviter des complications très graves.
La rétraction de la vessie rend plus difficile l'opération de la taille hypogastrique. Auparavant c'était un inconvénient très important, mais aujourd’hui il est beaucoup moins grand grâce au ballonnement avec lequel on peut soulever la vessie.
Dans quelques cas, la pierre est si grosse que l'extraction en est rendue difficile. Si pareil cas se présentait, on devrait se féliciter d’avoir opté pour la taille hypogastrique. Il en serait de même si le calcul était enchatonné ou enkysté.
Quelques jours après lopération terminée, certains acci- ‘ dents peuvent se produire. Nous citerons en première ligne la péritonite. Elle est rare cependant grâce aux procédés -antiseptiques. L’inflammation peut se localiser autour de la vessie ou bien se généraliser, c’est ce qui arrive lorsque le péritoine a été intéressé assez largement pour qu’une anse intestinale puisse s'échapper au dehors. Thornhill, opérant
: — 90 un enfant de 13 ans, vit les intestins sortir par la plaie, avant que la pierre ne fut extraite. Le malade succomba le troisième jour à la suite d’une péritonite généralisée. Cet accident,
nous l'avons dit, est relativement rare.
L’infiliration d'urine qui amène un phlegmon septique du üssu cellulaire périvésical est la. complication la plus redountable. Cependant cette infiltration est facilement évitée par le double tube siphon de Périer. S’il y a menace d’un phlegmon, on a recours aux antiphlogistiques ; le phlegmon est-il formé, on essayera de limiter la mortification des tissus au moyen de nombreuses incisions, qui malheureusement ne pourront être portées dans les parties profondes, et la mort sera la terminaison la plus ordinaire.
L’hémorrhagie est plas fréquente dans les tailles périnéales; cependant elle se présente quelquefois dans la taille hypogastrique. Généralement, elle est peu considérable et n’a d’autre inconvénient que la formation de caillots qu’il n’est pas nécessaire d’extraire.
Signalons un dernier accident, c’est la cicatrisation tardive de la plaie. Pour l’éviter, il faut avoir soin d’examiner si la sonde placée dans l’urèthre ne s’obstrue pas et d’activer le développement des bourgeons charnus par des lotions avec des liquides excitants ou bien par des cautérisations au nitrate d'argent. |
DE LA LITHOTRITIE PÉRINÉALE.
Comme avantages de cette opération, Dolbeau, qui a créé ou du moins qui passe pour avoir créé la lithotritie périnéale, insistait sur la petitesse de l’incision des téguments et sur la suppression des hémorrhagies, grâce à la dilatation méthodique et à la conversion du trajet vésico-tégumentaire en un
canal cylindrique offrant le calibre du doigt, calibre suffisant pour l'introduction des instruments et la sortie des fragments. (De la lithotritie périnéale, ou nouvelle manière d’opérer les calculeux. — Dolbeau.)
En 1870, la Société de chirurgie discuta longuement sur cette opération. Elle établit que ce n’était pas à Dolbeau, mais à Bresciani di Borsa, à Allarton et à Bouisson qu’appartenait l’idée même de la lithotritie périnéale. Elle montra en outre que cette opération offrait plusieurs des inconvénients de la taille et quelques-uns de ceux de la lithotritie.
N’expose-t-elle pas, en effet, à une hémorrhagie, à la rétention ou à l’incontinence d'urine, à une fistule urinaire, à une gangrène des bords de la plaie, etc..….?
N'y a-t-il pas aussi de sérieux inconvénients à faire pénétrer les instruments un très grand nombre de fois de suite dans la prostate ?
Cette méthode opératoire a rendu toutefois de nombreux services entre les mains du savant professeur Bouisson, mais hâtons-nous de dire qu’elle n’a presque jamais été appliquée aux enfants.