QUATRIÈME OBSERVATION
Nous trouvons dans la Gazette des hôpitaux de 1854 (p. 402) la relation d’une amputation de l’avant-bras faite par Velpeau pour un cancroïde récidivé. Voici en peu de mots l’histoire du malade : l’affection débuta sur une cicatrice de brûlure, qui siégeait sur le dos de la main. Ce n’était pas. à proprement parler, une tumeur, mais une ulcération assez étendue, qui détruisit en deux ans- toute la cicatrice. Amputé une première fois au lieu d’élection, il sortit guéri de l’hôpital de la Charité. Au bout d’un assez long temps la cicatrice du moignon fut envahie par une ulcération semblable à celle qui avait jadis détruit la cicatrice de brûlure, et nécessita l’amputation du bras.
Nulle part il n’est parlé des ganglions: il est probable que s’ils eussent été malades, on aurait signalé le fait et relaté le traitement. Le malade sortit de la Charité guéri à la suite de sa deuxième opération.
Ici encore les renseignements précis manquent. La durée de la maladie est indiquée en termes trop vagues pour qu’il soit permis d’en tirer aucune conclusion; mais ce qui rend cette observation intéres- • santé c’est la forme qu’affecte ce cancroïde, forme ulcéreuse que nous retrouvons dans les obs. 1, 5, 6 et 7.
Disons en outre que cette tumeur siège sur le dos de la main , par-
lie irès-exposée aux frottements et irritations de toute espèce. Il existe d’ailleurs dans la science un certain nombre d’observations qui tendraient à prouver que le dos de la main est fréquemment le siège de dégénérescences cancéreuses et de tumeurs diverses1 ; et malgré le silence du narrateur de cette observation, nous n’hésitons pas à assigner comme cause occasionnelle à cette affection les frottements répétés qu’a dû subir la cicatrice de brûlure. La récidive, dans le moignon, s’expliquerait assez bien, dans le cas particulier, par ce fait que l’infiltration épithéliale avait probablement déjà gagné la peau de la partie inférieure de l’avant-bras. Nous ne pouvons et ne voulons rien affirmer à ce sujet.