TROP
glions intervertébraux, cela n'exclut pas la cause de névrite que nous avons admise, l’irritation de voisinage.
Toute altération des nerfs peut produire des troubles trophiques cutanés dans la zône innervée par ce nerf, et cette altération peut provenir d’une irritation de voisinage ou d’une compression portant sur le ganglion lui-même ou sur une portion du tronc nerveux en dehors du ganglion et plus ou moins rapprochée de lui.
Tel n’est pas cependant l'avis de l'avis de Lesser, Cet auteur, sur les quatre observations de zona qu'il rapporte, en cite une particulièrement concernant une jeune fille, qui vit apparaître l’éruption au cou, à l'épaule etsur une partie du bras. Elle ressentait en même temps des douleurs dans tout le membre supérieur. L'autopsie révéla des cavernes et des granulations tuberculeuses bilatérales. De plus, les ganglions intervertébraux étaient altérés et vascularisés avac des piquetés hémorrhagiques. Mais pour Lesser ce ne serait plus l’altération des ganglions, le point de départ des lésions trophiques constatées: il les rapporte à une révrite périphérique spontanée du plexus cervico-brachial, parce que le cerveau et la moëlle étaient normaux.
Il est évidemment très rare de voir le zona siéger à la fois des deux côtés : par conséquent le rapporter à une névrite périphérique s'impose, tandis qu’une origine centrale s’expliquerait difficilement. Mais cette névrite elle-même a une cause, car la sponta-
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néité seule donnant naissance à une altération des nerfs périphériques, ne nous semble pas démontrée. Cependant cette cause que nous croyons avoir suffisamment étudiée peut n'être pas durable, soit que, s'il s’agit d'irritation, cette irritation s’amoindrisse, ou que, s’il s’agit d’adhérences, ces adhérences n'aient plus lieu. L'observation III nous à déjà fourni un exemple de névrite cervicobrachiale de courte durée ; s’il y a un zona concomitant, les deux phénomènes peuvent disparaitre en même temps, « sublata causa, tollitur effectus.» C'est ce que nous montre l’observation VIII : le zona disparut en 15 jours et peu après, les douleurs névralgiques. Il en fut de même dans un cas que M. Letulle publia en 89 dans la France médicale (observation IX). Son malade, comme le précédent, atteint de phtisie pulmonaire et laryngée vit survenir une éruption d’herpès zoster quicéda en 15 jours ne précédant la disparition des douleurs névralgiques que de deux semaines également. Chez lui, on pourrait rapporter au froid les phénomènes observés. Cependant la tuberculose était avérée ; les symptômes laryngés étaient de date récente, et par. conséquent le zona pouvait coïncider avec une recrudescence de la phtisie, par suite du refroidissement.
Il nous reste maintenant à passer en revue quelques-unes des théories émises pour expliquer l’appariion du zona dans la tuberculose. Nous ne reviendrons pas sur l’altération des ganglions rachidiens que nous avons vue précédemment ; nisur les lepto-
myclites tuberculeuses de Raymond, car sion pouvait admettre cette théorie pour les névralgies douloureuses. le zona s'expliquerait difficilement par elle, étant donné qu'il est toujours unilatéral et nettement d'origine périphérique.
Avant Barié tous les auteurs admettaient que les troubles nerveux qui nous occupent étaient réflexes ainsi que le zona : l'acte réflexe avait son point de départ dans le poumon devenu plus excitable par la maladie, pour se réfléchir par la moëlle. Alors nous sommes en droit de nous demander pourquoi cette Himitation du zona à un territoire donné s’il a une origine médullaire ? En second lieu, quel réflexe. peut être assez long pour amener des troubles trophiques tels que le zona ? Qui dit, en effet, acte reflexe, comprend un phénomène brusque, sans durée appréciable tandis que le zona a toujours une durée de 1 à 2 septénaires.
Enfin la dernière opinion est celle-ci : L’évolution seule de la tuberculose chronique amène des lésions des nerfs périphériques, et le zona est l’expression de la névrite qui occasionne un trouble de nutrition. Eh bien ! là il s'agit de savoir ce que l’on entend par évolution seule de la tuberculose.
C'est ce que nous avons cherché à établir dans ce travail; car pour nous le zona est un trouble trophique dû à l’altération des nerfs périphériques.