OBSERVATION II (D' BRIN
Symptômes de prostatisme avec obstacle du col. Taille, — Résection du col. — Guérison.
M. G.…., 63 ans, cultivateur, entre à l'hôpital, dans le service du D' Brin, pour de la dysurie, le 10 février 1921.
Depuis un an, il éprouve de la difficulté à uriner, il est obligé de faire des efforts au moment des mictions, son jet est faible et s'arrête parfois brusquement pendant quelques instants. Il a de la pollakiurie, 3 ou 4 mictions la nuit, 5 à 6 le jour.
Il se soigne d’abord lui-même par des tisanes, qui lui procurent une amélioration de quelques mois.
En novembre 1920, les mèmes symptômes reparaissent ; on conseilie au malade une opération, qu’il refuse ; il continue à se traiter par des tisanes et des bains de siège.
Au début de février 1921, les symptômes reparaissent à nouveau, plus accentués : ies envies d’uriner sont plus fréquentes, le malade souffre des reins et son état général décline. Il accepte alors l’intervention qu'on lui a proposée antérieurement.
Antécédents, — Aucun antécédent morbide, ni héréditaire, ni personnel. On note seulement quelques accidents de travail sans gravité et n'ayant pas intéressé l'appareil urinaire,
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Examen. Malade en bon état général, mais très maigre, tres urtério-sléreux ; cœur un peu arythmique ; pas de signes d'affection nerveuse.
Toucher rectal : on ne trouve pas d'hypertrophie prostatique, la prostate est au contraire toute petite, ni dure ni bosselée.
Cathétérisme uréthral. — L’'urèthre est normal, une sonde n° &Ù passe très facilement. Un résidu d'environ 100 centimètres cubes est évacué par lie sondage qui suit la miction volontaire. La capacité vésicale est grande, le malade n’accuse aucune envie d’uriner avec 300 gr. d'eau.
La vessie est atone et n’évacue pas le liquide injecté. Les urines de 24 heures sont un peu plus abondantes que normalement, 1.700 à 1.800 c.c., elles ne contiennent ni albumine ni sucre ; l'élimination d'urée et de chlorures est bonne.
L’explorateur métallique ne révèle pas de lobe médian, mais un bas-fond vésical appréciable,
On décide, en présence de ces symptômes, de pratiquer une cystostomie.
Opération, le 16 février 1921, par M. le Dr Brin. -— Sous-rachianesthésie à la syncaïne. On ouvre la vessie par taille sus-pubienne.
Le malade est mis en position renversée et on place une valve à la partie inférieure de la plaie. On ne trouve pas de prostäte hypertrophiée, ni de lobe médian ; mais le col vésical est surélevé et résistant, i! ne permet pas l'introduction du doigt; sa lèvre postérieure est grosse et saillante, on n'y voit pas d’adénome.
Le bas-fond est très net, la vessie est grande et à cellules.
On réséque aux ciseaux le col en forme d’anneau complet et un peu d’urèthre prostatique,
On dilate avec un clamp l’orifice du col. L'hémorragie est minime. On draine la vessie avec un tube de Freyer, et on suture la plaie opératoire.
Les suites sont très bonnes. L'hémorragie est peu abondante, mais persiste quelques jours. On fait trois lavages vésicaux par jour jusqu’au % jour. Au 9° jour, on met une sonde à demeure n° 22, et on continue deux lavages par jour.
Le 4 mars, on enlève la sonde à demeure : le malade urine seul, sans douleur. à peu près sans effort.
Le 9 mars, ik quitte l'hôpital, vidant parfaitement sa vessie et n'ayant plus de résidu.
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