‹ Quelques Considérations sur les Prostatatiques sans ProstateChapitre 17 sur 23 · OBSERVATION I (D' BRIN · texte numérisé non relu

OBSERVATION I (D' BRIN

Symptômes de prostatisme avec distension vésicale par sclérose du col. — Taille, — Divulsion digilale et instrumentale, — Guérison

M. R.., 62 ans, de Saint-Q..…., entre à la clinique Saint-Louis le 12 février 1911, pour incontinence d'urine.

Malade très grand, maigre (a toujours été maigre), très variqueux , ventre distendu par un globe vésical évident. Depuis plusieurs années, il s’est aperçu que les mictions devenaient de plus en plus fréquentes et parfois difficiles. Depuis quelques mois il perd de temps en temps des urines la nuit, il a même eu de l'incontinence diurne à plusieurs reprises.

Le malade a perdu l'appétit; bouche et langue sèches ; urines claires et non infectées.

Pendant quelques jours on évacue sa vessie très lentement, par étapes, avec une sonde à demeure bouchée et débouchée alternativement. Il y a une polyurie importante, 3.500 à 4.000 grammes.

Examen le 15 février. — Urèthre normal.

Prostate semblant petite et peu limitée au toucher rectal. A l'explorateur coudé on constate un bas-fond marqué. La vessie est atone et lorsqu'on introduit 400 gr. de liquide, celui-ci commence seulement à affleurer l’orifice de la sonde en gomme maintenue verticale.

Les urines, très pâles, contiennent 5 gr. d'urée et 4 gr. de chlorures au litre.

L'urée sanguine et la pression n'ont pas été notées.

Pas de signes de myélite ou de tabes. Pas d’antécédents syphilitiques ni alcooliques.

A partir du 17 février on enlève la sonde, mais le malade n'urine plus spontanément, on le sonde trois fois par jour. Malgré les précautions, les urines s’infectent et le malade a quelques petits frissons.

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Le 25 février, sous rachicocaïnisation, on pratique une taille dans le but de faire une simple cystostomie.

A l'exploration bidigitale on ne trouve pas de prostate, mais un col rigide dans lequel on introduit très difficilement l'index.

Pensant qu'on ne pourrait faire ultérieurement de prostatectomie, on tente l'élargissement de l’urèthre prostatique. On introduit un clamp courbe qu'on ouvre progressivement dans tous les sens. On peut ensuite introduire l'index facilement. On termine en dilatant encore avec un dilatateur utérin à trois branches.

Gros tube de Marion et fermeture habituelle de la paroi.

Suites. — L'hémorragie a été minime. Le malade est resté fébrile (38°, 38°5) pendant huit jours, puis tout est rentré dans l’ordre.

Le gros tube sus-pubien est resté en place 15 jours, puis remplacé pendant 15 jours encore par des tubes de plus en plus petits. L'ouverture sus-pubienne a été ainsi maintenue volontairement jusqu'à ce que l’état général et les urines soient devenus satisfaisants.

Suppression du drain vésical au bout d’un mois environ.

Le 40° jour, sonde à demeure ; le 45° jour, fermeture.

Le malade urine spontanément et n’a plus eu le moindre résidu.

Au bout de 2 ans, le résultat s'était maintenu.

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