‹ Quelques Considérations sur le Mécanisme, la Symptomatologie Et Le Traitement Des Fractures Du Bassin En GénéralChapitre 9 sur 26 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

Symptômes.

C’est bien aux fractures du basbin que l’on peut attribuer ces quelques phrases d’Ambroise Paré, au sujet des fractures en général.

« Aucunes fois les os se cavent et bosselent comme e Von voit aux pots d’estain et de cuivre, on voit souvent advenir au crâne par contusion de ceux qui ont les os tendres. Je dy davantage que quelquefois les esquilles . dés os ne bougent de leur place : alors le mal est diffi- . cile a éstre cogneu, parce que rien ne pique, ne recroche contrement ; au toucher tout est égal et uny; la partie garde sa forme entière. Toutes fois on peut prendre coniecture de ce que la partie se deult quand l’on presse dessus et qu’elle ne peut faire son office et qu’elle s’enfle et devient chaude et enflammée ; je dy qu'il a eu cause £ manifeste qui aura précédé comme cheute ou coup orbe (1).

Les symptômes des fractures du bassin sont habituellement très difficiles à discerner. Les blessés sont endoloris; ils sont craintifs ; ils ne mettent pas sur la voie du

1 Quinziesme lite, traictant des fractures des 08. Chapitre 1. Lyon MD G L II, p. 333. Ambroise Paré,

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diagnostic; ils souffrent de toute la région et donnent vaguement des indications de douleurs, qui n’ont qu’une valeur relativement accessoire. L'un n’est soucieux que de son Impuissance à mouvoir ses membres inférieurs ; un autre n’est préoccupé que de l'impossibilité de se retourner dans son lit; un troisième ne regrette que la perte de la faculté de se placer sur son séant; un autre encore s’impatiente de ne pouvoir se lever, ni même se remuer. Ce n’est que tardivement que la localisation de la douleur laisse mettre sur la voie du diagnostic. Il se passe souvent une et même deux semaines, avant que soit diminuée l’hyperesthésie et que soit réalisable une exploration réellement concluante.

A cette époque, ce n’est pas sur un lit qu'ilconvient de laisser le blessé : il s’y enfonce trop; et les secousses involontairement communiquées pendant l’exploration, déroutent l’investigation et ajoutent des douleurs, non seulement inutiles, mais encore plus perturbatrices, par la fatique, qu’elles provoquent et par les contractures qu’elles déterminent et qui masquent partiellement les appré- .ciations fournies d’abord par l’inspection, puis par lé massage et la palpation et enfin par quelques mouvements communiqués avec lenteur. c Le blessé ne saurait être mieux placé que sur une table, ni trop haute, ni trop basse; l'élévation d’une table d’o- pération ordinaire est toujours la plus favorable. C’est Ja table, qu’il faut pouvoir tourner vers la lumière, en cas de besoin, la table et non le blessé.

Si la table n’est pas matelassée, il y a lieu de placer

un coussin sous le sacrum, ou une double ou quadruple

pes

épaisseur uniforme d’ouate à vêtements. Cela fait, il est indispensable de calmer le blessé, de le rassurer, de le laisser se remettre des douleurs de son déplacement, et d'attendre qu’il soit réeposé, sans anxiété et surtout sans contracture. Les assistants y contribuent au besoin, en soutenant un pied, un creux poplité, ou la tête du blessé.

Dès que la souplesse est obtenue, il faut se hâter de faire une inspection méthodique ; une palpation douce, discrète même ; puis une friction progressivement croissante des régions suspectes ; et il faut enfin communiquer avec précaution et avec dexlérité quelques mouve- . ments de l’articulation coxo-fémorale à droite et à gauche. En cas de nécessité seulement, et après une période de repos, devenueindispensable, le chirurgien lui-même ter-

minera son exploration par une percussion d'importance

circonspecie, soit selon l’axe du membre inférieur du

côté blessé, soit surtout sur le pourtour de la ceinture

pelvienne, dans quelques cas d'avant en arrière, le plus -

souvent de droïte à gauche ou inversement.

Par l’inspection, on reconnaît /’ecchymose toujours tardive. Elle est au périnée, au scrotum, au pourtour de Panus, lorsque la branche descendante du pubis est frac turée. Elle est au pli fessier, puis sur la face postérieure

de la cuisse, et jusqu’au creux poplité, dans quelques

cas de fractures de Piléon ; elle se fait plus rarement vers la région sacro-iliaque.

Par le même moyen, on discerne quelquefois les

régions de tumélaction localisée ; mais ce n’est pas

pendant les premières semaines, qu'il est possible dy.

réussir : c’est seulement à une époque relativement tar-

dive.

serait intolérable de la prolonger.

OR

Ce qu’on discerne le mieux, et d'emblée, par une inspection attentive, c’est l’altération secondaire des muscles, qui s'insèrent sur les portions fracturées du bassin. Sur les indications de M. Guermonprez, nous en avons, plusieurs fois, apprécié personnellement l'importance. I n’y faut cependant pas toujours chercher un symptôme absolu. Mieux vaut procéder par comparaison et se borner à une appréciation de valeur relative. Ce qu’on trouve c’est de la contracture non rigoureuse pendant les premiers jours, tout au plus pendant deux semaines ; c’est de la flaccidité parétique pendant tout le reste de la période de constitution du cal et même pendant tout le temps de la

convalescence.

Pour ce moment de l'exploration, il est indispensable que le blessé soit symétriquement installé ; que les deux membres inférieurs soient situés exectement dans la méme attitude et tous deux au repos, soit dans une flexion incomplète qui doit être exactement la même à droite et à gauche. L’observateur ferabien de se placer dans l’axe

“du corps du blessé et de mesurer du regard les longueurs, lés largeurs et surtout les saillies musculaires dans les régions exactement symétriques de l’un et de l’autre côté

C’est imcontestablement plus facile quand le blessé est.

debout ; mais on parvient à reconnaître les contrastes

- dans la configuration des muscles pendant le décubitus.

dorsal et même pendant le décubitus ventral. Il faut se presser, quand on obtient que le blessé consente à se laisser explorer dans le décubitus ventral, parce que ce

lui est toujours une attitude pénible à conserver ; il lui

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