‹ Quelques considérations sur les plaies de poitrineChapitre 11 sur 34 · RO RES · texte numérisé non relu

RO RES

pénibles, augmentent encore l'hémorragie. L'examen

de la plaie révèle une ouverture de ‘la largeur d’une pièce de 5 francs avec ou sans fracture de côte, traumatopnée plus ou moins bruyante, mais existant 6 à 7 fois sur 10; il y.a donc presque toujours hémopneumothorax.

Ce blessé peut continuer à saigner dans sa plèvre

et par la bouche, malgré les hémostatiques répétés

et mourir au P. S. ou au cours de son évacuation dans un violent accès de suffocation.

L'anémie peut-elle être cause de la mort du mal- . heureux ? Nous croyons que ce fait est assez rare, à moins que les circonstances ne soient encore aggravées-par l'addition d'un autre facteur, tel que le froid intense, ainsi que nous avons pu le constater pendant les sanglants combats qui se déroulèrent sur les crêtes de l'Hartmannweillerkopf, durant les premiers mois de l’année 1915, où la température variait entre — 15° et — 19°. | . De l’hémoptysie. — Celle-ci peut être la complication la plus importante de ces plaies. Nous avons gardé la mémoire d’un chasseur alpin blessé à ta poitrine sous un tir de barrage au début de la campagne. Il était arrivé au P. $, par ses propres moyens, avec une dyspnée moyenne, se plaignant d'une violente douleur thoracique. La plaie siégeait sous le mamelon droit et saignait peu. Petite matité à la base; pas de signes de pneumothorax, mais en revanche, une hémôptysie tenace, abondante, et qui augmentait sans cesse. Son importance nous causa de suite de sérieuses inquiétudes. Injections d'ergo-

fx es, NS AAA He CRE.

De à

tine, ipéca, etc., rien ne put l'arrêter, et le blessé

mourut deux heures après, en rejetant un flot de sang. Cette hémoptysie était due à la contusion du poumon.

Du pneumothorax. — Nous avons dit: qu'il existait presque toujours, mais celui dont nous voulons parler, et qui constitue un accident précoce grave, ce n'est plus le pneumothorax partiel que l'on voit dans les catégories précédentes; si nous ne nous sommes pas étendu davantage sur ce dernier, c’est qu’il se produit rarement au P. S, dû non à Ja plaie extérieure, mais à la perforation pulmonaire, il est fermé : « par l'oblitération ordinairement immédiate de la fistule pulmonaire. Comme, d'autre part, l'air pulmonaire qui le constitue est en quelque sorte filtré et aseptique, il peut être considéré comme tout à fait bénin » (MM. Thévenot et Dumarest.)

Mais dans le cas de volumineux pneumothorax ouverts qui nous intéresse, l’évolution est très différente, car l'infection par l'air extérieur est presque fatale. Le blessé avec plaie large, béante avec pneumothorax total est voué à l’inévitable empyème total aigu.

Mais il n’y a pas que l'infection à redouter, il existe des formes foudroyantes d’hémo-pneumothorax volumineux, emportant le blessé en quelques heures. Les statistiques sur la fréquence des pneumothorax sont très variables : 25 fois sur 53 cas, d’après M. Piéry, 4 sur 175 fois d'après Tillaux, ? fois sur 38 cas, d’après Dupont et Wendidzy.

La hernie du poumon est un accident toujours

possible, mais surtout dans les plaies avec larges brèches thoraciques.

De l'emphysème sous-cutané. — C’est une complication très exceptionnellement alarmante, mais dont nous connaissons plusieurs observations intéressantes. D'après M. Potherat (1) il peut être localisé, étendu et même généralisé. L'air se résorbe toujours en un temps variable avec l'importance et l'étendue de son épanchement. Cependant M. Duval relate le cas d'un blessé de poitrine qui présentait un emphysème progressif du cou, de la poitrine, de la face avec menaces d'asphyxie. Dans une autre observation, on retrouve un emphysème volumineux diséimulant l’orifice de la plaie.

Fractures de la cage thoracique. — Accident ici extrêmement fréquent. M. Duval rapporte plusieurs cas de graves lésions pulmonaires causées dans le parenchyme. Nous avons vu un blessé atteint d’une large blessure au niveau de la fourchette sternale. Des fragments osseux avaient été projetés dans les deux poumons, et nous apprîimes quelques jours plus tard que le malheureux avait succombé À un pneumothorax bilatéral.

Introduction de débris vestimentaires. — Ceux-ci n'interviennent pas dans la production des accidents que l’on observe pour ainsi dire sur le terrain. Une fois cependant nous eûmes à soigner un blessé, très shocké, crachant du sang, avec des signes manifestes

(1) Sur les plaies de poitrine. {Progrès médical.)

Ha NUE, à 2.2 pipe

ne di: Ce FUN Lt

Page 1