OBSERVATION V
(résumée) (2)
Apollonie B., née le 16 février 1854, entre le 21 juillet 1879 à l'Hôpital Général (clinique des vieillards, service de M. le professeur agrégé Hamelin).
Son père est mort à l’âge de 60 ans d’une attaque d'apoplexie, qui n'avait d’ailleurs entrainé aucune paralysie. Il était
(1) Cette autopsie devant être publiée in extenso, par MM. Hamelin et Sarda, nous n’en donnons que les points ayant trait à notre sujet.
(2) Noucarène. — Contribution à l'étude clinique du cancer latent de l’estomac. Th. de Montpellier, 1882.
OS tombé dans le feu au moment de cette attaque, et les brûlures qui en furent la conséquence entrainèrent la mort 4 mois après. Sa mère, rhumatisante, est morte à 58 ans hydropique. Son frère et une de ses sœurs son morts phthisiques; ses deux autres sœurs sont mortes très jeunes de maladies inconnues.
Elle-même, d’un tempérament nerveux, a présenté pendant sa jeunesse une santé délicate et souffrait de fréquentes céphalalgies. À 26 ans, elle garda le lit pour une pleuro-pneumonie. Depuis, sa santé est restée ébranlée. Réglée à 13 ans, elle a toujours eu des menstrues régulières jusqu'à 35 ans, époque où survint la ménopause (à la suite d'une grossesse). À partir de ce moment B. prit un embonpoint considérable. À 65 ans,
elle se fit admettre à l'Hôpital Général.
Depuis son entrée, sa santé relativement bonne à été trou-
blée à plusieurs reprises par quelques douleurs rhumatismales musculaires.
En janvier 1882, les forces déclinent, une anémie notable se déclare. B. maigrit, ses téguments sont pâles, couleur de cire ; l’appétitse perd. Pas de diarrhée, constipation fréquente. On prescrit des toniques (vin de quinquina), des apéritifs (rhubarbe, macération de quassia), qui n’amènent pas d’amélioration.
En février, l’état reste sensiblement le même.
En mars, l'appétit va en diminuant encore. B. a de la diarrhée, elle-se plaint d'insomnie. Digestions pénibles. Léger œdème peri-malléolaire, plus marqué le soir et s’accompagnant d'un peu de bouffissure de la face. Pas d’albumine dans les urines. L'examen du cœur n'indique pas d’hypertrophie, mais des battements énergiques. Bruit de souffle au 1% temps et à la pointe. |
Le 21, en présence de l’éréthisme cardiaque, accompagné d'irrigularités et d’inégalités, on prescrit une potion avec :
Teinture d’écorces d’oranges ainères.... 18 eram. AÉinture deniers uen. XV gouttes SONDE dODIAMNES. Re cc 0 ETOL RAM LLONREER AE UE NE ...1 00 sran.
Au bout de 3 jours, B. refuse sa potion. Le 24, elle se plaint de douleurs vagues dans tout l'abdomen, de nausées ; langue saburrale. Le ventre n’est pas ballonné; par la percussion et la palpation, on ne découvre aucune trace de tumeur; mais on provoque un peu de douleur dans l’'hypocondre gauche.
I y a longtemps, dit la malade, que cette région est sensible. Pas de fièvre.
Le 25, quelques selles diarrhéiques. Rien de particulier dans les selles au point de vue de la couleur. Les nausées ont disparu, mais toujours douleurs abdominales vagues.
Les jours suivants la malade ne souffre pas, mais elle se plaint de n'avoir pas de forces, d’être brisée. Appétit nul; aucun aliment ne eonvient; répugnance marquée pour la viande. Les digestions ne sont pas douloureuses, mais il y à du pyrosis, des nausées accompagnées de vomissements ou mieux de régurgitations de couleur grisâtre.
Les 8 et 10 avril un peu de diarrhée.
A partir de ce moment, la malade tombe dans un état cachectique complet. Amaigrissement marqué, léger œdème des pieds et de la partie inférieure des jambes. Douleurs vagues, non-seulement dans l’abdomen, mais dans tout le corps.
Les técuments présentent une coloration terreuse. La palpation de l'abdomen indique une certaime résistance sous le doigt au niveau de l’épigastre. Pyrosis, nausées rares, pas de vomissements. La malade ne se nourrit presque pas.
Le 13, B... est dans un état d’affaissement physique et moral considérable ; les yeux sont excavés, les pomettes saillantes. Un peu de diarrhée. Elle prend à peme quelques cuillerées de bouillon.
14 et 15, même état, la malade gâte.
16. État agonique. complet. B... succombe vers 11 heures du matin.
AUTOPSIE LE 17. Rien du côté de l’encéphale.
Cage thoracique. — Légère congestion pulmonaire hypostatique des deux côtés.
+ Au sommet du poumon droit, quelques granulations tuberculeuses.
Le cœur est diminué de volume, son poids est de 170 grammes ; tous les orifices sont sains et suffisants.
Cavilé abdominale. — Dans le voismage du pylore, les tuniques de l’estomac sont épaissies, mais la muqueuse parait saine. Au niveau même du pylore, il existe une infiltration cancéreuse; l’orifice pylorique parait légèrement rétréci. Toute la première portion du duodénum est entièrement infiltrée par la production cancéreuse, où mieux toutes les tuniques paraissent remplacées par un tissu dur, criant sous le scalpel, à la coupe duquel il ne s’écoule presque aucun suc. A 1 centimètre environ de l’orifice pylorique, l'épaisseur du duodénum atteint presque 1 centimètre. Il en résulte un rétrécissement considérable de cette portion de l'intestin qui ne laisse plus guère pénétrér qu'un porte-plume ordinaire. L'examen microscopique du néophasme démontre qu'on à affaire à une production squirrheuse.
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