‹ Quelques considérations sur les temps actuels [microforme]Chapitre 7 sur 11 · PB · texte numérisé non relu

PB

d'injures envers celui qui modifie ainsi ses opinions politiques, qui fait connaître les motifs de sa conduite avec la franchise et les convictions de l’honnête homme, surtout quand ce même homme a toujours joui d'une réputation inattaquable. Cependant, au lieu de respecter ce que l’on devrait taire, on le voue à d’éternels supplices Son caractère privé n'est pas même à l'abri

de la plus basse critique.

Il est heureux que l’histoire fasse tou-

jours justice de ces persécutions imméritées.

Si ces hommes politiques, qui se servent d’un tel langage envers ceux qui la veille

étaient de leurs amis, montraient plus

de modération et de justice, ils y gagneraient infiniment. Ils conserveraient

l'estime publique, et ne s’aliéneraient pas à

tout jamais des hommes qui, hier encore, faisaient cause commune avec eux.

t pas à

encore,

DE L'ADYM NISTRATION ACTUELLE

“ Celui qui aime sa patrie, a dit un sage, fait tous ses efforts pour qu'elle soit respectée au dehors et tranquille au dedans.”

Rien de plus vraie que cette sentence, et elle semble avoir été parfaitement comprise

par notre jeune et brillant homme d’état actuel, l’Honorable J. A, Chapleau.

Affigé des discordes qui règnaient parmi nous, et sentant l’extrême nécessité de faire disparaître cet esprit de division qui aurait infailliblement perdu notre race, il s’est

mis à la tête de tous les hommes éclairés

qui voulurent s'unir à lui, et inaugura la

belle politique nationale dite de ‘ concilia-

tion.”

La pensée du chef actuel de notre province était noble et d’une haute aspiration.

Il voyait ses compatriotes s’acheminer vers la ruine, perdre tous Îes jours de leur prestige; les diverses rationalités qui nous entourent tenir des propos railleurs au sujet de nos vaines disputes, et en profiter pour augmenter leurs richesses et leur influence : ils avaient beau jeu et faisaient très bien.

Mais il n’en devait pas être toujours ainsi.

parmi

e faire aurait | s’est lairés ara la

icilia-

proation.

vers presnous sujet pour nce :

bien.

insi.

Quelqu'un, cédant à un mouvement de généreuse inspiration, survint, portant un nouveau drapeau et indiquant la voie du salut.

La vue de ce nouveau labarum, conviant à la paix et à la concorde, valut au Premier- Ministre un grand nombre d’adhérents.

Tous les hommes modérés des deux partis, et aimant leur pays, répondirent à son appel. La devise, ‘ l’union fait la force ” fut adoptée ; la grande idée patriotique du chef de notre province devint celle de la nation et produisit de bons fruits.

Il ne prétendait pas que ses adversaires vinssent à partager ses manières de voir sur tout. Il faut et il y aura toujours une opposition sous une constitution de la nature

sons. OU: si

de celle qui nous régit. Mais ce qu’il voulait, c'était une opposition lovale et aux idées larges, une politique éclairée, la réunion de toutes les nationalités dans une pensée commune d'intérêt et d'estime, la modération et le calme si nécessaires dans la discussion des mesures législatives, sauvegarder

la dignité et la morale publique.

Voilà ce qu'il désirait pour le bonheur et

l'avantage de tout le monde.

à set xx |

ils À nous, Canadiens-Français, il voulait ious faire comprendre nos plus chers inté-

A , . à La \ . - ’ 1°

rêts : la nécessité où nous étions de ne pas consumer en vain nos forces, et savoir, à

l'exemple de nos concitoyens d’origine bri- ve

tannique, nous unir chaque fois qu'il s’agit et

de protéger un des nôtres, ou de mesures

voulait, x idées nion de e COIMération discus-

garder

eur et

vitales pour notre nationalité. IL voulait inspirer à chacun de nous la g'orieuse ambition de contribuer à cet édifice qui s’appelle ‘ grandeur nationale” et à l'extension de l'influence française en Amérique.

En un mot, il voulait l’ensemble et non les détails, sauver la barque avant que la tempête la réduisit en épaves, indiquer aux divers bataillons qui forment [a phalange, une route commune et large où l'ennemi n'oserait l’attaquer, au lieu de suivre des sentiers isolés et dangereux dans lesquels

ils s’aventuraient.

UE Son gouvernement a constamment tendu

vers cette politique éclairée et de progrès, et c’est là que consiste le secret de sa force

et de sa popularité.

dr 407 5

Sous ce souflle de vie, l’industrie, l’agri- |

culture et la colonisation ont pris ün nou- | vel élan, et la province entière est entrée

dans une ère de prospérité et de grandeur.

Le fait que l’émigration à diminué d’une moyenne de 27,000 Canadiens depuis le mois de février ISSI à février 1882, comparée aux mêmes époques des années précédentes, tel qu'il appert par les statistiques du Bureau d’Emigration à Washington, témoigne assez éloquemment, je crois, en faveur de l'administration actuelle. A quelle cause faut-il attribuer cet heureux résultat, si ce n’est à la politique nationale et pratique du gouvernement, au soin qu'il apporte au développement de l’agriculture et de l’industrie, à l'espoir, cette fois fondé, de jours meilleurs.

On n’entendra plus dire non plus que les Canadiens-Français sont inhabiles en ma-

Fi

, lagriün nouentrée

ndeur.

6 d’une ‘puis le , comes préstiques ington, is, en A Pureux ionale qu'il ulture

ondé,

u les ma-

tière d'industrie et de chemins de fer ; nous avons une vois ferrée qui prouve bel et

bien le contraire.

Notre chemin de fer provincial, le french road of the North, comme disent les Américains, est un sujet d'orgueil pour nous et d'étonnement pour les étrangers, tant à cause de l’admirable régularité du service, du fini du matériel, que du confort dont on

jouit en voyageant sur ce chemin.

Elle fait grand honneur aux Canadiens-

Français chargés de son administration. ;

1 Si les Canadiens-Frauçais sembleut être en arrière des autres nationalités sous le rapport de l’industrie, ce v’est pas faute d'intelligence et de bonne volonté, mais à cause du manque de moyens : l’instructionet l’argent, pour concourir avec une égale chance de succès dans la voie du progrès.

Ce qui nous a fait défaut jusqu'ici, e’est uue école, qu’elle s'appelle ‘ école polytechnique ” où autrement, où les hautes sciences pratiques seraient enseiguées.

Uu établissement de ce genre serait un des plus grands

Nous avons vu un gouvernement ami et protecteur des arts, reconnaître le mérite là où il est.

bienfaits pour notre province en ce qu’il créérait plusieurs nouvelles carrières qui ne sont maintenant que des exceptions, vu qu’il n’y à que quelques-uns parmi nous qui peuvent avoir l'avantage d’aller étudier en Europe, et devenir des spécial"!

Alors, et ulc:< seulement, nons aurons des artistes en peinture en sculpture et eu architecture ; des chimistes, des géologues distingués qui feraieut partie des diverses sociétés scientifiques de l'Amérique ; des mécaniciens et des industriels, des agriculteurs habiles et dévoués à leur noble état ; des ingénieurs, qui ignoreraieut peut-être l’art de faire une version grecque ou latine, mais qui seraient capables de tracer nos chemins de fer, nos canaux, et d’en surveiller l’exécution.

Cette lacune, écrivait naguère quelqu'un, doit être comblée sous peine de ‘déchéance nationale.” Eu effet, les efforts seuls ne créent pas le progrès et la richesse ; il lui faut de toute nécessité la Inmière et l’application de la science, et plus celle-ci est développée, plus la produetiou est variée et abondante. La science appliquée à Piudustrie est le baroinètre de la prospérité et de la force d’un pays.

—Un de mes anis me disait ces jours derniers qu’il avait uu jeune frère, âgé de 20 aus, employé comme dessinateur dans une compagnie de cheiniu de fer de la Colombie Auglaise, à raisou de $120 par mois, ses frais de voyages payés.

ami et mérite

plusieurs es EXCEpqui peut devenir

tistes en istes, des s sociétés

et des s à leur être l’art seraient | et d’en

it être u effet, esse ; il tion de producquée à a force

s qu’il e desla Co-

ais de

Il a su protéger les hommes qui, par leurs talents et leurs capacités, pouvaient ajouter de l'éclat à son époque et à son adminis-

tration.

Nen satisfait d’avoir -érigé à l’intérieur le monument d'une politique nationale, modérée et pratique, gage de la prospérité de notre province, notre premier-ministre a encore concouru, en véritable homme d'état qu'il est, à lui assurer la part d'influence qu’elle doit jouir dans la Confédération.

Peines, voyages, fatigues, rien ne l’a arrêté du moment qu'il s'est agi de faire con-

naître au dehors notre province et d’en rehausser le prestige.

Nous l’avons tous vu à l’œuvre, et les

louanges que lui décernent les étrangers

sont bien propres à flatter notre orgueil na-

tional.

Sans doute que tout grand homme qu'il

puisse être, il n'est pas parfait et exempt

de l'instabilité inhérente à notre nature.

Il peut se tromper dans quelques détails, errer sur ies points de stratégie ou de discipline, mais soyons fiers au moins des éloges que lui accordent les étrangers, et ne lui refusons pas l'hommage de notre admiration

[æ) pour ses talents, et de notre reconnaissance

pour les services qu'ils nous a rendus.

Si on ne confère plus, comme au temps des Romains, le titre de ‘ Père et Sauveur de la Patrie ” à celui qui en avait bien mérité, n’allons pas bannir notre nouveau Ci-

ceron pour le redemander plus tard, *

* Ciceron (106-43 av. J.-C.) après avoir déjoué les iutrigues de Catiliua, et sauvé la patrie de l’anarchie, est salué

1l na-

qu'il empt

re.

tails, diseiloges ui reation

ance

mps veur mé- 1 Ci-

iutrisalué

Sachons, à son exemple, reconnaître le mérite et le talent chez nos adversaires de quelque opinion et origine qu’ils soient.

Soyons fiers de notre nationalité : que le souvenir de notre origine nous remplisse d’une généreuse émulation qui se manifeste autrement que par des démonstrations exté-

rieures,

Ne divisons pas nos forces et prêtons nous mutuellement secours. Ne cherchons pas, par esprit de jalousie, à dénigrer aucuvs des nôtres. Sachons encourager ceux qui commencent dans la vie, et être bien-

veillants à leur égard.

du titre de ‘ Père de la patrie ”. La jalousie de ses concitoyeus l'ayant fait peu après condamner à l'exil, il fut r'appelé au bout d'un an, tant son concours était nécessaire au maintien de l'ordre dans la République.

Ne prenons ombrage des succès de nos compatriotes, et lorsqu'ils se distinguent dans les arts ou n'importe quel état, et contribuent à l'honneur de notre pays, si leurs moyens de fortune leur procurent une condition indépendante, contentons-nous de les admirer et d'en dire du bien. Mais si vous rencontrez le talent pauvre, timide, aux prises avec les difficultés de la vie, venez sans retard à son secours, vous qui le pouvez, pendant que brille encore dans son âge une lueur d’espérance, et ne négligez aucuns moyens de le faire arriver.

La nation vous en sera reconnaissante,

et, celui que vous aurez ainsi protégé, as-

sociant votre gloire à la sienne, transmettra peut-être votre nom à l'admiration de

la postérité,

ès de e dis- 2 quel

notre > leur >, COn- | dire talent »s difà son t que d’es-

ns de

ante, 6, asmetnn de

V0 Ur N°

Page 1