‹ Quelques considérations sur les névrités cervico-brachiales dans la tuberculoseChapitre 20 sur 23 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBSERVATION I (personnelle)

La nommée Rosalie B..., 44 ans, infirmière, entre le 5 février 1892, salle Cruveilhier, à la Pitié, dans le service du Docteur Faisans, lit n° 5, pour des douleurs névralgiques dans le bras droit.

Pas d’antécédents héréditaires. Personnellement, elle n’a jamais présenté de phénomènes nerveux. Réglée à 17 ans, régulièrement : elle a eu 4 enfants. Depuis l’âge de 22 ans, elle se plaint de douleurs névralgiques dans la tête, elle tousse depuis 5 ans.

8 Avril : — Actuellement, on trouve aux poumons : À gauche des signes de bronchite dans tout le côté. À droîte: en avant, matité au sommet, de nombreux craquements secs ; — en arrière, matité dans toute la partie supérieure du poumon ; râles disseminés secs et humides, localisés au sommet et plus nombreux après la toux. Diminution des vibrations thoraciques.

Depuis le 15 Janvier 1892 la malade éprouve des douleurs très violentes qui arrivèrent en 2 ou 3 jours à empêcher l'usage du bras droit, et à provoquer l’insomnie.Le point de départ avait été à droite de la colonne vertébrale au niveau de l’angle de l’omoplate, gagnant peu à peu l'épaule, le bras et le pouce, plus que les quatre autres doigts. Les douleurs remontent dans le cou jusqu’à la nuque, mais ne dépas-

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sent pas la ligne médiane ; elles sont continues et produisent parfois des élancements dans tout le membre.

Les mouvements du membre supérieur sont très limités et douloureux ; le pectoral droit est sensible à la pression ainsi que les espaces intercostaux de la région antérieure droite du thorax (2°, 3°, 4° et 5° espaces). Le deltoïde, le biceps et surtout la région supérieure de l’avant-bras présentent une légère atrophie ; les dimensions circulaires du bras droit, du coude et de l’avant-bras ne diffèrent du membre sain que de un demi-centimêtre environ.

La sensibilité semble conservée : peut-être constate-t-on un léger retard dans la perception à droite. La main droite serre beaucoup moins fort que la gauche.

Toutes ces douleurs sont restées rebelles à l’antipyrine.

6 Juin. — Le bras droit est toujours douloureux, mais les mouvements du poignet et du bras semblent un. peu revenus ; l'épaule est toujours aussi douloureuse. Etat d’atrophie stationnaire.

Au poumon gauche la respiration est devenue soufflante au sommet avec des craquenrents après la toux.

Depuis le 10 Mai environ un point douloureux apparut à gauche très violent, un peu en dedans de l’angle de l’omoplate et le long du bord interne de cet os.

20 Juin. — Les douleurs du bras droit sont amoindries, quoique la pression les réveille encore surtout au bras. Le tissu cellulaire semble augmenté de volume : l’ensemble du bras est flasque.

À gauche au contraire, les douleurs ont pris une violente intensité : le frôlement seul de la peau les exaspère. Ces douleurs ont envahi tout le bras et s'arrêtent au coude. Aucun trouble de la sensibilité ni à droite ni à gauche.

OBSERVATION I1 (Inédite) (1) Tuberculose pulmonaire bilatérale. — Névrile au nerf Cubital. — Mort. — Aulopsie.

Le nommé X...., 38 ans, cordonnier, entré le 15 janvier 1891 à Tenon, salle Barth, n° 19.

Ses antécédents héréditaires nous révèlent que son père est mort de pneumonie, sa mère à 38 ans de phtisie aigüe. Il à eu trois enfants dont un est mort en bas âge ? un frère bien portant. È

. Personnellement, il a été à peu près bien portant jusque il y a 10 mois. A cette époque il eut l’influenza qui le força à garder le lit ou la chambre pendant 1 mois. Depuis, il a toujours été mal portant et a eu quelques lègères hémoptysies survenues à différentes reprises. Ses forces ont beaucoup diminué et il remarquait qu’il maigrissait. Son appétit est à peu près disparu, et il entre pour une bronchite datant de 10 jours.

Actuellement, il est très amaigri, il a la voix cassée, et présente chaque soir une élévation de température oscillant entre 38 et 39° ; des sueurs nocturnes très abondantes surtout au niveau de la face et du thorax. Souvent le soir, le malade a des quintes de toux suivies de vomissements. Les digestions sont lentes ; pas de diarrhée ; le ventre est souple. Rien au cœur, rien au foie.

Du côté de l’appareil respiratoire, les symptômes fonctionnels sont de l’oppression au moindre mouvement, surtout

(1) Cette observation a été recueillie à Tenon dans le service du Docteur Faisans par M. Orillard, son interne, qui a eu l’obligeance de nous la communiquer. Aussi nous le prions de vouloir bien accepter ici tous nos remerciements.

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dans la soirée ; toux fréquente par quintes pendant la seconde partie de la nuit. Abondants crachats nummulaires nageant dans l’expectoration aérée et visqueuse de la bronchite.L’examen bactériologique a dénoté la présence de nombreux bacilles.

L'examen de la poitrine donne: En avant: à droite matité sous-claviculaire, respiration rude, presque soufflante. Des craquements secs sous-claviculaires plus abondants après la toux et surtout du côté interne. Râles humides à grosses bulles et souffle quand le malade tousse ou respire fort. — A gauche tonalité un peu basse, respiration affaiblie au sommet. Râles humides sus et sous-claviculaires.

En arrière : à droite, matité dans la fosse sus-épineuse. Sonorité normale ailleurs sauf à la base où il y a peut-être un peu de submatité sans modification des vibrations ; respiration rude au sommet. Quelques ràles humides peu abondants. — A gauche submatité dans la fosse sus-épineuse ; la respiration s'entend partout également bien. Craquements et foyers de ràles humides dans la partie interne de la fosse sus-épineuse. Signes de bronchite aux deux bases.

Le malade se plaint d’une douleur un peu spéciale au niveau de l’avant-bras droit. C’est un endolorissement continu siégeant au niveau de la partie interne de l’avant-bras, s’arrêtant au pli du coude et descendant jusqu’à l'extrémité de l’annulaire, qui est très souvent le siège de fourmillements fort pénibles. A cette sensation presque continue vient s'ajouter par instants soit spontanément, soit à propos d’un mouvement, des élancements douloureux. Au niveau de la paume et du dos de la main le malade ne ressent rien de particulier. Cette région est mal limitée ; la sensibilité y est normale et on n’y constate aucun trouble trophique. Ces phéno-

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mènes sont survenus peu à peu et datent d’après le malade de 2 à 3 mois au plus.

Traitement créosoté et antipyrine.

Le malade après un séjour de 2 mois dans le service alla à Vincennes, guéri de sa poussée de bronchite aigüe, mais conservant à ses deux sommets des signes permettant d’affirmer l’existence de petites cavernes.

Malgré tous les traitements employés les phénomènes douloureux de l’avant-bras avaient persisté.

Le malade reste 3 semaines à Vincennes, puis reprend son métier quelques jours. Mais ses forces diminuent de plus en plus, l'appétit un peu revenu, disparait à nouveau et le malade est reçu à Tenon en Mai 91.

Ace moment les phénomènes douloureux de l’avant bras existaient sous la même forme qu’à son premier séjour. Il avait de la tendance à la diarrhée et un peu d’albumine dans l’urine.

Les lésions pulmonaires ont fait des progrès. A droite en avant de volumineuses cavernes au sommet ; le lobe inférieur est parsemé de petits ràles secs indiquant un semis de granulations. — A gauche en avant toujours peu de choses, tandis qu’en arrière les lésions sont nettement entrées dans la phase de ramollissement.

Le malade se cachectise de plus en plus et meurt le 17 Juin 91.

Aulopsie. — Des cavernes pulmonaires dans les deux sommets avec des granulations disséminées dans toute l'étendue des poumons, qui adhéraient à la plèvre dans toute leur surface.

La nerf cubital n’a pas été examiné.

OBSERVATION III (Leudet. — Résumée)

Phtisie à marche lente. — Diminution marquée de La molilité avec engourdissement dans le membre Supérieur droîil ; un peu d'engourdissement à gauche.

Rose Désirée Dach...…… 51 ans entrée le ‘11 septembre 1863 a l'Hôtel-Dieu de Rouen, salle 2, lit n° 29 ne présente pas d’antécédents hystériques. Elle à depuis 12 ans beaucoup maigri, n’a jamais eu d’hémoptysies, mais beaucoup de sueurs nocturnes. Depuis ce temps-là, elle est toujours sujette à tousser. Il y a 10 ans, elle a èprouvé de l’affaiblissement et de l’engourdissement du membre supérieur droit, l’empêchant de « filer au rouet ». Disparition rapide de ces phénomènes.

La recrudescence de sa maladie date de 7 à 8 mois ; depuis, absence totale des menstrues qui avaient toujours été irrégulières depuis l’âge de 11 ans, époque de leur début. A son entrée Le 11 septembre, on trouve les signes physiques de cavernes étendues au sommet droit en avant et en arrière (matité, respiration amphorique, gargouillement, pectoriloquie). A gauche, signes de tubercules ramollis. Diarrhée intermittente ; pas d’albumine.

Le 9 octobre, engourdissement dans tout le membre supérieur droit : les doigts deviennent blancs ; fourmillements à la main, remontant successivement dans le bras et l'épaule. La malade doit pour manger se servir de son bras gauche. La flexion impossible dans les doigts et le poignet est incomplète dans l’avant-bras sur le bras. Le 11 Octobre, état stationnaire à droite avec un léger engourdissement de l'avant-bras gauche. Aucune douleur. Quelques séances

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d’électrisation à partir du 14 octobre ramenèrent peu à peu la motilité : l’engourdissement avait disparu. Le 5 novembre l'usage du bras était totalement revenu.

OBSERVATION IV (Thèse de Klippel — Résumée) Tuberculose pulmonaire avec prédominance d'emphysé-

me. Parésie et Atrophie du bras droit. Abolilion des

réflexes.

Le nommé Hau.…. Auguste, 45 ans, forgeron, entré le 12 février 1887, salle Grisolle, n° 4 (dans le service de M. le professeur Cornil, suppléé par le D' Chauffard.

Pas d’antécédents héréditaires. — Pas d’alcoolisme. Il y à deux ans qu’il est malade, et sa maladie a débuté par des rhumes successifs et de l’enrouement ; il a eu des douleurs dans la poitrine, et dès lors n’a plus cessé de tousser. Il crachait beaucoup : l’expectoration était composée d’un liquide spumeux mêlé de crachats blanchâtres; il ne pouvait dormir, troublé par des accès de toux et de dyspnée.Quintes fréquentes. La toux était basse et la voix enrouée. Depuis le mois d'août il a un peu maigri, et s’est complètement arrêté de travailler. Jamais d'hémoptysies.

Aujourd'hui il n’est ni visiblement affaibli, ni cachectique, mais il se sent faible et ne pourrait travailler.

La poitrine est globuleuse avec effacement de l’un des creux sus-claviculaires. A la percussion, on note un son tympanique à tonalité élevée. A l’auscultation, la respiration est rude, et on trouve des râles sibilants. L’emphysème est généralisé et couvre en partie les lésions tuberculeuses. Le malade à toujours la voix enrouée.

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