‹ Quelques considérations sur le cancroide des cicatricesChapitre 7 sur 12 · TROISIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

TROISIÈME OBSERVATION

M. le docteur Berlet publia en 1858 dans Y Union médicale (p. 191) une série d’observations de cancroïde , dans le but de prouver la curabilité de cette affection par l’intervention chirurgicale ; nous en extrayons la suivante :

Le nommé Boutoule, âgé de soixante ans, demeurant à la Germinerie, porte sur le front une tumeur d’aspect verruqueux du volume d une noix , un peu aplatie et ulcérée. Celte tumeur, qui est irritée depuis longtemps par toutes sortes de drogues, siège sur une ancienne cicatrice, suite de brûlure. Pas d’engorgement ganglionnaire. Elle me paraît adhérer au péricrâne. Je la traite par le chlorure de brome, qui semble en avoir raison : elle se cicatrisa. Mais six mois plus tard, la tumeur a reparu et s’est ulcérée de nouveau. Elle me paraît alors plus mobile et adhérer moins au périoste frontal. Je me décide à l’enlever. Je procède à son ablation dans les premiers jours de mai 1856. La guérison a eu'lieu dans 1 espace d’un mois environ. Depuis lors, Boutoule jouit d’une bonne santé et son mal ne semble pas devoir reparaître. L analyse microscopique fut faite, et la nature cancroïdale de l’affection fut constatée.

Réflexions. Cette observation, bien que très-succincte, est intéressante. C’est un exemple de cancroïde papillaire , développé sur une

ancienne brûlure. Quand la première application caustique a été faite, l’infiltration de la peau voisine était probablement produite; ou bien, ce qui est plus probable, la cautérisation n’avait pas détruit tout le mal. Après l’ablation par l’instrument tranchant, le mal n’a pas reparu.

La cause occasionnelle a été 1 application longtemps continuée de substances irritantes. Ce fait est important, car on le retrouve dans presque toutes les observations.

Enfin, cette tumeur n’a jamais donné lieu à l’engorgement ganglionnaire.

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