CHAPITRE QUATRIÈME
Traitement.
Ambroise Paré s'exprime ainsi sur le traitement des fractures du bassin : ;
« Gette fracture se connoist commeles autres à scavoir “parlesentiment de douleur pungitive et pulsative et stupeur en la jambe du costé même quand le milieu est enfoncé : elle se connait aussi au sens de la vue et du toucher. Et veut estre habillée selon qu’on verra estre nécessaire. Faut tirer les pièces d’os, si elles sont dn tout séparées, du premier appareil, s’il est possible, faisant incision sil
en est besoin, évitât de couper le chef des muscles ou
quelque vaisseau, principalement le grand et gros nert
qui se distribue entre les muscles de la cuisse et de toute la jambe. Et les es:lats ou fragments qui ne sont entièrement séparez de leur périosde seront rassemblez estréduits
3 Ÿ 2 ‘ w = 4 , * avec les doigis et conséquemment on procédera à la reste
de la curation comme on verra estre nécessaire (1).
Guy de Chauliac traitant le même sujet dit: « L’os de la hanche ue se rompt pas souvent, mais aucunes fois
est fendu et les bouts sont aucunes fois amoindris et
Si Ambroise Paré œuvres complèles ; livre XV, chapitre XVI. Lyon MDCLII, p.340. à
=— 68 — aucunes fois est bouté au ventre et pour ce avient douleur et endormissement de la cuisse et s’ensuit diminution des cuisses et est chose difficile à ramener.
Et en ramenant il convient estendre la cuisse et bouter (pousser) la hanche; et ainsi sera possible la ramener et puis l’emplastrer et lier » (1).
Le traitement des fractures du bassin doit commencer par la réduction. Elle est effectuée spontanément dans le plus grand nombre des cas ; mais il peut y avoir des irrégularités de réduction, que la friction méthodique du massage permet d’apprécier. Il peut exister une réduction incomplète, que le massage fait également connaître et qu'il parvient à faire disparaître, soit par son seul effort de coaptation, soit au moyen d’une sorte de combinaison avec une série de mouvements communiqués.
Lorsque la réduction est obtenue, il n’y a guère à se préoccuper de la maintenir par des appareils de contention. Tous paraissent être illusoires, tous, même « le simple bandage de corps appliqué étroitement autour du bassin avec une couche épaisse d’ouate mise directement sur la peau. » Nous avons vu ce procédé devenir immédiatement embarrassant pour le blessé et pour son entourage. Il entrave l’acte de la défécation et même celui de la miction. L’ouate se tasse et 1l n’y a bientôt plus de compression. Le bandage devient flottant, et tout le prétendu appareil de contention devient un embarras, dont on dé-
pouille le blessé plus ou moins ouvertement.
1. Guy de Chauliac; édition de maistre Jean Canappe. Lyon MDXXXWVIIL, cinquiesme trailé ; première ductrine ; septiesme chapitre ; p. 282. : È
Il ny à pas lieu d'appliquer d'appareil, ni de bandage de contention dans les cas habituels.
Lorsque le chirurgien aura pratiqué la réduction sur la table, il agira prudemment en vérifiant que la réduction est encore me&intenue après le transfert du blessé dans son
- lit, parce que l’acte même de ce transfert (quand il est fait par des personnes inexpérimentées), suffit pour reproduire le déplacement prim'tif, ou bien pour lui.en substi-
tuer un autre.
C’est donc sur le lit même, qu'il y a lieu de vérifier, et
au besoin, de renouveler la réduction:
La contention se fait d'elle-même, parce que le blessé se garde bien de faire le moindre mouvément du tronc ou des membres inférieurs. Il ne tolère même pas que son
entourage modifie son attitude permanente dans le décu-
bitus dorsal, ni pour lui passer le bassin, ni pour le chan-
ger de linge. Cette immobilisation, déterminée par la crainte de la douleur, n’est troublée par ausune action musculaire dans les cas de fractures du type commun.
La durée de la contention n’a-d’ailleurs pas besoin d’être prolongée. Les surfaces de section des os iliaques et du. sacrum comprennent peu de tissu compact et beaucoup de issu spongieux, tout comme les épiphyses des os longs. De même que le font ceux-ci, ils subviennent en peu de jours à la formation d’un cal, qui n’a pas besoin d’être d’une grande solidité pour opposer une résistance
suffisante 4 aux menaces de déplacements secondaires. On
sait, ‘aujourd'hui, que quatre jours suffisent pour suppri- a
| mer | toute attelle dans le traitement de la fracture de Le ;
RTE
la malléole péronière.Daas le même ordre d'appréciation, on peut se borner à dix ou quinze jours pour commencer à imprimer quelques mouvements aux membres inférieurs chez un blessé en traitement d’une fracture du bassin, du moins s’il s’agit d’une fracture sans complication.
Le traitement, ainsi commencé, ressemblerait à un délaissement, si on n’y ajoutait du massage et de la mobilisation.
Pour bien pratiquer le massage, il convient de mener la friction simultanément sur les deux côtés : la comparaison fournit, de la sorte, des points de repère pour le diagnostic (dont il est utile de vérifier souvent les détails); elle fournit des éléments précis d'appréciation du processus réparateur.
Le massage peut être renouvelé une ou deux fois chaque jour; il ne doit jamais être douloureux, ni sur la cuisse, ni sur le flanc, ni dans les régions imguinale, périnéale et fessière; il faut toujours le mener lentement, progressivement, habilement et patiemment. ;
Chaque séance doit être suivie de quelques mouvements
communiqués, avec le soin d'éviter toute brusquerie et
d'interrompre doucement dès qu’on PECTQURE une souffrance véritab'e.
Après deux ou trois semaines de ce traitement, on parvient à obtenir que le blessé s’aide lui-même pour se re-
tourner dans son lit, tandis que l'entourage effectue l'effort principal.
Quatre semaines après l'accident, commence à se placer sur son séant. Le geste est incomplet encore ;
- mais il n’est plus pénible si l’on a eu soin de passer be
: Wather, che tion d'un no est: ici mauvaise, car