‹ Quelques considérations sur le myxome lipomateux de la cuisseChapitre 7 sur 18 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Observation I

Virchow ( Traité des tumeurs , p. 417).

Un homme âgé de 68 ans, vigneron, entra en mars 1855 à l’hôpital Julius de Würzbourg, pour une tumeur du volume d’un poing, occupant la cuisse droite; il en ressortit peu de temps après.

La tumeur s’accrût alors très rapidement, s’ouvrit, donna lieu à un écoulement abondant de sang et de sanie, devint plus volumineuse qu’une tète d’adulte et finit par peser, en décembre, à la mort du sujet, 5 à 6 kilos.

La coupe montrait de nombreux lobules allant jusqu’à la grosseur d’un œuf de pigeon, de consistance très molle, de sorte que je crus d’abord avoir affaire à une tumeur des glandes lymphatiques. Quelques lobes étaient entièrement gélatiniformes, transparents, jaunâtres, tremblotants; d’autres avaient l’aspect d’un réseau à mailles, opaque, blanc jaunâtre; beaucoup renfermaient de gros et nombreux vaisseaux de façon à ressembler presque à du tissu caverneux.

L’examen plus approfondi montra que les endroits gélatiniformes consistaient en tissu muqueux, tandis que les points jaunes laissaient voir au contraire une abondante formation de cellules adipeuses.

Observation II

Myxome lipomateux de la cuisse, du poids de 2 kil. 300 grammes (Cougoureux, Gazette méd. chirur. de Toulouse , 1878).

A. X..., de la Salvetat (Tarn-et-Garonne), maréchal-ferrant, âgé de 44 ans, robuste, fortement musclé, vient consulter pour une tumeur de la région postérieure et supérieure de la cuisse droite.

Rien à noter dans ses antécédents héréditaires, diathésiques ou autres.

Pas de traumatisme ni aucune cause appréciable.

Il y a vingt-cinq ans environ, le malade s’aperçut par hasard dans la région indiquée, d’une nodosité, indolore, inappréciable à la vue, de la grosseur d’un marron.

La tumeur qui s’est accrue avec beaucoup de lenteur, n’a jamais été douloureuse, mais aurait augmenté énormément depuis huit mois. C’est la gêne considérable qu’elle occasionne qui porte le malade à vouloir s’en débarrasser.

Aujourd’hui, on constate une tumeur ovoïde qui mesure 36 centimètres dans le sens de la longueur et 34 dans celui de la largeur. Elle fait une saillie énorme à la région de la cuisse droite, remonte un peu sous le muscle grand fessier, et descend un peu au-dessous du tiers inférieur de la cuisse.

La peau est normale et glisse librement sur le néoplasme. Des veines sinueuses sillonnent la surface de la tumeur. Celleci paraît assez mobile transversalement. En certains points sensation de fausse fluctuation. Absence d’engorgement des ganglions inguinaux.

Le malade, effrayé de l’intervention proposée, consulte un confrère qui, trompé par la fluctuation apparente, pense à un kyste et pratique deux ponctions successives sans résultat. Peu après X... vient nous prier de l’opérer dans le plus bref délai.

L’opération est pratiquée avec l’aide de deux confrères : incision de la peau, du tissu cellulaire et de l’aponévrose d’enveloppe; quelques tractus cellulo-fibreux qui rendaient la tumeur légèrement adhérente sont rompus avec les doigts.

Enucléation laborieuse et assez longue, mais sans incident.

La tumeur du poids de 2 kil. 300 grammes semble avoir pris naissance dans l’interstice qui sépare la couche superficielle de la couche profonde des muscles de la région postérieure de la cuisse. Elle avait refoulé en dedans et en haut certains muscles de la région. L’hémorrhagie fut peu considérable : une seule artériole musculaire a dû être liée. Quelques points de suture séparés. Drainage de la cavité qui résulte de l’énorme plaie. Pansement approprié.

La surface lisse de la tumeur, sans lobulation, faisait de prime abord rejeter l’idée d’un lipome et penser à une tumeur maligne. L’absence de douleurs et de commémoratifs, l’extrême lenteur du développement, la parfaite santé du malade firent admettre une tumeur bénigne.

L’examen microscopique a montré qu’il s’agissait d’un myxome lipomateux.

Observation III

Myxome lipomateux de la cuisse

Cognard ( Mémoires et comptes rendus de la Société des sciences médicales de Lyon , 1878).

En mai dernier entre à l’hôpital de la Croix-Rousse, service de M. le Dr Marduel, un homme porteur d’une volumineuse tumeur siégeant à la partie postérieure et supérieure de la cuisse.

Début il y a quatre ans, sous forme d’une petite noisette de consistance ferme, indolente, roulant sous le doigt. Elle a augmenté graduellement, mais aurait pris depuis deux mois un développement plus considérable.

A l’entrée, on constate une tumeur de forme ovoïde, à grand diamètre vertical, occupant la partie postéro-externe de la cuisse et descendant jusqu’à 5 centimètres au-dessus de l’articulation du genou. A ce niveau elle se détache nettement des tissus sous-jacents, tandis qu’elle est moins facile à délimiter à la partie supérieure.

La circonférence de la cuisse au niveau du point le plus saillant est de 68 centimètres. La tumeur mesure 27 à 28 centimètres dans son plus grand axe. La consistance en est ferme, la surface régulière. Toutefois, on sent, par places, des points plus durs que d’autres ce qui donne une sensation de bosselures. Sur la peau rampent de volumineuses veines variqueuses.

Pas de souffrances. Aucune douleur à la pression. C’est seulement à cause de la gène considérable produite par la tumeur que cet homme demande à en être débarrassé.

L’opération est décidée ; elle a été pratiquée sans incident.

La tumeur pèse 3 kilos 500 environ. Sa surface est bosselée, recouverte de plusieurs plans fibro-celluleux peu résistants. On remarque deux masses, l’une inférieure de couleur blanc jaunâtre, de consistance ferme, d’aspect homogène ; de sa surface découle un liquide huileux; l’autre présente des teintes variées, blanchâtre en certains points, jaune et même brunâtre en d’autres.

Par places on voit quelques masses gélatiniformes, semblables d’aspect aux polypes muqueux. Çà et là quelques points calcifiés.

Examen microscopique . — La tumeur est un myxome lipomateux. La teinte foncée par endroits est due à la rupture des petits vaisseaux peu résistants contenus au sein du tissu néoplasique. |

Les suites opératoires sont bonnes. La plaie bourgeonne et se rétrécit peu à peu. L’état général est satisfaisant et tout fait prévoir un heureux résultat.

Observation IV

Myxome lipomateux de la cuisse Chevalier ( Etude sur le myxome , th. de Paris 1891).

Homme de quarante-huit ans. Porteur depuis plusieurs mois d’une tumeur à la partie externe de la cuisse gauche.

Cette tumeur est enlevée par le Dr Heurtaux (de Nantes). Pendant l’opération, on constate qu’elle s’est développée dans l’aponévrose intermusculaire externe.

Les suites de l’opération sontbonnes. Le malade quitte l’hôpi tal en voie de guérison.

Nous n’avons pu avoir de renseignements sur la santé de cet homme depuis sa sortie.

Examen microscopique . — La tumeur est constituée par un tissu contenant de grandes cellules étoilées, à prolongements anastomotiques. Une substance muqueuse assez abondante entoure ces cellules. De plus, dans toute l’étendue des préparations on trouve des cellules adipeuses. Elles se groupent si nombreuses en certains points qu’elles masquent presque le tissu muqueux.

La tumeur ne présente aucune tendance à évoluer vers un état adulte. Par places, lescellulcs se rapprochent, et quelques points semblent avoir une structure voisine de celle du sarcome.

Observation Y

Myxo-lipome de la cuisse droite {in thèse de Chevallier)

Femme de quarante-huit ans.

Début de l’affection il y a cinq ans. On remarque à la racine de la cuisse une grosse tumeur mobile, saillante, non douloureuse. Les ganglions de l’aine ne sont pas engorgés ; l’état général est satisfaisant.

Ablation de la tumeur qui, assez profondément située, s’était développée dans les interstices cellulaires des muscles.

La malade mourut des suites de l’opération. La tumeur qui pesait 5 kilos répondait au point de vue histologique à du lipome myxomateux type Dans certaines parties on se trouve en présence d’un lipome pur; sur d’autres points, au contraire, le tissu muqueux prédomine.

Observation VI

Myxo-lipome de la cuisse droite. — Ablation de la tumeur. — Gangrène foudroyante. — Mort {in thèse de Rafin).

Emilie R..., âgée de quarante-huit ans, entrée à la salle Sainte-Anne, le 8 février 1876.

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