‹ Quelques considérations sur les rétractions de l'anneau de Bandl, en particulier au-dessous du fœtus tout entier et dans certains cas de paludismeChapitre 21 sur 47 · ER CE · texte numérisé non relu

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Des quatre propriétés de l'utérus gravide que Tarnier rangeait ainsi: sensibilité, irritabilité, rétractilité, contractilité, les deux premières semblent avoir sinon totalement, du moins en grande partie pour action de mettre en jeu la contractilité et la rétractilité. Ces deux modes de l’activité du muscle utérin, souvent confondus, diffèrent cependant. Fochier l’enseignait déjà : « Chaque contraction, s’accompagne d'un raccourcissement irès prononcé mais temporaire, la contraction, et d’un raccourcissement extrêmement faible mais permanent, la rétraction.» (Chauve). L'une et l’autre d’ailleurs sem blent suivre une progression parallèle : toute cause qui augmente la contraction, augmente aussi la rétraction de organe. Une série de contractions successives peuvent se rapprocher, se fusionner plus ou moins et provoquer ainsi la contracture, qui se traduit cliniquement par la tension permanente du muscle ; cet état est comparable au tétanos physiologique des muscles striés ; et s’il est un cas où le mot de crampe est indiqué, c’est certes à celui-ci, beaucoup plus qu’à cet état ‘où les contractions sont faibles mais subcontinues, où les douleurs ne cessent pas tout à fait, et auquel les Allemands ont réservé ce nom en l’appelant Krampfwehen. Mais cette contracture n’est qu'intermittente et transitoire et lorsque le muscle sera fatigué, il se relâchera de nouveau dans la mesure où le lui permettra la rétraction acquise. La rétraction étant d'ailleurs d’autant plus accusée que le nombre des contractions écoulées depuis Je début du travail est plus considérable, il est facile de con-

cevoir que la contraction tétanique, comme la contrac-

tion normale suffisamment, surtout quand iautilement répétée peut et doit aboutir à la rétraction. La distinction entre les cas de dystocie dus à l’une et à l'autre de ces propriétés physiologiques apparaît parfois nettement en clinique. L’on peut voir un anneau plus ou moins serré disparaître spontanément, ou sous l'influence d’un agent anesthésique, ou céder facilement aux manœu-

vres obstétricales: simple contracture.

Dans un certain nombre de cas, au contraire l’obslacle résiste à tous les modes de traitement: l’on a affaire à une rétraction, et une rétraction définitive. Comme d’ailleurs, les deux actions se juxtaposent, l’on peut observer tous les états intermédiaires entre ces deux

formes extrêmes et schématiques.

. La cause productrice ou plus exactement provocatrice de la contraction utérine nous est malheureusement encore inconnüe. Demelin fait jouer un rôle important dans la genèse de sa production à l'excitation portée par la partie fœtale qui descend dans l’excavation sur l’appareil nerveux de l'utérus. Or l’innervation de cet organe est fort complexe : elle est assurée par au moins quatre groupements centraux ou viscéraux qui sont:

{° le centre génito-spinal de Budge.

2° les centres ganglionnaires sympathiques, surtout

du plexus mésentérique inférieur.

3° les centres ganglionnaires viscéraux formant deux systèmes, l’un antérieur situé sur la paroi vaginale en

avant, au niveau de l'insertion vaginale du col, et entre

la vessie et l'utérus ; il paraît prouvé que ce? centre est accélérateur.

L'autre postérieur (Frankenhäueser) formé de groupes rétro-cervicaux serait modérateur.

4° Les cellules ganglionnaires intra-utérines récemment mises en évidence par Keiffer « notamment le long des vaisseaux sanguins plus ou moins accolées à leurs parois, où elles constituent de véritables réseaux ou plexus vraisemblablement vaso-moteurs. »

(Gavronsky de Kharkhow décrivit en 1894 un système intra-utérin de fibres et de cellules).

Le rôle de ces derniers appareils nerveux en contact immédiat avec les éléments utérins est certainement considérable dans la contraction, comme en témoignent les faits classiques d'accouchement de femmes paraplégiques, ainsi que les expériences bien connues de Goltz et de Rein. Après section soit de la moelle à la partie inférieure de la région dorsale, soit de tous les nerfs sympathiques et sacrés allant à l’utérus, ces observateurs obtinrent des grossesses suivies d’accouchements à terme de fœtus vivant.

Ilest en effet fort probable, commele soutient fort judicieusement Demelin, que la partie fœtale qui descend, poussée fortement par la contraction sur le canal de Braune au-devant duquel se trouve précisément le centre qui serait accélérateur, peut déterminer à ce niveau le point de départ d’un réflexe provoquant une nouvelle contraction. L'excitation augmentant à mesure que progresse le travail, la réaction augmente parallèlement,

ce qui cadre fort bien avec ce que l’on est accorntumé

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