‹ Quelques considérations sur le myxome lipomateux de la cuisseChapitre 10 sur 18 · L. Clerc · texte numérisé non relu

L. Clerc

Observation VII

Myxome lipomateux de la partie sapé rieure de la cuisse gauche. — Pas d’opéra tion.

Elle est porteur d’une grosse tumeur de la cuisse gauche. Comme hérédité, la mère serait morte à trente-cinq ans d’un néoplasme malin du sein.

Personnellement, la malade a toujours eu une santé robuste; pas de maladies antérieures notables. A eu huit enfants dont sept vivants bien portants, un né avant terme et mort en bas âge. Mari en bonne santé.

Il y a vingt-quatre ans. la malade s’aperçut d’une tumeur du volume d’un petit œuf siégeant à la partie supérieure de la face interne de la cuisse gauche. Cette tumeur, apparue en dehors de toute cause efficiente, était sous-cutanée, mobile, indolore.

Son développement s’est fait lentement, progressivement, jusqu’à atteindre le volume qu’elle possède aujourd’hui. Elle s'étend verticalement et occupe toute la face antéro-interne de la cuisse; elle fait une forte saillie dans l’espace intercrural.

Le développement s’est accéléré pendant ces trois dernières années. Le volume de la tumeur n’est pas modifié par la palpation.

Par sa présence et par son poids, la masse morbide amène de la gêne dans la marche. La malade dit éprouver des sensations de tiraillement et de pesanteur. Mais la tumeur, par elle-même, est indolore. Dans l’été cependant la malade en souffre davantage, sans doute en raison des frottements et de l’interlrigo consécutif à la sécrétion sudorale.

Etat actuel. — A la partie interne de la cuisse gauche est annexée une tumeur arrondie, étendue depuis le pli inguinocrural jusqu’à 5 ou 6 centimètres au-dessus du condyle fémoral. Quand la malade est couchée, cette tumeur étalée occupe tout l’espace intercrural. Si la malade est debout, la tumeur devient pendante, comme pédiculée, ovoïde, et descend plus bas jusque dans le voisinage de la rotule.

La circonférence du membre au niveau du point le plus saillant de la tumeur est de 78 centimètres. Cette tumeur est revêtue par des téguments sains sur lesquels s’étale un lacis veineux assez développé. La peau glisse librement sur elle. D’autre part, le néoplasme est mobile sur les plans profonds, bien que sa base d’implantation soit assez large, assez étalée. 11 ne soulève aucune sangle musculaire, car il n’est pas fixé ou étranglé dans les mouvements d’adduction ou d’abduction de la cuisse.

Sa consistance est assez ferme; on sent, par places, quelques bosselures. Il n’y a pas de fluctuation réelle, pas de points ramollis, pas de battements ni de souffles. On pose le diagnostic de lipome ou de inyxo-lipome.

22 février. — L’ablation de la tumeur est pratiquée sans incident notable.

L’examen montre qu’il s’agit bien d’un énorme lipome.

A la face profonde de la tumeur, on trouve les muscles adducteurs auxquels elle adhère sur une partie de leur étendue. Quelques noyaux graisseux plus ou moins isolables pénètrent les interstices musculaires.

On excise une bandelette cutanée en rapport avec la longueur de la masse. — Quelques points de suture. — Gros drain enveloppé de gaze légèrement iodoformée. — Pansement approprié.

8 mars. — L'état de la malade est bon. Un peu de rétention locale à la partie inférieure de la^plaie. Cicatrisation parfaite en haut. La malade quitte l’Hôtel-dMeu en voie de complète guérison.

D’après les renseignements que nous devons à l’obligeance de M. le Dr Chaboux (de Belley), l’ablation de la tumeur a été suivie d’une guérison absolue. Depuis l’opération, la malade n’éprouve aucune douleur; actuellement sa santé est excellente et elle continue à vaquer sans difficulté à ses occupations. La cicatrice est souple. Il n’y a pas eu de récidive.

Observation IX ( I )

(Service de M. le Dr Gangolphe)

X..., demeurant à Villeurbanne (Rhône), âgé de 65 ans, entre au début du mois de novembre 1895 à l’Hofel-Dieu dans le service de M. le Dr Gangolphe.

Il est porteur d’une tumeur située à la face interne et moyenne de la cuisse gauche, ayant débuté il y a dix ans par un petit noyau indolore. Resté longtemps stationnaire, le néoplasme a

(1) Province médicale , 11 juillet 1896.

Page 1