‹ Quelques Considérations sur les Prostatatiques sans ProstateChapitre 15 sur 23 · B. — SECTION DU COL · texte numérisé non relu

B. — SECTION DU COL

La section du col permet d'élargir l'orifice cervical comme la divulsion, mais aussi de drainer le bas-fond vésical. On a parfois pratiqué des incisions multiples du col dans le même

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but et avec des résultats identiques. Maïs, comme les lésions ne se développent guère qu’au niveau de la lèvre postérieure, on se contente ordinairement de la sectionner seule. On ne fait plus maintenant la section simple comme on le faisait avec l'appareil de Bottini. On fait une section en V sur la ligne médiane. Ce procédé, appelé trakélotomie postérieure, a été utilisé par Escat, Michon, Carlier, etc. ; il fut employé dans notre observation III.

L'opération est fort simple : on place sur la lèvre postérieure du col deux pinces se rejoignant en V à sommet inférieur et on sectionne ce V, profond de 1 à 2 c/m, aux ciseaux ou au bistouri.

La plaie se cicatrise seule, sans suture ; on peut, si elle a tendance à saigner, la cautériser légèrement au thermocautère.

Les soins post-opératoires n’exigent rien de spécial ; le drainage des urines est assuré par un gros tube hypogastrique pendant huit à dix jours, puis on place une sonde à demeure pour quelques jours seulement. Pendant ce temps on assure, par des iavages, l’asepsie de la vessie, et généralement l’opéré recommence à uriner volontairement dès l’ablation de la sonde.

La section du col a l'avantage de supprimer le bas-fond vésical, car en détruisant l'obstacle constitué par la lèvre postérieure scléreuse et hypertrophiée, il lui permet de s’évacuer. Elle supprime également la contracture du col et les petits adénomes développés dans la surface sectionnée. De plus, elle crée un nouvel orifice cervical très agrandi. Elle est donc, en somme, une opération plus radicale que la simple divulsion. Ses inconvénients sont très peu nombreux : l’hémorragie est minime, le shock nul et les chances d'infection réduites à néant avec des soins post-opératoires bien assurés.

Les résultats immédiats de cette opération sont excellents : la plaie du col, régulière, peu hémorragique, se cicatrise presque toujours sans incident, comme toute plaie opératoire à bords nets. La cicatrisation est rapide ; en 15 ou 20 jours

environ, l'opéré peut se passer de sonde et uriner seul. Les résultats éloignés, autant qu'il nous est permis d’en juger, sont également bons.

La trakélotomie postérieure paraît surtout indiquée en cas de contracture ou d’hyperplasie simple du col et aussi au cas d’adénome inclus dans la surface sectionnée. Escat l’a utilisée contre les rétentions survenant après les prostatectomies typiques pour gros adénomes ; ces rétentions, dues à une bride fibreuse développée au niveau du bord postérieur du col, sont absolument comparables à celles qui nous occupent et sont avantageusement traitées par les mêmes moyens. « Ces cas secondairement opérés, dit Escat, comptent parmi les plus brillants résultats comme puissance, largeur de jet et évacuation complète. »

On peut cependant faire un reproche à la trakélotomie ; elle est parfois une opération incomplète en ce sens qu'elle peut laisser dans les parties restantes du col, un petit adénome ou un foyer de sclérose, qui continuera plus tard à se développer et provoquera de nouveaux accidents. A la vérité, cette récidive doit être exceptionnelle, puisque la lèvre postérieure du col est la plupart du temps seule le siège des lésions ; nous n'avons pas trouvé d'observations signalant cette complication qui a été observée un certain nombre de fois chez les opérés de gros adénomes.

Quoiqu'il en soit, la section du col donne des résultats bons et durables ; les malades voient disparaître rapidement la dysurie et la pollakiurie, et évacuent spontanément leur vessie sans résidu.

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