‹ Quelques considérations sur les rétractions de l'anneau de Bandl, en particulier au-dessous du fœtus tout entier et dans certains cas de paludismeChapitre 31 sur 47 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

«Mieux vaut prévenir que guérir >» ou tout au moins soigner pour essayer de guérir, voilà certes un admirable précepte et quid’ailleurs indique bien la tendance de plus en plus marquée de la médecine actuellement, et ce serait un appoint fort précieux que de posséder des données capables d’assurer la prophylaxie des contractions utérines anormales. Nous ne les avons malheureusement pas encore. Mais s’il est impossible de prévenir, du moins est-il des cas où l’on peut, où quelquefois l’on doit prévoir ; et cela, nous le verrons tout à l’heure, à une grande importance. Nous avons vu au chapitre de l’étiologie les causes les plus fréquentes que reconnaît la rétraction de l’anneau de Bandl. Il faudra la craindre répétons-le « chez ces femmes nerveuses et sujettes aux spasmes » dont parlait déjà Jacquemier, comme aussi chez les femmes «pléthoriques » des anciens auteurs ; dans les ruptures prématurées de la poche des eaux, surtout avec surabondance de liquide,

ettoutes les fois qu’une accélération mécanique du tra-

vail sera tentée ; pour toutes les causes de surmenage ou de surdistention du muscle utérin. S'il n’y a plus guère lieu d’y penser à propos de l’ergot de seigle, peut-être serait-il prudent de se rappeler que nous connaissons au moins quatre cas où cette rétractions’est rencontrée dans des cas de paludisme traité par la quinine. Mais surtout il faut y penser pour les présenations vicieuses, pour les présentations transversales où l’on peut le dire elle est la règle, et il faut aussi se rappeler la forme particulière qu’elle présente souvent dans les accouchements gémellaires.

Ceci connu, mais malheureusement à titre de simple renseignement, l’on se trouve en présence d’une rétraction de l’anneau de Bandl contracturé au-dessous du fœtus tout entier. Quelle conduite convient-il de tenir ? Plusieurs éventualités peuvent se présenter. Mais il est dans tous les cas quelques règles qu'il faut ne pas oublier.

Tout d’abord, et l’on ne saurait trop le répéter, il faut limiter au minimum les manœuvres et examens au niveau de l’orifice tétanisé. Toute cause d’excitation sur une zone aussi irritable que le segment inférieur et l’anneau, surtout dans les conditions d’hyperirritabilité où il se trouve alors à pour effet d’exagérer encore ses contractions, partant sa rétractilité, et d'augmenter d'autant les difficultés que l’on devra vaincre ensuite au moment de l’intervention. Souvent dansles observations ce fait se trouve signalé, et dans celle qui porte le ‘numéro 22 l’on peut voir que «les contractions réflexes

produites par l'introduction de la main étaient si vigou-

reuses que l’on dut renoncer momentanément à intervenir ». Ainsi donc, dès que l’anneau est constaté, examen aussi minutieux, aussi approfondi, aussi complet que l’exige la situation ; mais une fois fixé, il importe au premier chef de s’abstenir d'examens ou de manœuvres intempestives ou inutiles. Surtout, il faut éviter, si les membranes sont intactes de les rompre prématurément, à moins bien entendu d'indication formelle, et alors il faut se tenir prêt à intervenir immédiatement. L'on peut cependant essayer, s'il en est temps encore de transformer par manœuvres externes une présentation vicieuse si elle existe, mais l’on peut aussi poser en principe que cette évolution réussit si rarement dans ce cas qu’on peut ne la citer qu’à titre documentaire.

Le diagnostic est posé ; l’on possède la plupart des données du problème, que faut-il faire ?

L'on aimait beaucoup autrefois essayer d’abord de vaincre le spasme de l’anneau par des moyens médicaux ; l’on usait et l’on abusait dans ces cas-là des grands bains, de l’opium, de la belladone intus et extra, voire chez les femmes pléthoriques d’abondantes émissions sanguines. Les résultats ne répondaient guère à l’attente des médecins, et nous ne connaissons pas d'observation probante où cette méthode ait suffi à venir à bout de la résistance opposée par la constriction. Plus récemment l’on a commencé à employer la morphine, le chloral et le chloroforme : ces agents médicamenteux paraissent doués d’une plus grande efficacité, avec le chloroforme surtout, l’on note souvent

une diminution sensible de la rigidité et du resserre-

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