CHAPITRE TROISIÈME
Observation l!
Fracture du bassin.
Fracture de l’os iliaque gauche. Contracture consécutive des muscles psoas, iliaque et de la région postérieure de la cuisse, rédigée sur les notes de M. Villiès.
M. Roederer, fils de M. le comte de Roederer, riche propriètaire de Normandie, officier élève à l'Ecole de cavalerie, 21 ans, constitution moyenne, tempérament nerveux, sans antécédents pathologiques, tombe avec son cheval, le 22 juillet 1879, en sautant une haie. Le côté gauche du tronc porte sur le solet le membre inférieur du même côté reste engagé sous le cheval.
Le blessé ne peut se relever lui-même. Une fois debout, il ne peut poser le pied gauche sur le sol sans éprouver une douleur vive à la hanche. Ilest immédiatement conduit à l'hôpital sur un brancard. Er |
Une heure après, je le trouvai étendu sur son lit dans le décubitus dorsal, je tronc élevé, le genou à demi fléchi, accusant une douleur sourde à la hanche. Les mouvements spontanés
du membre inférieur sont possibles, mais limités et très péni-
Eos bles ; ceux communiqués augmentent peu la souffrance et ont -conservé toute leur étendue. Le fémur et l'articulation coxofémorale sont intacts. 11 n’y à ni gêne, ni tuméfaction dans la cavité abdominale.
Les évacuations urinaire et fécale ne présentent aucun trouble, Le bassin n'offre aucune déformation. En présence de tous ces signes négatifs, je pensai d’abord n'avoir à faire qu'à une violente contusion. Une exploraliou plus attentive me montra qu'il n’en était pas ainsi. En effet, en comprimant les deux côtés latéraux du bassin avec les deux mains, je déterminai à gauche une légère mobilité et un bruit sourd de crépitation, et en parcourant la crête iliaque avec les doigts je sentis à l’union des 3/5 antérieurs avec les 2/5 postérieurs, une légère échancrure à bords mobiles, mais sans déplacement. Là fracture était incontestable. Mais comme l'exploration était douloureuse et le malade fatigué, et que tout paraissait en bonne situation, je ne voulus pas la pousser plus loin.
Un Jarge bandage de corps doublé, garni d’ouate et modérérément serré, est placé autour du bassin, le buste est maintenu élevé et la cuisse un peu fléchie au moyen d’un fort coussin posé sous le jarret, afin de mettre dans le relâchement les muscles s’insérant au bassin.
-Le blessé au repos souffre peu, malgré un gonflement assez considérable survenu dans la hanche. Mais les nuits sont mauvaises et le moindre mouvement provoque des ;douleurs vives qui quelquefois sont le point de départ d’accès nerveux. hystériformes que l’on combat par le chloral, puis par le bromure
de potassium,
30 juillet. — Les douleurs sont moins vives et le gonflement
à peu près disparu est remplacé par une ecchymose. La mobi-
00 en lité n'existe plus et on ne sent pas de crépitation sous l’action d’une pression modérée. En parcourant la crête iliaque, on sent une légère saillie en haut et en dehors du fragment postérieur. De ce point part une fissure se dirigeant en bas et en arrière et que l’on peut suivre dans une étendue de 6 ou 8 centimètres, à travers les muscles et les autres tissus dégonflés, à l'aide des indications fournies par la douleur et aussi par le petit relief appréciable au toucher, que forme sa lèvre postérieure. Evidemment cette fissure se prolonge jusqu’à la grande échancrure sciatique. Le bandage du corps est toujours employé.
10 août. — Le malade commence à pouvoir soulever son membre sans douleur. Le 20, ilest mis dans un bain. Le 23, il quitte son lit pendant quelques instants, soutenu par des béquilles et sans appuyer le pied gauche sur le sol. Le 28, il marche en se servant des deux jambes et le 31, il fait quelques pas en s’aidant seulement d’une canne.
Tout paraissait aller au mieux, lorsque, le 4 septembre, en se couchant, le blessé Se heurte le genou gauche au bord du lit en fer. Il en résulte un mouvement brusque et étendu d’abduction de la cuisse, et par suite une douleur intense au siège de la fracture.
Le lendemain. la douleur est calmée en grande partie, mais
en explorant la crête iliaque, je m'aperçois que la saillie posté-
rieure a augmenté en haut et aussi dans le sens de l'épaisseur.
de l'os. Gela est dû à l’abaissement du fragment antérieur qui a subi un mouvement de bascule par suite duquel sa partie supérieure s'est rapprochée de l’axe du corps.
Après plusieurs jours de repos absolu, le blessé recommence
à se lever, mais la marche, bien que très modérée (quel- pes
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