‹ Quelques considérations sur les névrités cervico-brachiales dans la tuberculoseChapitre 18 sur 23 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Anatomie pathologique

Quaique n'ayant pas fait par nous méme de préparations anatano-pathologiques, nous aurions cru ne pas faire de la question une étude complète, si nous avions négligé cette partie importante. D'ailleurs la tâche nous est facilitée par l'accord qui existe sur ce point entre tous les auteurs. Pour eux en effet, les lésions nerveuses que l'on observe dans la phtisie, qu’elles soient généralisées ou localisées, présentent ces trois caractères :

1° Elles sont dues à une altération des nerfs péri- ‘phériques ;

2° Les lésions sont d'autant plus étendues qu’on considère un point plus éloignè du centre ;

3° Ge sont lesaltérationsde la névrite parenchymateuse. S

Nous avons eu incidemment l’occasion ds parler des deux premiers points ; il nous reste à développer le troisième.

Dans toute névrite parenchvmateuse on trouve : segmentation de la myéline en boules ; — mulplication des noyaux des segments interannulaires ; — disparition de la myéline. Ces lésions aboutissent à la paralysie ou à l’atrophie, à l’hypéresthésie ou à

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anesthésie, à des troubles trophiques cutanés. Les névrites des tuberculeux présentent ces synptômes et sont bien de nature parenchymateuse. C'est à M. Gombault que revient l'honneur d'avoir décrit ces formes de névrites sous le nom de névrites segmentaires périaxiles.

M. Brissaud à constaté chez des tuberculeux cachectiques et en particulier sur le nerf sciatique d’un homme de 40 ans, des altérations avancées de nerfs qui avaient pendant la vie été le siège de douleurs névralgiques. Et il a noté des altérations absolument identiques sur des nerfs qui n’avaientprésenté aucune douleur symptomatologique. A côté de ceux-là cependant, existaient des nerfs sains. Mais dans les trois observations de M. Brissaud, il s’agit surtout de cachectiques, d'individus aflaiblis et dont, par ce fait mème tous les organes ont dû subir une dégénérescence plus ou moins complète. Chez les cachectiques. en eflet, on observe l’absence de la myéline tandis que le symptôme douleur accompagnerait seulement l’altération du cylindraxe. Et M. Brissaud n’admet de symptômes nerveux possibles que si la gaine ne contient pas de cylindraxe, en un mot, s’il n’y a pas de dégénerescence wallérienne. Il suffit donc de s’entendre sur ce mot vacuité des gaines.

Pour M. Déjerine, cette absence de réaction douloureuse vient de ce que les altérations sont peu étendues, même sur le eylindraxe.

Nous admettrons que la douleur doit forcément entraîner une altération du cylindraxe. Mais alors

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comment expliquer que certains symptômes nerveux puissent disparaître en quelques jours ? Dans la névrite périaxile, le cylindraxe commence d’abord par s'élargir et si l’inflammation est assez intense pour provoquer la rupture du cylindraxe on a la dégénérescence wallérienne. Or nous savons par la physiologie qu’il peut y avoir régénération possible du nerf par formation de tubes nerveux nouveaux développès par une sorte de bourgeonnement du segment supérieur ; ou bien si le cylindraxe est conservé, il se produit une restauration par formation d'une nouvelle gaine de myéline, qui peut être définitive si la cause productrice de névrite cessait d'agir.

En résumé, la névrite tuberculeuse est une névrite parenchymateuse, avec ou sans altération du cylindraxe. Si ce dernier est altéré, on a constaté une réaction douloureuse. Et si la cause productrice de névrite cesse avant que les lésions propres du nerf soient trop étendues, il peut se produire la régénération wallérienne.

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