‹ Quelques considérations sur les temps actuels [microforme]Chapitre 8 sur 11 · AFFAIRES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

AFFAIRES FRANÇAISES

Une grande gloire de l’administration actuelle pour les temps à venir, ce sera d’avoir secondé les efforts des hommes patriotiques qui cherchaient depuis longtemps à faire connaître notre pays à la France.

M. Chapleau a favorisé, par son prestige de représentant de notre province, la reprise de relations avec notre ancienne mère-

e . . SA patrie, interrompues depuis plus d'un siècle,

et cette démarche de sa part n'a pas peu contribué à la popularité de son gouvernement,

Nulle part, parmi les enfants éloignés de

la France, on ne conserve le souvenir et le sentiment français aussi fidèlement qu’au

Canada.

Le Français n'aime pas à émigrer : cela est reconnu. Îl trouve dans son propre pays toute la gloire et le bonheur qui conviennent à un aussi grand peuple. Aussi, celui qui est né Français sur un sol autre que celui de la mère-patrie, n'oublie jamais son origine. Des fibres de son cœur qui tressaillent aux douces émotions, celle qui bat au souvenir du vieux pays de ses pères l’enivre et le charme davantage.

as peu

verne-

és de

nir et qu'au

la est pays conussi, iutre > Jaœur celle > ses

Parcourez nos campagnes et faites parler les anciens, qui ont peut-être eux-mêmes entendu raconter les événements précédant la fin du siècle dernier. Voyez, leur physionomie s’anime, leur voix s’attendrit à la pensée du bon vieux temps ; leurs regards, tournés du côté de la France, interrogent l'espace, comme pour rappeler quelque lointain souvenir ou dire un dernier adieu à tout ce qui fut autrefois.

Du moment que la cession du Canada à l'Angleterre fut un fait accompli, le Cana.

dien-Français, avec ce courage et cette droiture d'esprit qui le distinguent, a su conserver le caractère de sa nationalité et

les prérogatives qui s’y rattachent et se montrer en même temps fidèle et dévoué à l'Angleterre.

ss 00

1775 et 1812 rappellent des épisodes de grande bravoure et d’une haute loyauté de

notre part, et c'est ce qui nous a aidé 8

doute à conquérir cette belle et unique constitution qui nous régit, car aucun pays de l'univers ne jouit d’une liberté mieux entendue et plus complète que celle que

nous possédons. *

D'ailleurs, l'Angleterre ne prend p''nt ombrage de ce culte que nous vouons peur tout ce qui est français. Les discordes nées aux siècles passés, ont depuis longtemps disparu et n’ont plus leur raison d’être. L/Angleterre et la France se sont données la main pour marcher dans la voie du progrès

et de la plus parfaite entente.

Ecoutez ce qu'elle nous faisait dire par

* Alfred le Grand, dans son testament, dit que les Anglais doivent être libres cowme leurs pensées,

des de uté de / à 18 nique 1 pays mieux

le que

p''ut peur ss nées ps dis- L’An-

les An-

sos ÙÙÉ -00s

un de ses hommes les plus éminents, et qui

a été en même temps une des gloires du Canada, lord Dufferin : ‘“ Mon souhait le ‘ plus ardent pour la province de Québec, “ a toujours été de voir ses habitants fran- “ çais Jouer, au Canada, le rôle que la # France a si noblement rempli en Europe.

“ Biffez de l’histoire de ce continent les an- “ nales des Français, enlevez à sa civilisa- “ tion l’œuvre de la France, et vous verrez “ un vide immense.”

Lorsque je parle de sentiment français et de l’approbation manifestée lors des ouvertures de la France à notre égard, sans doute que je me place au point de vue de la nation, et non de l'individu, car il y eut de ces derniers parmi nous qui virent d’un œil jaloux l’attitude bienveillante du gou-

20 73 bonne ni mue “tait

vernement en cette circonstance, et qui, au lieu de venir en aide à nos compatriotes, cherchèrent à prévenir les esprits et le public français, et faire avorter, les efforts des

hommes de bonne volonté des üeux pays.

Ces sortes de fâcheuses contrariétés sont A Q \ communes, paraît-il, à tous les temps et chez tous les peuples. Toujours il à fallu que la vérité luttât avec le mensonge, que le succès couronnût l'effort.

Je m'explique.

Plusieurs de nos capitalistes, voyant tous les avantages que notre pays pourrait retirer en nouant des relations commerciales avec la France, entreprirent, ces dernières années, secondés par son digne et sympathique représentant d'alors, M. le Consul-

por nad criè suc1 tion rich aut tan

tior

qui, au triotes, t le pu-

rts des

pays

mps et a fallu

e, que

it tous t reticlales nières y mpansul-

PR

Général, Albert Lefaivre, de doter notre pays de plusieurs institutions commerciales

et financières françaises,

La création de fortes et puissantes compagnies pour exploiter les richesses de notre sol ; le prélèvement de fonds pour Ja construction de quelques-uns de nos chemins de fer, l'établissement, si propre à activer le commerce entre les deux pays, d’une ligne de vapeurs français qui visiteraient notre port, celui du Crédit Foncier Franco-Canadien, du Crédit Mobilier, de l'Union Sucrière pour la culture et la fabrication du sucre de betteraves, l'achat et la colonisation de certains de nos cantons par de riches agriculteurs français, et plusieurs

autres institutions de ce senre, furent au-

— Les \

tant de projets qui occupèrent leur attention.

Quelques-unes de ces institutions sont

nn DL

déjà menées à bonne fin, et d’autres en

voie de réussite.

Inutile de dire qu'elles ont toutes été conduites par des particuliers. Quiconque a suivi les événements avecim u«rtialité en

est convaincu.

Le fait, néanmoins, d’avoir encouragé cet esprit d'initiative, rapportait une certaine gloire au gouvernement. Il acquérait un nouveau titre à la reconnaissance de notre population, car si ces diverses entreprises réussissalent, c'était autant de richesses et de bien-être apportés au milieu de nous, et dont tout le monde indistinctement aurait profité.

C'était tout un nouvel avenir pour nous.

Nous allions nous enrichir au moyen de

l'or que la France voulait bien nous avancer. Nous allions pouvoir arrêter, au moins en

riqu riqu et | moit viro:

que

tiqu

res en

es été onque lité en

sé cet rtaine ut un notre prises ses et us, et

aurait

nous.

en de incer.

ns en

partie, cette malheureuse émigration qui nous décime. Notre population, au lieu d'aller chercher le bien-être aux Etats-Unis, exposée souvent à subir les dernières avanies sur cette même terre où nos aïeux régnaient et faisaient la loi au nom de la

Fr ,. Q # + \ se rance, l'aurait trouvé ici, à sa porte. *

Sur ces entrefaites est survenue une

terrible calamité. Une crise financière des

plus désastreuses à tout à coup éclaté en

France. Un nombre incalculable de fa-

* Primitivement, les possessions fra uçaises dans l’Arnérique com prenaient tout ce qui forme aujourd’hui l’Ainérique Britannique et toute la vallée baignée par le Missouri et le Mississippi, c’est-à-dire les quatre cinquièines, au moins, des Etats-Unis actuels, formant un territoire d’environ 400,000 lieues carrées. L’Angleterre ne possédait que la lisière située entre les monts Alleghauys et l’Atlantique, appelée ‘ Nouvelle Augleterre.”

PRES RES PNR EEE EEE ES

Page 1