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- Fracture de la portion inférieure droite du bassin. Guérison complète, par MM. Guermonprez el Cocheril.
RAT NOR pe PRNEE
rate novembre 1891, le monteur en fer, Louis D.., âgé de 39 2 ans, reçoit sur le dos un engin quile projette du haut d'un
—E— échafaudage sur le sol. Il tombe ainsi d’une hauteur de huit à neuf mètres. Il est incapable de se relever.
M. le Dr Fichaux (de Tourcoing) constate immédiatement une immense ecchymose de tout le pourtour de la hanche droite ; cette ecchymose se prolonge sur la paroi correspondante de l'abdomen dans le scrotum et sur le périnée et surtout dans les deux régions inguinales. Le diagnostic est d’abord : grave contusion de la hanche droite.
Pendant les semaines suivantes, la tuméfaction persiste, toujours importante, il en est de même de l'impuissance du membre, qui demeure absolue; une lésion du bassin est alors soup-
nnée sans être précisée.
Enfin, après une immobilité observée dans une attitude horizontale pendant sept semaines le blessé commence à se servir de deux béquilles, le {+ janvier 1892.
Sa marche fait de rapides progrès ; et le 28 janvier, il parvient à se soutenir sans le secours de ses béquilles ; il se contente de deux cannes.
Le 10 février. — Il arrive à marcher presque correctement, sans autre soulien qu'une seule canne : c'est alors que nous J’examinons pour la première fois. |
Le raccourcissement du membre paraît peuimporlant; mais ce raccourcissement porte sur tout le membre inférieur, jusque et y compris le bassin. Le pli fessier est descendu; la fesse semble élargie et aplatie, parce que la saillie du grand fessier s'étend depuis ses inserlions internes jusque sur le grand trochanter sans être séparée de celui-ci par le méplat trochantérien qui existe normalement. Les muscles fessiers sont nota-
blement et manifestement atrophiés.
Quand on examine les contours du corps, à partir de la cein-
LS RS ture jusqu'au genou, on est frappé de reconnaître que le trochanter droit ne fait plus aucune saillie ; il e&t même un peu plus enfoncé que la crête iliaque correspondante.”
La même altération de formes se reconnaît par l'inspection de la face antérieure du corps ; on y voit en outre que le pli inguinal droit est plus accentué et aussi plus horizontal que son congénère. 4 *
Pendant toutes ces explorations, si lon maintient au même
niveau les limites supérieures des os iliaques (crête iliaque ou
lépine iliaque antérieure el supérieure) on persiste à trouver
‘toujours la même déviation du trone, dont l'axe suit une ligne
courbe, consave pour le côté gauche, convexe pour le côté droit. ie FN =
L'atlitüde cn pied si celle d’ une minime rotation en dehors,
Ce n’est pas sans un certain étonnement que l’on constate
(déjà 3 mois après l'accident), l'intégrité sincère de tous les
C’est donc le bassin qui seul a dù être mis en cause par le trau- + matisme du {2 novembre 1891.
| DR crête iliaque et le bord antérieur de los ne présentent aucune altération &e forme, aucun point sensible à la pression. Mais Ja tubérosilé de V ischion est refoulée de bas en haut dans une étendue de quatre centimètres environ. A
5 a est is de l apprécier en examinant le blessé dans Fe
cvs on en Pgant le blessé à cheval sur une chaise, en renant
mouvements de l'articulation coxo-fémorale du côté blessé,
de O0 coup d'œil suffit à faire juger du contraste, une règle horizontalement placée permet d’en mesurer l'importance.
Le membre inférieur droit est atrophié dans sa totalité, mais plus spécialement dans son segment le plus supérieur, là où sont groupés les muscles qui s’insérent sur l'os iliaque.
Cet homme marche sans difficulté avec une légère boîterie qui ne diminue pas la souplesse de,ses mouvernenis ; il monte et descend un escalier sans effort, mais il est incapable de courir,
La miction et la défécation n’ont jamais été entravées,.
Réflexion. — La fracture avec enfoncement d’une portion de la moitié droite du bassin est établie sur deux symptômes principaux : le réglement de lischion, d’une part, l’enfoncement du qrard trochanier d’autre part.
Il est très remarquable que ce blessé ait subi un aussi grave traumatisme sans avoir eu de complications ni du côté des voies digesiives ni du côté des voies urimaires. Ilest encore plus étonnant peut-être que toute la portion squelettique qui supporte la cavité cotyloïde ait pu être
reportée dans son ensemble vers l’axe du corps sans
compromettre davantage l'intégrité fontionnelle de cette
importante articulation. Eafin, l’heureuse issue du traumatisme est la meilléure justification de la thérapeutique é !
adoptée. <
EE Et
Observation VI (personnelle)
T... Louis, charvetier, 41 ans, rue Chevreul, 31, 16 août 1897. Se trouvait sur son tombereau qui passant sur une brique, a projeté le charretier sous la roue qui lui passa sur les reins.
Transporté à l'hopital de la Charité (aile gauche) M. le professeur Carlier lui fail appliquer un HPReS de corps avec de
Ds ouate. ‘
29 août. — Le blessé sort de l'hopital en se soutenant sur deux béquilles el aidé par quatre hommes ie le ROSIERE jusqu'à son troisième étage.
30 août. — MM. Guermonprez, Merleau et moi, constatons au domucile du blessé une fracture en voie de onsnhiddhon de l'os 5 iliaque du côté gauche. Le blessé se retourne (rès péniblement “dans son its il a beaucoup de peine à fléchir les cuisses, plus de peine encore à faire l'abduction : tous ces mouvements sont très lents; Hs ne sont guère possibles qu ’à la condition d’être ; soutenus par la collaboration de mains élra angères. L’atrophie musculaire La manifeste sur. la fesse et sur toute là cuisse du coté gauche ; le tronc est i incurvé sur le côté gauche. La per- . cussion est die pénible. sur la crête iliaque que sur le Lrochanten $ La palpation comparative permet d’ ÉRprÉGIeR un premier cal vers le milieu de Ja fosse iliaque gauches ; on l’apprécie par le côté fessier et par le côté abdominal ; un chcohd cal immé-
A nous en avant du trou oblurateur, très près del’ischion,
suppression du bandage; repos au lit sans aucun oreiller, purgalifs doux mais fréquents.
31 août, — L'abduction est plus facile. On recommande le repos absolu au lit.
13 septembre. — Vient pour la première fois à la maison de secours, avec deux béquilles; il marche sans difficulté importante. Les mouvements sont désormais réalisables en flexion et, en abduction. La palpation est encore très nette, pour localiser le cal du côté de la fosse iliaque externe el aussi du côté de la fesse. Il souffre beaucoup moins el il commence seulement à réussir à se retourner spontanément dans son lit.
4x octobre. — Il n’y a plus de douleurs dans la cuisse, mais seulement sur le côté de la région lombaire. M. Cayet pralique lui-même la friclion.
114 octobre. — Le blessé arrive aujourd’hui à là maison de secours appuyé que sur un seul bâton. Il dit pouvoir marcher deux heures durant sans trop grande fatigue. A la palpation on localise très bien le cal du côté de la fosse iliaque externe et à la pression le grand trochanter du même côté n’est point douloureux. Le droit antérieur paraît un peu atrophié, le pli fessier est baissé d’un 1/2 centimètre, les muscles fessiers du même côlé sont pareillement atrophiès. Le pli inguinal est moins bombé et moins net ; les muscles de la paroi abdominale sont dans un élat manifeste dé relächement. Il se plaint toujours de douleurs dans la région lombaire et irradiant du côté “externe de la cuisse, le long du fascia lata. M. Cayet pratiqué une friction énergique dans la région lombaire el le long de la
cuisse (côté externe).
Observation VIII
en | (MM. V. Leplat et P. Delort).
LS Fractures multiples du bassin, Déchirure complète de l’urèthre, Présentation de pièces.
Le nommé V..,, Alphonse âgé de neuf ans entre le ? mars
1896 à l'hôpital de la Charité, salle Saint-Jean, 6 (service de È M. le Professeur Duret).
Cet enfant étant monté sur un chariot perdit l'équilibre et Lomba au HpenE de la mise en marche. La roue du véhicule porta sur la partie inférieure du tronc, suivant une ligne obli- que de gauche à droite, passant sur le pubis et entre les deux
| jambes. A :
+ ce moment il eut une uréthrorrhagie ; il fut d’abord sondé
par un médecin de la ville et entra à > Phobies le lendemain de
l'accident. a Eve F ue
. Aujourd’ hui il est pâle, aÉaibli, dans un DÉLRE voisin 1 la
is Il répond à peine aux questions qu’ on lui. adresse et -
: PE pousse des. gémissements au moindre toucher. Le pouls est petit, | la température est. de 37° el la respiration normale. La * - percussion dénote du ympanisme à la région épigastrique jusqu 'à 3 centimètres du pubis'et de larcade de Falioppe età la partie inférieure au Contaire on constate de là matité. L'abdomen ‘est douloureux, la douleur s exaspère à la maindre pression. Le scrotum et 14 verge sont tuméfiés ; ; les bourses et le
; périnée sont d'un bleu noiralre, 1 y a fracture certaine du
Re) bassin : on perçoit nettement la crépitation en imprimant des mouvements aux deux os iliaques. Les deux crètes iliaques sont sur le même plan, mais le malade accuse une douleur vive, localisée au niveau du pubis et à la partie postérieure du bassin, douleur qui s'exaspère à la pression directe et indirecte
sur les jambes étendues.
La colonne vertébrale est indemne; on ne constate ni trouble de la sensibilité ni trouble de la motilité.
L'appareil urinaire est intéressé : l'enfant a eu une uréthrorrhagie après son accident, et depuis. il n’a plus uriné. La vessie est distendue et forme une tumeur saillante au dessus du pubis.
L'intestin ne semble pas avoir été directement intéressé : le malade vomit tout ce qu'il prend ; mais il a rendu des gaz depuis son accident.
On tente d’évacuer la vessie avec une sonde molle introduite dans le canal de l’urèthre avec la plus grande douceur; on retire ainsi, goutte à goutte, environ 500 ersmmes d'urine sanglante.
Application de glace sur l'abdomen. Glace à l'intérieur. 2 centigrammes d’opium. |
Mercredi 3.— L'enfant a très peu dormi. T. M. 36° 8. Son état s'aggrave ; le pouls s'affaiblit encore, les vomissements persistent. On retire 500 grammes d'urine moins rouge que la veille. On laisse la sonde à demeure, elle est fermée par un bouchon qu’on relire de temps à autre pour laisser couler l'urine. |
vntinuation de la glace. Application d'eau blanche sur les bourses.
Bouillon. Lait. Potion au cognac et au malaga.
Le soir, son étai n’a pas changé. T. 37°.
Jeudi 4. — La nuit a été troublée par un délire tranquille.
Ce matin, le pouls est presque imperceptible ; les traits sont