L. Clerc
Début de la maladie il y a cinq ans. Jamais de douleurs ; pas de gêne dans la marche; absence d’engorgement ganglionnaire. Etat général ne laissant rien à désirer.
Depuis deux ans, augmentation notable du volume de la tumeur. La masse néoplasique s’étend depuis le pli de l’aine jusqu’au creux poplité.
Elle est complètement indépendante du fémur, mobile en masse, mais fixée dans les mouvements d’extension forcée. Elle est sous-aponévrotique et complètement fixée par la contraction des muscles.
Peau ayant conservé sa coloration et sa mobilité normales.
Tumeur dure, bosselée, de consistance inégale. En quelques points, elle présente une sensation de fausse fluctuation.
Opération. — Tumeur profondément située, développée dans les interstices cellulaires. Extirpation laborieuse.
Le lendemain gangrène des lambeaux. Le même soir gangrène foudroyante. Mort dans la nuit.
Cette tumeur fut l’objet d’une communication à la Société des sciences médicales de Lyon, en février 1876. Nous en trouvons le compte rendu dans Lyon médical du 14 mai 1876 :
« M. A. Poncet présente un lipome myxomateux du poids de 5 kilos enlevé dans le service de la clinique chirurgicale par M. Valette.»
Suit la description de la tumeur.
M. Poncet insiste sur les caractères histologiques de cette masse néoplasique. 11 rappelle que Virchow rapporte cinq cas semblables.
Dans certaines parties, on se trouve en présence d’un lipome pur; dans d’autres points, au contraire, le tissu muqueux l’emporte. Il est possible qu’au début la tumeur ait été graisseuse et que plus tard la graisse ait été remplacée par du tissu muqueux. Le tissu adipeux et le tissu muqueux sont, du reste, des tissus équivalents, et Ton voit souvent le second subir la transformation graisseuse.