‹ Quelques considérations sur les plaies de poitrineChapitre 10 sur 34 · CO TE · texte numérisé non relu

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aujourd'hui, qu'un léger hémothorax a retenus quelques jours à l’hôpital et qui depuis leur retour au front n’ont plus jamais accusé de troubles respiratoires.

Mais comme le prétend à juste titre M. Foisy, si au début de la guerre, les plaies de poitrine étaient, dans la plupart des cas, produites par la balle, les: blessures par projectiles d'artillerie occupent aujourd'hui la première place et leur importance augmente sans cesse.

Plaies par balle de Schrappnell

Nous voyons aussi ces plaies moins fréquentes que pendant la première année de la guerre, alors que Îles tirs de barrage allemands consistaient surtout en d’infernales rafales de 105-130-150 fusants. Actuellement,'c’est surtout par un déluge de gros percutants, que l'ennemi s'efforce d'empêcher l’arrivée de nos renforts.

Le schrappnell, malgré sa forme arrondie et régulière, présente un degré de gravité supérieur à la balle. Les sétons sont plus rares; souvent, après avoir traversé la poitrine, il vient s'arrêter sous la peau du côté opposé, ou bien, après déviation due à la rencontre d’une côte, à un endroit où seul le hasard le fait découvrir.

Il arrive souvent qu'une côte, la clavicule ou l'omoplate soit fracturée, les esquilles sont entraïnées dans la plèvre ou le tissu pulmonaire qu'elles déchirent, provoquant ainsi de dangereux épanchements

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hémothoraciques attribués à tort au projectile. Ces

fragments osseux, en outre, aggravent le pronostic,

car ils menacent le patient de ces accidents secondaires infectieux toujours possibles, et toujours sérieux. : |

Les sétons ont parfois un orifice de sortie large, béant, donnant naissance à un pneumotherax d’origine dont la forme etles dimensions varient à l'infini: celui-ci est en général peu grave. Dans le cas de rétention intrapulmonaire du projectile, on voit le blessé arriver au poste de secours avec quelques crachats hémoptoïques, dans un état d'anxiété et de gêne respiratoire parfois inquiétants. L’évacuation s'opère cependant sans incident, tout rentre dans l'ordre, car, dès le lendemain, le calme survient et le malade guérit radicalement. La parfaite tolérance du poumon vis-à-vis: du schrapnell enkysté a été surabondamment démontrée. En somme, accidents relativement rares. Signes d'hémo-pneumothorax bénins.

Redouter surtout les déchirures du parenchyme par esquilles osseuses.

Plaies par éclats de grenades, de bombes, boîtes explosives

Ces engins sont fabriqués de telle façon que leur explosion les fragmente en un très grand nombre de petits projectiles de forme moins irrégulière, moins déchiquetée que les éclats d’obus et de torpilles, mais à arêtes toujours fort tranchantes êt, de ce fait, dangereuses. f

Il est exceptionnel de voir des sétons. Ces éclats se fixent dans le poumon et occasionnent de graves dégâts sur leur passage; fracture du squelette thoracique, gros délabrements, déchirure du tissu pulmonaire; les phénomènes hémorragiques sont plus sérieux.

L'hémoptysie reste toujours un symptôme inconstant, mais, alors que dans les cas précédents, elle n'avait qu'une valeur très relative, elle prend ici une importance indéniable. Nous l'avons toujours constatée, quoique à des ISBRÉS d'intensité et de durée variable.

M. Piéry (1) fait une juste distinction entre cette

hémoptysie primitive survenant aussitôt après la

blessure pulmonaire, constituée par du sang rutilant, aéré, spumeux qui cesse après quelques heures, hémoptysie par effraction pulmonaire et l’'hémoptysie secondaire se manifestant au deuxième ou troisième jour caractérisée par quelques crachats hémoptoïques, les crachats du pneumonique. |

MM. Desgouttes et Bressot citent un cas où l’omoplate était très éclatée et les muscles lacérés, et où, malgré une hémoptysie qui dura huit jours, on ne constata jamais aucun symptôme pleuro-pulmonaire. Pour notre part, si nous avons observé souvent des signes d'hémothorax très nets chez des blessés de poitrine par balle ou schrappnell non accompagnés d'hémoptysie, nous n'avons par contre, connu aucun

(1) Syndrome hemo-pleuro-pneumonique. (Presse Médicale, 3 juin 1915.)

exemple de plaies par projectiles d’artillerie(grenades ou obus) qui n'aient été suivies au moins de quelques crachats teintés de sang.

Il faut donc admettre que, dañs cette catégorie, l’hémoptysie devient, non plus un accident, mais un symptôme susceptible de devenir dramatique par sa ténacité et ses proportions,

L’'hémothorax est la règle. C’est le plus souvent un épanchement moyen occupant la moitié de la hauteur du poumon.

Le syndrome hémo- -pneumothoracique se trouve assez fréquemment réalisé, mais la gravité ne doit pas en être exagérée.

L'hémorragie et l’asphyxie emportent rarement le blessé. He

Les symptômes fonctionnels varient nécessairement suivant les dégâts occasionnés. Les cas de dyspnée progressive seuls méritent quelque attention. Il ne faut pas oublier que les petits éclats entraînent faci-

lement avec eux des débris vestimentaires ainsi que :

de petits fragments osseux, deux causes, et parmi les plus fréquentes, de PHPAGERES secondaires -infectieuses.

= Dans cette catégorie on doit donc se méfier principalement :

De la ténacité et de l'abondance de l'hémoptysie : De la fracture du squelette thoracique ; De la pénétration dans la plaie des débris vestimentaires.

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Plaies par éclats d'obus et de torpilles

Ce sont de beaucoup les plus graves. Toujours rugueux, irréguliers, déchiquetés, épais, chargés de débris de toutes sortes, il n’est pas étonnant que ces projectiles causent dans la cavité thoracique des désordres autrement sérieux et étendus que la balle

propre, c'est-à-dire rendue relativement aseptique

par l’échauffement, régulière et lisse. -

On se trouve d'ordinaire en présence de plaies pénétrantes, mettant en grand danger l'existence du blessé. Quoi qu'on en ait dit, la blessure par E. O. est toujours très redoutable.

Les petits éclats se comportent comme ceux des grenades, boîtes à mitraille, etc., bien qu’à notre avis ils soient plus néfastes à cause de leur grande épaisseur et leurs bords plus anfractueux.

Les éclats moyens mettent le médecin aux prises avec des accidents immédiats.

C’est un blessé que l’on amène au P. $. dans un

état de shock extrêmement marqué, très pâle, cou-

vert de sueur, le nez pincé, souvent cyanosé, toujours asphyxiant. Le pouls est précipité, faible ; un filet de sang rutilant coule à la commissure des lèvres. La dyspnée est progressive, le malheureux fait des efforts de plus en plus désespérés pour respirer. Aucun doute, on est en présence d’un gros hémothorax, et d’ailleurs si on pousse plus loin l'examen, celui-ci est pleinement confirmé par les signes physiques : absence de vibrations, matité de bois, pectoriloquie aphone. Les. quintes de toux, déchirantes et

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