‹ Quelques Considérations sur le Calcul Vésical chez les Enfants et sur son Traitement par la Lithotrite et la Taille: Étude ComparativeChapitre 8 sur 25 · SYMPTÔMES · texte numérisé non relu

SYMPTÔMES

Les symptômes du calcul vésical chezles enfants sont, à peu de chose près, les mêmes que chez l'adulte. Nous n'insisterons donc pas sur les symptômes communs, mais nous nous étendrons davantage sur ceux qui sont spéciaux à l’enfance.

Au début, les symptômes sont souvent méconnus. Si l’adulte comprend qu'il se passe quelque chose d’anormal du côté de son appareil génito-urinaire, il peut donner au chirurgien des renseignements précieux, des indications de la plus haute importance. Mais il n’en est pas de même chez l'enfant, qui souvent ne s’aperçoit de rien et ne dit rien. Ilse contente de pisser au lit, symptôme que les parents rattachent à toute autre cause que la véritable ; le plus souvent, ils croient à une mauvaise habitude qui passera avec l’âge.

Plus tard, il arrive une douleur vive dans la miction et des désordres généraux, tels que faiblesse générale, fièvre, etc. Des efforts sont nécessaires pour la défécation, et l’enfant peut avoir un prolapsus du rectum. Le méat urinaire devient le siège/d’un prurit intense qui porte instinctivementle malade à se gratter le gland età se tirer sans cesse le prépuce. Peu à peu ces attouchements amènent des érections et par suite la

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ee mauvaise habitude de la masturbation. L'enfant n’est pas encore très malade et joue avec ses camarades.

Alors surviennent des symptômes plus graves. Nous ne dirons rien de l’hématurie plus commune chez l’homme que chez l’enfant, mais nous insisterons davantage sur l’incontinence d'urine. Le jeune malade ne se contente plus d’uriner à toutes les heures de la nuit, il urine aussi à toutes les heures du jour. La cause de cette incontinence d’urine est due à une irritabilité des parois de la vessie et à une hyperesthésie du col.

D'autres fois, l’incontinence fait place à la rétention d'urine. Le col,sans cesse irrité, se contracte énergiquement et s’oppose à la sortie de l’urine. Le cathétérisme est évidemment tout indiqué lorsqu'on se trouve en présence d’un pareil symptôme.

Un autre symptôme, qui sans contredit est l’un des plus importants, est l'arrêt brusque de la miction. Chez les enfants, en effet, le col et le bas-fond de la vessie se trouvant sur le même plan, on conçoit que le calcul peut venir facilement obstruer l’orifice de sortie, et par suite interrompre brusquement le jet de l'urine.

En outre, tous les mouvements violents font souffrir les calculeux. Aussi, les exercices de gymnastique, l’escrime, l'équitation. une simple promenade en voiture, occasionnentils souvent des douleurs insupportables.

Nous n’oublierons pas, en terminant ce paragraphe, de dire que les calculs entraînent quelquefois chez les enfants des désordres graves, tels que l’altération de l’urine qui renferme des cellules épithéliales, la sécrétion purulente et les douleurs lombaires produites par une inflammation, non seulement de la vessie, mais encore du bassinet.

DIAGNOSLIC.

Les symptômes que nous venons d’exposer étant une fois constatés, on doit supposer la présence d’un calcul. Pour en avoir la certitude, on devra pratiquer le cathétérisme, et cela avec une sonde métallique. La sonde que nous conseillons sera une sonde ayant une tige d’un faible volume et un bec volumineux court et courbé. Un bec volumineux est préférable, car il blessera beaucoup moins la muqueuse vésicale qu’un bec mince et effilé.

Il ne faut pas croire que l'examen de la vessie soit exempt de difficultés. De nombreux cas sont relatés dans la science qui nous représentent d’éminents chirurgiens ayantméconnu l'existence d’une pierre, ou bien, au contraire, croyant à la présence d’une pierre alors qu’il n’y en avait pas. M. Paget, de Leicester, a eu la franchise de publier un cas de ce genre. Holmes cite également un cas semblable qui lui est personnel.

Pour pratiquer le cathétérisme, comme les enfants sont généralement très indociles, on endormira le petit malade

par le chloroforme. On le placera dans la position ordinaire, :

les jambes fléchies sur les cuisses, les cuisses sur le bassin, dans le seul but de relâcher les muscles. La sonde doit être introduite sans hésitation et sans violences, et dirigée vers le bas-fond de la vessie. S'il y a une pierre, c’est en général dans cette région qu’elle se trouve; si cette première exploration ne donne rien, on devra retourner la sonde dans tous les sens et explorer tous les points. S’il existe encore un doute après ces épreuves, l’on ne doit pas hésiter à pratiquer le toucher rectal avec l’index gauche. Cette combinaison du cathété-

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